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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 08:28

Roy William Neill réalisait en 1943 une suite au film Le loup-garou de George Waggner, ainsi que de The ghost of Frankenstein réalisé par Erle C. Kenton, tout en réunissant les deux célèbres monstres dans une même dramatique pour une grande première scénaristique dans le cinéma, en reprenant bien sûr les principaux acteurs fétiches, figures emblématiques indissociables de créatures effrayantes.

Quatre ans après les exactions et la mort de Lawrence Talbot à Llanwelly qui avait été transformé en meurtrier loup-garou, il est réveillé par des pillards de tombes. Amené en urgence à l’hôpital de Cardiff, il ne peut s’empêcher la nuit de pleine lune venue d’aller tuer. Une enquête est rondement menée grâce à ses aveux pétrifiés de culpabilité, et son souhait de retrouver la gitane Maleva pour l’aider à mettre définitivement fin à ses jours. La gitane n'a qu’une solution, trouver le docteur Frankenstein à Goldstadt en Bavière, mais trop tard, car le docteur fou est déjà mort et enterré. Cependant, ils apprennent l’existence du monstre, que Lawrence retrouve dans les ruines du moulin incendié. Ce qui ne l’empêche pas de tuer encore une jeune femme. Seule la Baronne Elsa Frankenstein, fille du docteur sait où se trouve le journal du secret de la vie et de la mort de son père.

De bien meilleure qualité narrative, en deux parties distinctes au lieu des trois classiques, cette suite du Loup-garou qui rencontre la créature de Frankenstein, est sympathique à suivre. C’est le premier film qui combine plusieurs personnages de films, comme on peut le voir désormais régulièrement, comme avec les Avengers. Sans grand éclat ni prétention, la trame est d’une intensité dramatique combinée à l’émotion due à la culpabilité sincère du monstre. On ressent sa malédiction avec le déplaisir qu’il a de tuer sans pouvoir s’en empêcher, loin de la jouissance des psychopathes. Les protagonistes sont souvent émouvants, car telle est l’ambiance générale du film, empreint de tristesse et de malheur fatal. On peut regretter certaines anomalies concernant notamment Frankenstein, qui est normalement beaucoup plus grand et doté de la parole. Cela s’explique par l’épisode précédent où le monstre était rendu aveugle, et que les dialogues ont été coupés au montage.

Bien meilleure qualité de réalisation également, avec une parfaite maitrise de la mise en scène et prises de vues, mais aussi des contrastes noir et blanc. Ainsi, Neill apporte un grand soin à son film, ainsi que les trucages peaufinés dans la transformation du loup, qui certes ne fait toujours autant pas d’effroi, ressemblant à un singe plutôt caustique. Cependant, l’intensité dramatique est oppressante, grâce à une maitrise des cadrages et une puissance de la caméra qui capte les regards et les mouvements avec grand soin et le talent des interprètes.

On retrouve donc Lon Chaney Jr. (Bud Abbott Lou Costello meet Frankenstein) avec excellence dans son rôle fétiche, tout comme Bela Lugosi (Dracula) qui était alors très épuisé, et eut beaucoup de difficulté à tenir son rôle, plutôt  dévolu habituellement à Boris Karloff. La belle hongroise Ilona Massey est pleine d’émotion, ainsi que Patric Knowles (Le loup-garou) et Lionel Atwill (Trois camarades), et l’excellente Maria Ouspenskaya. Il en est de même de Dennis Hoey et Don Barclay, Rex Evans et Dwight Frye, ou encore Harry Stubbs et Martha Vickers (Le fantôme de la momie).

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Published by bobmorane75 - dans Films
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