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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 10:01

Pour son sixième long métrage, Lynn Shelton réalise pour la première fois d’après un scénario qu’elle n’a pas écrit, pour une trame particulièrement malaisée dans sa narration et le profil des protagonistes, sur le thème du passage tardif à la vie adulte d’une trentenaire, et sur les responsabilités et engagements.

A l’approche de ses 30 ans, au mariage d’une de ses meilleures amies, Megan se voit demander sa main par son compagnon Anthony. Peu sûr d’elle-même et de son avenir, ainsi que de ses sentiments pour lui, elle éprouve le besoin de prendre du recul. Elle fait appel à Annika, une lycéenne de 16 ans rencontrée quelques jours plus tôt, pour l’hébergée une semaine. Ensemble, elles passent du temps comme deux sœurs, avec les copains et copines de la gamine. Le contact avec les ados qu’elle n’est plus que dans sa tête et ses comportements, et sa rencontre avec Craig, le père fraichement divorcé de l’adolescente, vont bouleverser sa vie.

Etonnement, sur une histoire plutôt sympa à suivre et joliment racontée, je n’ai pas vraiment aimé le récit qui met mal à l’aise de par le ton et les profils qu’une petite morale peut troubler. Il y a d’une part la différence d’âge entre le père de près de 50 ans au physique usé et la fraiche jeune femme de 30 ans, qui dans le contexte du récit sonne mal par rapport à la gamine de 16 ans. C’est confusément gênant, non pas seulement par la différence numérique, que par le facteur comportemental diamétralement opposé. Le caractère de Megan étant si proche de l’adolescente Annika, quand le père est tellement vieux jeu coincé et autoritaire, est aux antipodes que cela donne le sentiment perturbant qui me dérange aux entournures. Enfin, la tromperie entre le fiancée et le divorcé, et la rupture à la dernière seconde, laisse un gout amer au personnage de la jeune femme, qu’elle en devient foncièrement détestable, comme son attitude vis-à-vis de la gamine face au père. Un je ne sais quoi de glauque me déplait dans l’ambigüité générale. Je ne suis pas sûr que ce ne fût le but recherché par la réalisatrice ou du scénariste, qui dans le cas contraire serait réussi, mais il n’en résulte pas moins vrai un réel ressenti désagréable.

Côté réalisation, il n’y a rien à en redire, tant c’est fluide et agréable à regarder. La mise en scène comme les cadrages et les travelings sont maitrisés. Le choix des couleurs et de la lumière sont aussi vifs et plaisants. La trame se laisse donc vivre avec presque bonhommie, sans heurts en apparence, s’il n’y avait cette lourdeur que la bande musicale enfonce un peu plus.

Le casting fonctionne bien, avec des actrices que j’aime beaucoup comme Keira Knightley (Imitation game) qui est excellente, et Chloë Grace Moretz (Dark places) encore une fois touchante, face à Sam Rockwell (7 psychopathes) dérangeant au possible, et Mark Webber (Scott Pilgrim) marquant. de même Jeff Garlin (Ecole paternelle) et Gretchen Mol, Daniel Zovatto et Eric Riedmann (10 bonnes raisons de te larguer), Dylan Arnold et les jolies Kaitlyn Dever (States of Grace) et Ellie Kemper (Sex tape), comme Tiya Sircar (Les stagiaires) et Sara Coates.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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