Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
22 juin 2015 1 22 /06 /juin /2015 15:11

Une fois de plus, Robert Parrish (L’enfer des tropiques) nous gratifie d’un western hors des normes du genre, tout en restant dans le cadre du far west, pour mieux nous surprendre avec une forme mélancolique d’un romantisme épuré au rythme nonchalant, loin des cavalcades habituelles et des bagarres d’ivrognes de saloon. Il s’en dégage une immense poésie trouble et envoutante qui hante longtemps.

Alors qu’il se rend dans une ville américaine le temps d’une mission pour le compte de Castro, un gouverneur mexicain dont il est le garde du corps, Martin Brady se casse la jambe qui l’immobilise durablement. Il fait ainsi connaissance de l’officier Colton qui souhaite l’engager et obtenir des informations sur Castro afin de combattre avec lui contre les apaches. Il rencontre également Helen la femme du militaire, dont le coup de foudre semble réciproque. Martin se voit offrir d’effacer son casier judiciaire d’un meurtre de l’assassin de son père, en échange d’une réintégration dans la milice locale et l’aide à l’armée. Mais tout se complique quand il doit faire usage de son arme pour défendre un ami, et le contraint de nouveau à fuir au Mexique.

J’ai beaucoup aimé ce récit plus sombre qu’il n’y parait, emprunt d’une profonde mélancolie agréablement troublant par son lyrisme poétique sur fond de western revisité. Au point qu’importerait la trame si justement elle n’était pas dans cette époque qui en deviendrait anecdotique autrement. Cette vision de l’Ouest, ou plus exactement du sud, à la frontière des convoitises américaines. Ce romantisme presque naturaliste. Pour le coup, même si la scène finale du combat contre les indiens est courtes et soignée, elle en est presque sans intérêt. Le rythme est étrangement lent, dans une ambiance doucereuse, avec des protagonistes aux profils flous à souhait pour mieux se découvrir au fil des sentiments. Nous sommes loin des super héros, avec un personnage hors norme, blessé en son fort intérieur, et tellement vulnérable.

La réalisation en deux parties, fait assez rare, est pour moi une pure merveille de maitrise de la caméra et de la narration. Les images sont superbes qui nous aspirent dans un monde romanesque envoutant. J’ai aimé ce sentiment où n’est pas montrés une civilisation supérieure à l’autre comme habituellement les clichés américains humiliant la culture mexicaine avec son mépris des hispaniques. Ce mélange entre deux cultures apporte aussi cette dimension nouvelle et son ouverture d’esprit.

Ainsi, Robert Mitchum (Le paradis des mauvais garçons) était encore une fois excellentissime de part une composition plus en profondeur tout en dégageant charme et conviction, face à la belle Julie London (L'homme de l'ouest) mystérieuse et sensuelle, quand Gary Merrill et Albert Dekker (Duel dans la boue), Jack Oakie (Tomahawk) et Charles McGraw (La chaine), comme Anthony Caruso (Le mariage est pour demain) et Mike Kellin, mais aussi Victor Manuel Mendoza, Jay Novello et Ben Sterner, sont dans la veine de l’ambiance avec talent et conviction.

3 étoiles

Partager cet article

Repost 0
Published by bobmorane75 - dans Films
commenter cet article

commentaires