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7 mars 2015 6 07 /03 /mars /2015 09:46

Décevant film de Jonathan Demme (Le silence des agneaux) pourtant sur un thème peu abordé et important de la situation des femmes américaines durant la seconde guerre mondiale et des conséquences de leur participation dans l’effort de guerre et dans l’évolution des mentalités qui vont engendrer le grand et salutaire mouvement de libération de la femme d’après guerre.

7 décembre 1942, dans une Amérique neutre quand le monde est en guerre face à la barbarie nazie, les japonais bombardent Pearl harbor déclenchant l’entrée des américains dans le conflit. Jack Walsh annonce à sa femme Kay, qu’il s’est engagé pour défendre le pays. Il lui promet d’envoyer sa solde qu’elle n’ait pas à s’en faire ni à travailler. Mais avec le départ des hommes à la guerre, les industries manquent de mains d’œuvre, aussi ils font appel aux femmes pour prendre la relève. Ainsi, Kay et sa voisine la belle chanteuse Hazel, se font embaucher dans une usine de construction d’avions de chasse. Elles ne sont pas franchement bien accueilli ni bien considéré par le gente masculine pour le moins macho. Kay ne tarde pas à faire plus ample connaissance avec un collègue, Mike Lockhart, qui devient son amant qui ne laissant pas insensible Hazel entre ses démêlés avec son Archibald Touie, surnommé Biscuits.

Film plus qu’étrange, qui commence assez bien avec une vision du pays inconscient quand le monde est dans le chaos d’une des pires guerres, pour nous décrire ensuite la mobilisation d’un pays blessé, de l’engagement des femmes aux répercutions inimaginables dans le changement de mentalité qui changera la place de la femme dans la société, pour se perdre dans une stupide histoire faussement romantique à deux balles. D’autant plus dommageable que cette histoire fleur bleue à l’insoutenable niaiserie de Sur la route de Madison, donne une image de la femme frivole et cuisse légère qui dès que mari parti au front, nique dans son dos, qui plus est s par la meilleure amie avide elle aussi, tombant dans le vaudeville de boulevard à deux sous, pour finalement retrouver leurs mecs comme un chien retrouve sa niche au retour du maitre. Ça ne fleur pas bon pour retourner le message initial en une démonstration machiste pour dénigrer la femme foncièrement infidèle et irresponsable, que Daesh ne renierait pas. L’amour n’est pas lumineux, même un temps laissant penser à une attirance saphique, pas plus que la subtilité des jeunes femmes face à la solitude, face à un nouveau statut plus libre et autonome.

De fait, c’est le résultat d’un conflit entre le réalisateur qui avait en tête de faire une dramatique face à Goldie Hawn détentrice des financements, qui souhaitait une comédie plus légère. Le résultat est décevant. La réalisation est maitrisée, les interprètes jouent bien dans une reconstitution marquante. Ce sont les mauvais raccords pour une insipide historiette qui gâche le tout quand il y avait vraiment matière avec ces portraits de véritablement marquer une époque charnière entre l’entrée dans le conflit international des américains, et des changements de mentalités et de société qui ont abouti à nous.

http://img6.bdbphotos.com/images/orig/t/o/totmp6bqiwf9t9ti.jpg?skj2io4lD’autant plus dommage que Goldie Hawn (La duchesse et le truand) bourrée de talent se perd dans un personnage désarticulé, face à un Kurt Russell, maladroit dans un rôle mal écrit. Quand à Christine Lahti, elle dégage une aura imposante. Fred Ward (2 guns) et Ed Harris (Snowpiercer, le transperceneige) sont aussi corrects, etc’est l’un des tout premiers films d’Holly Hunter (Broadcast news) qui jouait déjà avec beaucoup de charme et d’émotion, dans un personnage qui aurait mérité d’être étoffé.

2 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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