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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 15:03

Magnifique film d’Hal Ashby, réalisé en 1978 et qui s’inspire de la vie de Ron Kovic, auteur de Né un quatre juillet, et dont le retentissement trouvera un écho non seulement aux Oscar, mais aussi avec la réalisation de nombre de films du genre qui s’engouffreront dans la brèche sur le thème virulent contre la guerre du Viêt-Nam.

http://thisdistractedglobe.com/wp-content/uploads/2008/04/coming-home-1978-bruce-dern-jane-fonda-pic-3.jpgBob Hyde, capitaine de l'armée américaine, annonce à sa femme Sally son engagement pour la guerre au Viêtnam avec son ami Bill Munson. En cette année de 1968, de très nombreux blessés graves sont hospitalisés. Sally décide de faire du bénévolat à l'hôpital des vétérans, rejoignant Vi, la petite amie de Bill. Elle fait la découverte des dégâts et des souffrances humaines, mais aussi la rencontre de Luke, revenu tétraplégique. Lentement mais sûrement, entre soins et écoutes, ils tombent éperdument amoureux. Quand Bob revient, le choix va s’avérer difficile.

1962 Chevrolet Chevy II Station WagonJ’ai simplement adoré la subtilité narrative de ce récit, foncièrement pacifiste, mais qui à l’extrême intelligence de garder toujours un regard neutre envers toutes les parties prenantes. Ainsi la dénonciation de la guerre ne passe pas par des arguments militants stéréotypés, mais par la sensibilité des images pudiques sur les conséquences directes des blessés, qui plus est américains. La condamnation n’en est que plus forte, avec de surcroit cette touchante histoire d’amour, là aussi toute de subtilité, de pudeur et de tendresse, sans que jamais l’on sombre dans les excès de pathos ou d’arguties le plus souvent lourdingues et pénibles. L’émotion est à son comble avec le retour du mari, la confrontation terriblement touchante, et cette fin où l’on ne sait s’il s’agit de purification des scories de la guerre ou d’une fin définitive. Je pense plus à la symbolique purificative et du début d’une nouvelle vie désillusionnée. De la même manière que lors de la seconde guerre du Golfe, où les milliers de blessés, amputés et mutilés étaient cachés, loin des caméras et de la presse, d’aborder cette guerre par cet aspect est une manière de dénoncer l’engagement militaire américain. Enfin, le témoignage deLuke devant les éléves est d’une telle force d’émotion.

http://i0.wp.com/www.thecinemaholic.com/wp-content/uploads/2015/08/Coming-Home-1978.jpgLe film est donc inspiré par le livre de Ron Kovic, vétéran de la guerre du Vietnam revenu paraplégique, que Jane Fonda avait rencontré lors un rassemblement pacifiste. Il est l’auteur du livre autobiographique réalisé par Oliver Stone en 1989 avec Tom Cruise, Raymond J. Barry et Caroline Kava. Précurseur à son époque, le film est une porte ouverte aux films sur la guerre du Vietnam, avec Voyage au bout de l'enfer et Apocalypse now, Full metal jacket et Platoon, et à contrario vers Rambo. Très grand succès public, mais aussi critique, Jon Voight remporta l’Oscar du meilleur acteur, quand Jane Fonda remporta celui de la meilleure actrice, et Waldo Salt, Robert C. Jones et Nancy Dowd celui du meilleur scénario original.

De fait, Jon Voight (Zoolander) est absolument génial d’émotion qui hante longtemps, face à une Jane Fonda (Le majordome) ébouriffante qui prend au tripe, et un Bruce Dern (La nuit du défi) stupéfiant de présence, de même que Penelope Milford (Un amour infini) terriblement marquante. il en est également vrai de Robert Carradine (Django unchained) et Robert Ginty, comme de Jonathan Banks (Comment tuer son boss 2) qui crèvent l’écran.

4 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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