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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 15:47

David Gordon Green (Joe), nous embarque dans une lancinante et trainarde histoire psycho-dramatico-ronflante sur une énième tentative d’explications oiseuses et excuses bidons sur un connard que l’on voudrait nous faire passer autre chose que ce qu’il est, et le restera sans rémission ni excuse quoiqu’on en dise.

Après avoir été appelé à un dépannage, le serrurier AJ. Manglehorn retrouve la solitude dans sa boutique, au cœur d’une petite ville, avant de rentrer chez lui, pour seule compagnie un vieux chat avec qui il entretien une vaine conversation stérile. Il se met à écrire comme chaque jour à son ex femme Clara, des lettres qui lui reviennent sans cesse avec avis refusé. Problème de communication, il n’écoute pas son fils ni son appel à l’aide. S’apitoyant sur son triste sort, il semble pourtant sympathique aux yeux de la jolie guichetière de la banque. Bientôt, un rencart avec elle, où face aux sentiments amoureux de Dawn, il va révéler son caractère et sa vraie nature.

Il m’est difficile dans ce genre de récit de m’y intéresser, tellement les poncifs lourdingues afférents à ce profil, s’accumulent sur le mode psychologie de comptoir, avec cette idée que les cons peuvent changer et s’améliorer, et s’ils sont cons et méchants ils ont en fait un bon fond. Autant d’excuses imméritées ne trouvent aucun écho en moi dans cette démonstration. Du coup, dans ce contexte, qui pourtant commençait bien avec ce type apparemment sympathique, que l’on en vient à plaindre d’avoir été quitté par sa femme et l’amour de sa vie, que l’on soutiendrait face à ce fils qui semble lointain et ne pas s’intéresser à son père, et qu’on lui souhaiterait une belle histoire d’amour avec la guichetière, pour brutalement nous révéler l’ampleur de son sale caractère qui nous aide à mieux comprendre sa situation. Mais là où le bât blesse, c’est ce final happy end aussi peu crédible qui gâche l’intérêt qu’offrait cette lente narration.

Je crois que je n’ai jamais beaucoup aimé le jeu d’Al Pacino (Jack et Julie), qui une fois de plus ne m’emballe pas par son amorphisme inexpressif, alors que la jolie Holly Hunter (Broadcast news) dégage avec toujours autant de charisme ses talents et forces de conviction. De même Harmony Korine (Stoker) et Chris Messina (Cake) sont plus évocateurs, ainsi que la petite Skylar Gasper, qui est très marquante par son jeu naturel et percutant. Sierra Scott et Sandy Avila, comme Alana Madill et bien sûr Natalie Wilemon (Boyhood) sont convaincants.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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