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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 11:28

Etrange et envoutante histoire, qui est plus une chronique romantique qu’un western, plus une dramatique qu’une comédie déjantée, dans une vision naturaliste pleine de symboliques du far west sur le déclin, réalisée par Sam Peckinpah en 1970 quand une révolution était en marche dans le cinéma du genre avec la parole donnée aux amérindiens.

Volé et abandonné dans la chaleur mortelle du désert sans une goute d’eau par ses deux partenaires Taggart et Bowen, Cable Hogue s’accroche avec l’espoir de s’en sortir et de se venger. Près de mourir, il découvre miraculeusement un point d'eau salvateur. Double chance pour Cable, car sa source se situe sur le trajet des diligences. Grâce aux conseils judicieux de Joshua, un prédicateur particulier, il décide de construire un relai où il ferait payer l'eau aux voyageurs assoiffés. Allant en ville acheter l’acte de propriété de son puits et demander un prêt pour construire, il rencontre la jolie prostituée Hildy, dont les sentiments réciproques pourraient déboucher sur une belle histoire d’amour.

J’ai beaucoup aimé ce récit aussi inattendu par son style et son traitement. Ainsi, la poésie qui émane de cette triste romance, diffuse dans une sorte de comédie douce amère, est marquante par son ambiance et le profil des protagonistes. L’ambiance quasi surréaliste qui règne dans un décor aussi chaleureux par ses couleurs que froid par sa solitude, nous étreint insidieusement. Si la comédie est bien présente elle est édulcorée par le drame bien présent. Western sans en être, avec peu de bagarre et de violence. Enfin cette belle romance qui semble impossible entre deux caractères opposés, entre deux mondes inconciliables et ses non dits se fracasse douloureusement quand l’amour est si fort, comme la préfiguration d’une époque qui se termine pour une autre qui commence. Aussi, est terriblement émouvante cette scène sur un humour indélicat qui trouble l’amour comme un crève cœur insoutenable. Enfin, la fin inattendue nous trouble encore plus avec une douce tristesse.

La réalisation est donc à l’image de la magnifique bande originale de Jerry Goldsmith sur les paroles de Richard Gillis, chantée par les interprètes du film, et par Graeme Allwright en français qui résonne longtemps. Sam Peckinpah situe sa trame à la croisée des chemins de l’histoire du far west avec l’arrivée des voitures et motos qui vont remplacer les chevaux et diligences, pour la fin du monde sauvage vers le monde moderne. Une belle mise en scène, dans des décors magiques, pour une réalisation soignée d’un récit qui hante longtemps.

Jason Robards (Johnny s'en va-t-en guerre) est excellentissiment drôle et convaincant, face à la belle et émouvante Stella Stevens (L'Aventure du Poséidon) très marquante, ainsi que David Warner (La malédiction), mais aussi Strother Martin, et Slim Pickens, ainsi que l’excellent L.Q. Jones et la jolie Susan O'Connell.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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commentaires

Platinoch 01/05/2015 20:15

Mi-western mi-film d'aventures, Peckinpah signe avec Cable hogue le portrait d'un perdant magnifique, doublé d'un film contemplatif et presque doux, sorte de bouffée d'air mélancolique après La horde sauvage et avant le déchainement de violence de ses films suivants (Les chiens de paille, Alfredo Garcia, Pat Garrett et Billy le Kid...). A noter une nouvelle fois l'extraordinaire prestation de Jason Robards, qui décrochera deux fois l'oscar durant cette décennie.