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7 octobre 2014 2 07 /10 /octobre /2014 09:44

Grosse déception que ce film de Benoît Jacquot, qui avait été beaucoup plus inspiré avec Les adieux à la Reine, et qui nous coule dans une intrigue d’une lenteur désespérante pour une atmosphère lourde  et empoussiérée, avec un ton d'outre-tombe et monocorde pour une trame minimaliste de trio amoureux aux rendez-vous manqués et hasardeux et aux faux semblant d'intrigue thrillerisée dans une teinte simonesque.

Alors que Marc rate son train retour sur Paris, il rencontre Sylvie au café du coin. Deux solitaires noyés dans leur pensées qui sympathisent et discutent toute la nuit dans les rues de la ville jusqu’à l’aube. Avant de la quitter, il lui donne rendez-vous à Paris pour quelques jours plus tard, où ils se rateront. De dépit, elle part pour les States avec son fiancé qu’elle n’aime plus. La recherchant quelques temps plus tard, il fait la connaissance de Sophie, sans savoir qu’elle est la sœur de Sylvie. Une histoire qui va se pérenniser par une liaison suivie puis un mariage, sans que jamais ne se croise de photos ou skype avant enfin de se retrouver.

Quelle est la probabilité pour qu’un homme rencontre deux sœurs à quinze jours d’intervalles et les séduisent amoureusement sans que personne ne sache qui est qui ? Quelle probabilité de nos jours de vivre sans téléphone mobile qui évite de se rater à un rendez-vous ? Quelle probabilité de ne pas voir une seule photo de la sœur avec qui l’on couche ? Beaucoup trop de malheureux hasards, quand déjà un seul n’est pas crédible et dont tout le récit découle en une fuite en avant d’impossibilité. Certes, c’est un roman et tout est permis, mais quand même. A cela se rajoute une voix of des plus débilitantes, sans compter cette musique barge qui tente désespérément de nous tenir en haleine par une sonorité qui se veut d’angoisse quand il n’y en a pas, et il ne reste plus grand-chose pour plaire. C’est vieillot, ça sent l’encaustique entre une mise en scène et mise en image sombre sur des chuchotements aux dialogues inintéressants limite inaudible. Sans m’ennuyer pour au temps, je trépignais malgré moi de cette lenteur exaspérante pour si peu, et autant d’inepties pour en arriver à l’éternel trio graveleux bien français.

Dommage car les interprètes sont investis dans leur rôle qu’ils rendent le plus vivant possible. Ainsi, Benoît Poelvoorde (Les rayures du zèbre) bien qu’agaçant est convaincant, face à Chiara Mastroianni (Les salauds) et Charlotte Gainsbourg (Nymphomaniac) qui font preuve d’émotion et d’intérêt. De même Catherine Deneuve (Dans la cour) et Thomas Doret (Renoir), André Marcon (Gare du Nord) et Patrick Mille (Tu honoreras ta mère et ta mère).

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