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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 14:33

Excellentissime premier film de Jean-Paul Rappeneau (Les mariés de l’an deux), qui allait collectionner de grands films, et dont il commençait très fort avec ce qui peut être considéré comme la première comédie sur la seconde guerre mondiale, bien avant La grande vadrouille ou Papy fait de la résistance, qui en passe pour une forme d'hommage.

En cet été de juin 1944, Marie s’ennuie profondément à la campagne normande avec Jérôme, son gentil mari. L’un est l’autre sont comme l’eau et le feu. Elle est vive et dynamique, belle et pleine de vie, de rêves et d’envie de sortir, quand il est timoré et disgracieux, lent et empathique. Elle ne veut qu’une seule chose, retrouver la vie et les lumières parisiennes. Lorsque survient Julien qu’elle surprend à photographier le château sous tous les angles, qui est occupé par les allemands. Il est en fait un résistant chargé de repérer les lieux de plus près, en vue du prochain du débarquement des alliés. Cependant, il tombe amoureux fou de Marie, autant que le commandant allemand, que tous deux tentent de séduire sous les yeux du mari.

Alors que le début du film semble nous emmener vers un récit champêtre, puis dans un film de guerre, très vite Rappeneau nous propulse dans une comédie loufoque et bien déjantée avec un humour ravageur qui surprend avec plaisir. Je me suis beaucoup amusé avec ces cours après moi que je t’attrape dans une succession de gags et de répliques savoureuses. Le ton est bon enfant, sans jamais être irrespectueux des événements qui se sont produits ces jours-là, mais pour nous conter avec tant de légèreté et de facétie, qu’on en ri d’autant plus. La bagarre pour lancer la grenade contre le mirador tel un match de rugby est d’une pertinence inégalable, autant que le repas ou la balancelle. Sorte de pastiche avant l'heure de Le Jour le plus long, on serait tenter voir apparaitre le maire de Colleville (Bourvil).

La réalisation est magnifique, avec ce touché du noir et blanc, à l’origine pour une question de budget serré, qui fait merveille. La mise en scène est sublime avec un rythme telle une partition musicale qui nous mène par petits sauts de danses classique, d’une situation à une autre avec enchantement. Les cadrages comme les travelings nous promènent dans cette pure folie douce avec une maitrise qui m’ont emballé. Pour une fois, les suppléments dans ce blu-ray sont passionnément riches et drôles, plein d’informations avec des entretiens à ne pas rater.

Non seulement Catherine Deneuve (3 cœurs) était merveilleusement belle, d’une beauté naturelle qui ne s’exhibait pas mais s’émanait, son talent évident conjugué à son débit extraordinaire éclatait d’évidence marquante, face à l’excellentissime Philippe Noiret (Alexandre le bienheureux) absolument parfait, de même Henri Garcin. Quand à Pierre Brasseur (Les mariés de l’an deux) et Mary Marquet, on touche aux monstres sacrés. Sans oublier les Christian Barbier et Marc Dudicourt, Valérie Camille et Anne Guegan, ou encore Paul le Person, en tout point excellents.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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