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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 13:40

Excellentissime film de James Clavell, pour son dernier film réalisé en 1970 d'après le roman de J.B. Pick, et qui prend une résonance très actuelle de part les guerres de religions qui nous touchent de très près, avec toujours les mêmes obscurantismes et archaïsmes primaires et violents, intransigeants et abominablement meurtriers.

Fuyant les massacres qui ravages villes et villages jusqu’au moindre bourg perdu, par les armées de mercenaires impitoyables catholiques et protestants, Vogel trouve refuge au fond d’une vallée protégée. Là, à l’abri des regards, totalement inconnu, c’est un havre de paix qu’il croit avoir trouvé. Hélas de court répit, la soldatesque à sa poursuite pénètre à son tour. Un village tranquille, abondance de vivre et une petite population sous la coupe d'un maire tyrannique, prêt à tout pour sauver sa vie et son pouvoir. Menacé d’exécution, Vogel réussi à convaincre le capitaine de l’épargner, ainsi que la population et son village, afin de passer l’hiver.

Je n’ai pas souvenance de film, dans lequel des discours aussi bien étayés contre la religion, face à ses incohérences, ses hypocrisies et abjects ignominies aient été aussi intelligemment poussés que dans celui-ci. Rejetant dos à dos les belligérants, tous coupables des mêmes horreurs génocidaires, des même coupables intolérances, pour le même objectif d’asservir les peuples, les conditionner à servir intérêts richesses et pouvoir des élites, religieux et politiques, affairistes et brigands, au Nom Sacré d’un Dieu, en oubliant les préceptes même de la dite religion basée sur la tolérance, le partage, et l’amour de son prochain.

Nous retrouvons hélas, le même point commun dans toutes les autres religions et sectes, tel le judaïsme, l’islamisme, le bouddhisme, l’indouisme et j’en passe tant les hommes ont trouvé là matière à exploiter les peuples depuis la nuit des temps. Population pardonnables dans leurs incuries quand incultes, ils n’avaient aucun moyen de réfléchir, ils ne le sont plus de nos jours avec l’étendue de possibilités de s’affranchir par l’éducation et la recherche personnelle.

Relatant la terrible guerre de trente ans, qui eut lieu entre 1618 à 1648, parti d’une révolte de protestants tchèques, les empires et royaumes européens s’empressèrent de se lancer dans la surenchère de guerres, massacres, ravages à tout propos, sous tous les mauvais prétextes hégémoniques, nationalistes où la religion était une fallacieuse excuse, trouvant les pires ennemis à s’allier contre les meilleurs amis. La paix de Westphalie qui conclut ces trente années d’horreur au nom du bien, pour une Europe aux Etats modernes avec des pouvoirs absolutistes, et des frontières souveraines, au prix de 5 à 7 millions de morts, principalement des civils.

Le film est à ce titre remarquable de maitrise, tant dans la partie réalisation et mise en scène, qu’aux images fabuleuses jusqu’aux profils des protagonistes, quand dans les dialogues et démonstrations, la conclusion est des plus terribles constats et prête à la réflexion logique. D’autant qu’il n’y a pas de parti pris pour les uns ou les autres, pas plus de justifications ou d’excuses à l’encontre de qui que ce soit. Je me souvenais lorsque je l’avais vu la première fois à quel point il m’avait marqué. De l’avoir revu, avec d’autant plus d’acuité, il en hante longuement par sa perspicacité.

Michael Caine (C'est la faute à Rio) est fabuleusement génial de force et de talent. Il est étonnant de la part d’Omar Sharif (Un château en Italie), excellentissime, dénonce dans son rôle la manipulation des religions avec l’exemple du rêve comme de révélation, n'avait donc rien retenu lors de sa conversion. Michael Gothard est aussi puissant que convaincant, et décédé trop tôt. La belle Florinda Bolkan est émouvante  ainsi que la magnifique Madeleine Hinde, quand Per Oscarsson (Millénium) et Nigel Davenport (Elementaire, mon cher...), Christian Roberts et Brian Blessed, comme Ian Hogg, Arthur O'Connell (L'Aventure du Poséidon) ou Yorgo Voyagis sont terribles.

4 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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commentaires

platinoch 01/10/2015 16:34

Voilà la chronique que j'attendais de lire sur ton blog depuis un bon moment;)
Excellent film en effet. Je pense qu'on ne pourrait plus en produire d'aussi percutant aujourd'hui. Comme quoi en deux heures "seulement", on peut construire un vrai récit, avec un message prodond et des personnages parfaitement développés. Un film terrible, mais profondément génial.