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8 mai 2015 5 08 /05 /mai /2015 18:10

Gilles Paquet-Brenner (Elle s'appelait Sarah) nous plonge dans un terrible univers bien sombre d’une affaire criminelle sordide aux multiples rebondissements et suspens, d’après le roman de l’écrivaine Gillian Flynn (Gone girl) dans une époque de grave crise économique et spéculative paysanne et pertes de repères des années quatre-vingt.

Eté 1985, un effroyable massacre a eut lieu dans une ferme. La mère et deux de ses gamines ont été assassinées. Libby Day, sept ans, survivante accuse son frère Ben de seize ans, comme le responsable des meurtres. Témoignage d'autant plus accablant qu’il ne se défend pas, malgré un dossier vide de preuve ou d’aveu. 28 ans plus tard, Libby menant une vie oisive et marginale, bientôt précaire, est contacté par le Kill Club qui réuni des d’enquêteurs amateurs, pour les aider à reconstituer ses souvenirs, persuadés que Bill est innocent. Libby va devoir faire ressurgir de sa mémoire ce cauchemar par bribes qui pourraient révéler des vérités insoupçonnées.

J’ai beaucoup aimé suivre les péripéties de ce thriller qui apporte au fil des résurgences des révélations inattendues qui se croisent, s’entrechoquent et s’interpénètrent sans avoir forcément de lien de cause à effet. Telle une poupée russe qui cache d’autres protagonistes, d’autres vérités et mensonges, qui nous tiennent en haleine, jusqu’à la terrible révélation. Il était évident dès le départ que la vérité officielle était trop simplissime, et que les pistes dans lesquels ont nous balade étaient des leurres grossiers, et que la vérité était ailleurs. Et de fait, je n’ai pas vu venir la conclusion. Ce récit brosse une Amérique profonde des années quatre-vingt et de la terrible crise rurale qui a touché des milliers de fermes, plongeant une classe sociale dans le désespoir de la misère criante. Une description de la violence conjugale toujours aussi effrayante, ainsi que du culte satanique qui avait sévit avec force en cette époque trouble.

Si j’ai aimé le découpage de la narration, qui fait venir lentement mais sûrement les révélations, j’ai moins été séduit par la réalisation. La trame se base sur les souvenirs, forcément des survivants. Aussi, la mémoire des morts s’agence mal, car qui nous les montre ? En effet, il n’y a pas de différence flagrante dans les images pour faire la part des différentes sources qui nous renseignent. Reste que les images sont belles, tels ces cadrages souvent subtils, avec une bande musicale appropriée.

J’aime beaucoup Charlize Theron (Albert de l’ouest) qui dégage cette émotion entre fragilité et dureté qui donne une puissance à son personnage. De même la belle Christina Hendricks (Lost river) qui marque efficacement, quand Nicholas Hoult (X Men: days of future past) plus en retrait me semble plus fragile. Chloë Grace Moretz (Equalizer) est de plus en plus puissance, avec des rôles plus graves et sombres, hante longtemps, ainsi que Corey Stoll (Non-stop) excellent. Les jeunes Sterling Jerins (Conjuring : les dossiers Warren) excellente, ainsi que Tye Sheridan (Joe) et les petites Natalie Precht et Madison McGuire, ou Addy Miller (Katie bannie des siens) sont également marquantes. Drea de Matteo et Andrea Roth (Jeune mariée & gourmande) ou encore Sean Bridgers et Richard Gunn, sont dans la veine générale.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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