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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 15:14

Reconstitution soignée des événements marquants de l’Amérique des années soixante par Ava DuVernay, qui relate sans grande passion mais avec beaucoup d’intérêt l’accession au droit de vote des noirs pourtant inscrite dans la loi, mais empêchée et qui va mobiliser au-delà de la communauté concernée.

Dans la ville de Selma en 1965, malgré le droit de vote, aucun électeur de la communauté noire n’y est inscrit. Pour une raison simple, ils en sont empêchés par un barrage administratif qui trouve sans cesse le moyen de rejeter leur demande légitime. Sans compter les exactions pour les intimider, jusqu’aux meurtres. Jusqu’à ce que le ras le bol prenne le dessus sur la peur, et se décide une marche silencieuse, malgré les demandes adressées au Président des Etats-Unis d’Amérique Lindon Jonhson, qui préfère attendre toujours en encore en laissant pourrir la situation. Une première manifestation vite écrasée dans une violence inouïe sous le regard horrifié de toutes les chaines de télévision du pays et qui fait le tour du monde. S’ensuit une autre, avant que la plus importante qui réunie toutes les composantes raciales, politiques et religieuses, de Selma jusqu’à Montgomery, la capitale de l’Etat de l’Alabama.

Une reconstitution de la lutte de Martin Luther King et de tous les hommes et femmes de bonne volonté, pour combattre un apartheid au cœur des années soixante dans un pays moderne qui pérennisait ses contradictions entre la loi et la pratique. J’ai été intéressé par le récit de ces événements historiques, narré avec subtilité et intelligence, qui heurte nos consciences face à autant de violence et d’injustice, sans tomber dans le discours de haine. Juste des faits et des causes, sans tomber dans le piège du manichéisme qui était aussi la position du leader qui a permis toutes les composantes de la société d’être solidaire et partie prenante.

La réalisation comme la mise en scène est soignée et maitrisée, avec des images fortes et brutales, sans excès ni outrances. Par respect pour les victimes, par mépris des bourreaux, tout est plus en suggestion qui donne encore plus de force au message, qu’en violence crue. Il n’y a pas non plus de pathos, mais beaucoup d’émotion qui touche en profondeur et marque les esprits. Les images d’archives finales

Avec un beau casting choral, dont David Oyelowo (Interstellar) joue tout en finesse, comme Tom Wilkinson (The grand Budapest hotel) et Carmen Ejogo (American nightmare 2), ainsi que Giovanni Ribisi (Albert de l’ouest) et Lorraine Toussaint (Orange Is the new black), Common (My movie project) et Alessandro Nivola (A most violent year), Cuba Gooding Jr. (Machete kills) et Tim Roth (Grace de Monaco), ou encore Oprah Winfrey (Le majordome), Tessa Thompson et Dylan Baker (Légendes vivantes).

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Published by bobmorane75 - dans Films
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