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21 juin 2015 7 21 /06 /juin /2015 17:29

Excellent thriller policier de Jean Negulesco (Comment épouser un millionnaire), sorti en 1944 d'après le roman d'Eric Ambler, dont l’intrigue est savamment dosé entre suspens, humour et drame, dans une ambiance délétère à souhait dans un voyage européen d’enquête de l’entre deux guerres aux relations propices à toutes les opportunités de toutes part pour les sans scrupule, mais pas sans risque.

Lors d’une soirée mondaine à Istanbul en cette fin des années trente, le Colonel Haki conte à son ami romancier hollandais Cornelius Leyden, la découverte du corps de Dimitrios Makropoulos. Eveillant la curiosité de l’écrivain, il narre avec force détails le long passé criminel du défunt, tantôt voleur, meurtrier et espion à la solde du meilleur offrant et surtout pour son propre compte… en banque. Au petit matin, Cornelius se lance sur les traces encore fumante de Demitrios, faisant des surprenantes découvertes, et surtout suivi comme son ombre par un inconnu et les dangers qui vont avec.

Un excellent film culte, dont je m’étonne que personne n’ait tenté une reprise, tant tout y est savamment dosé, abordant toutes les facettes d’une époque trouble, dans la préparation de la seconde guerre mondiale que les truands ont bien compris tant la politique des grands de ce monde étaient de leur univers. Magouilles en tous genres, crédulités exacerbées de toute part, de quoi pour un Dimitrios nager en eau trouble comme un poisson vorace pour faire ses emplettes. Un thriller avec une analyse d’une époque dans laquelle s’entremêle des personnages aussi peu clairs, mais finalement aussi attachants que le monstrueux malfrat aussi peu fréquentable.

Le récit est intelligemment réalisé dans une mise en scène extrêmement alerte, vif et passionnément amené pour nous inciter à toujours en savoir plus sur le dénouement, même si l’on s’en doutait depuis la première image. Il n’empêche que j’ai été pris par le rythme et le ton de complicité et de curiosité malsaine, vivant pleinement par l’intermédiaire de Cornelius. Le profil des protagonistes est distillé avec subtilité et un suspens sans cesse plane dans la mise en scène nous déroutant en permanence entre doute et certitude vite battu en brèche par des rebondissements pour notre plus grand plaisir. Un peu chef d’œuvre à ne pas rater dans sa filmographie. Quelques différences cependant entre le film et le livre, notamment la fin, où Peters meurt dans le roman.

Un magnifique casting composé de Peter Lorre (Arsenic et vieilles dentelles) qui était une fois de plus sublimissime, face aux excellents Sydney Greenstreet et Zachary Scott (Amour et fleur sauvage), et la belle Faye Emerson comme Victor Francen et Steven Geray, ou la fabuleuse Florence Bates et Edward Ciannelli, ainsi que Kurt Katch, la belle Marjorie Hoshelle, Georges Metaxa et John Abbott, pour une ambiance des plus facinantes.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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commentaires

platinoch 23/06/2015 16:39

Excellent film noir que celui-ci. J'ai beaucoup aimé le récit à tiroirs et l'ambiance, des réceptions feutrées en Turquie en passant par les bas-fonds bulgares, serbes et parisiens. L'épisode a Belgrade est d'ailleurs probablement le plus savoureux. Le face à face entre Sydney Greenstreet et Peter Lorre est extrêmement savoureux.