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18 octobre 2016 2 18 /10 /octobre /2016 10:30

Un grand merci à Factoris Films pour m’avoir fait découvrir cette comédie romantique réalisée en 2015 par Mary Agnes Donoghue, qui après Paradise en 1991, alors principalement scénariste s’est inspirée de l’histoire de sa nièce pour réaliser son deuxième film indépendant, dans le cadre de la campagne sur le mariage pour tous, que la Cour suprême des États-Unis a finalement adopté, en intégrant d’office les 14 derniers états réfractaires, même si le combat continu, telle pour l'adoption ou sur la discrimination dans le cadre d'une location.

Afficher l'image d'origineAlors que son frère Michael et sa sœur Anne sont mariés et parents, Jenny Farell, une belle trentenaire rêve aussi d’un beau mariage et de fonder à son tour une famille. Mais elle n’ose pas annoncer à sa famille qu’elle est lesbienne et vit depuis plus de cinq ans avec Ketty, l’amour de sa vie. Quand une petite phrase prononcée par son père sur ce qui détermine le sens de l’amour vers le mariage, elle se décide enfin à leur avouer. Plus que son orientation sexuelle, que les parents n’avaient pas vu venir, c’est le douloureux secret gardé depuis si longtemps en mensonge de survit qui sème la discorde. De leur avoir dit, libère la jeune femme et la transforme totalement au point d’en être méconnaissable de sureté et d’affirmation en soit, qui étonne ses proches. Elle se prépare à son mariage de rêve en espérant l’adhésion des siens.

J’avoue que j’ai beaucoup aimé ce récit, qui s’adresse d’une manière presque pédagogique en pleine campagne pour la légalisation du mariage gay, à un public récalcitrant sinon stupidement homophobe, en les prenant par le sens du poil. Avec subtilité, Mary Agnes aborde sous le ton d’une fausse et naïve gentille petite comédie, pour aborder le sujet avec une jeune femme, catholique croyante et pratiquante, qui n’en reste pas moins lesbienne et fière de l’être et qui se sent bien dans sa peau, sortant enfin du placard. Un message à l’adresse des conservateurs religieux de tous poils et toutes confessions, qui restent obtus dans leurs étroitesses d’esprit. Elle leur démontre un couple ordinaire, d’amoureuses aux mêmes rêves et désirs de mariage et de famille comme tout le monde. Le récit est simple et léger sans perdre de vue l’intérêt et l’importance de l’amour des siens, avec des dialogues judicieusement pédagogiques pour démonter les blocages psychorigides. ça m’a fait penser un peu à South of nowehere. La mise en scène est de facture classique et lumineuse tout en évitant, grâce à l’humour et à l’émotion, de tomber dans le pathos ou des excès de cris et larmes contre-productifs.

Il est étonnant, que les homophobes se réfèrent à la religion, pour justifier par leur sale mentalité, leur refus au mariage pour tous. S'il est vrai que le judaïsme et l'islamisme sont des religions ouvertement homophobes, les chrétiens n'ont aucune excuse. Rien dans les paroles des Évangiles, ni dans celles du Christ ne leur donnent le droit en son Nom d'autant d'intolérance, allant même à l'encontre de son message admirable d'amour et de tolérance. Et puis, ne dit on pas que dieu nous a fait à son image -même si c'est plutôt le contraire et explique tout- et du coup rejeter l'autre, ne serait-ce pas rejeter Dieu ? 

Avec un très beau casting, la belle Katherine Heigl (Side effects) déterminée est particulièrement convaincante, face à Tom Wilkinson (Selma) et Linda Emond, touchants, et Grace Gummer (The homesman) drôle et attachante, et la très belle Alexis Bledel (Violet & Daisy) douce et émouvante. Diana Hardcastle (Indian palace) et Houston Rhines, ainsi que Cathleen O'Malley (Nowhere boy) et Sam McMurray, sont dans l’ambiance avec conviction.

Le film Marions-nous ! de Mary Agnes Donoghue, distribué par Factoris Films et sa page Facebook, disponible dans les meilleurs bacs dès le 15 novembre 2016. Il est proposé en version anglaise sous titrée français, et version française.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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