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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 17:41

Dernier film en date de Wim Wenders, d’après un texte de Bjørn Olaf Johannessen, dont on sent qu’il a surtout potassé la fin avant de broder son récit ensuite, sur le thème de la culpabilité et du pardon, quand en vérité le coupable ne se sent pas véritablement coupable ni en attende d'être pardonné, ni traumatisé de son acte mais plus du regard des autres qui ont déjà oubliés.

Alors qu’il se dispute avec sa compagne au téléphone, tout en conduisant sur une route enneigée, Tomas, tue un gamin qui traversait la route avec son frère. S’ensuit des années de dépression, quittant sa compagne qui souhaitait un enfant, pour se remettre avec une autre ayant déjà une petite fille. Après une période en manque d’inspiration et une tentative de suicide, il retrouve le gout à l’écriture en utilisant le terrible drame, et retrouve le succès. Quelques années plus tard, pensant ce drame derrière lui, ayant évacué ce mauvais souvenir, d’autant que sa visite chez la mère qui culpabilise beaucoup plus que lui la rasséréné. Mais le petit frère n’en fini pas de mal vivre.

Sur un thème déjà évoqué dans Rabbit hole, qui m’avait autrement plus touché, je regrette une trop grande longueur et lenteur dans un récit où somme toute il ne se passe pas grand-chose, ni en émotion ni en action, sur un personnage des plus antipathiques. Pour ma part, dans une telle situation, je ne pourrais plus jamais reprendre le volant, tant la culpabilité m’étreindrait, et la peur que ça se reproduise. Moins encore faire mon beurre en écrivaillant un livre à succès, ma conscience ne serait jamais soulagée. Je n’ai pas trop apprécié le blanchiment final, après un pardon un peu trop facile avec la dilution des responsabilités que mère et frère portent bien plus lourdement que le coupable. Car, si accident peut se produire en totale innocence d’un conducteur, ce n’est pas le cas dans ces circonstances. Maitre de son volant, occupé avec son portable, il est parfaitement responsable de la mort de l’enfant.

La réalisation est longue et poussive, avec un manque de souffle et d’émotion qui n’arrive que dans le dernier quart d’heure. Sur des images sombres et brumeuses, aux dialogues pauvres et quasi inexistants, souvent sans grand intérêt et parfois confus, les gestes et regards devaient suppléer. Mais force de constater que le principal interprète n’est pas à la hauteur d’une telle tâche, de par son regard vide et inexpressif. On s’ennuie ferme à la longue, de vaines tentatives d’introspection.

James Franco (L'interview qui tue !) n’est donc pas très bon, quand en face de lui, Charlotte Gainsbourg (3 cœurs) est bien plus évocatrice de douleur contenue. De même la belle Marie-Josée Croze (Calvary) est plus émouvante, ainsi que la non moins craquante Rachel McAdams (Un homme très recherché). Robert Naylor (Les immortels) et Patrick Bauchau, ainsi que les jeunes Lilah Fitzgerald et Philippe Vanasse-Paquet, Julia Sarah Stone, Jack Fulton et Jessy Gagnon, sont très bons.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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