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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 15:00

En 1946, Akira Kurosawa s’était inspiré de la vie réelle d'Hotsumi Ozaki pour relater le destin d’un résistant japonais au régime militaro-fasciste, qui fut le seul pendu pour espionnage au Japon. Grâce à Wild side vidéo, nous avons la chance et le plaisir de découvrir un magnifique film docu-fiction, qui plus est, centré sur un rôle de premier plan à une femme.

Afficher l'image d'origineAprès l’invasion de la Chine en 1931 par les armées japonaises, les militaristes au pouvoir imposent leur dictature politique sur le pays. Deux ans plus tard, en 1933, professeurs et étudiants protestent contre les invasions japonaises. Grèves et manifestations se traduisent par des émeutes et des arrestations massives. C’est ainsi que le jeune Ryukichi Noge est arrêté et condamné à une lourde peine de prison. Yukie, fille du professeur Yagihara démis de ses fonctions, tAfficher l'image d'originerès amoureuse du jeune homme, apprend par leur ami Itokawa devenu procureur pour le gouvernement, que Noge est sorti de prison et travaille désormais pour la cause militariste. Effondrée, elle va le retrouver et comprendre sans rien savoir qu’il n’en est rien et qu’il travaille dans la résistance. Quand en 1941 il est arrêté et torturé à mort, la veuve Yuki se rend chez ses beaux-parents, où la haine du village contre les « traites » est très dure.

Afficher l'image d'origineEncore un très beau film de Kurosawa, qui traite ici d’une véritable histoire d’un résistant japonais, et donne le rôle principal au féminin. Dans le style humaniste, la dénonciation de la dictature fasciste du Japon des années 30 à 1945 est ici évoqué en écho de son précédent Le plus beau où l’on voyait l’embrigadement de la jeunesse japonaise à la cause militariste. Bien que romancée, axée sur la ténacité de cette jeune femme d’espionne, de condition bourgeoise elle subit la haine avec courage en aidant aux rizières dans les conditions Afficher l'image d'originepénibles de la paysannerie, l’histoire en est une très belle symbolique. J’ai beaucoup aimé le lyrisme sans jamais tomber dans les excès du pathos ou du discours politique. D’ailleurs, dans le récit, pas plus que la jeune femme, nous ne savons sur quel projet travaille son mari, tant tout est feutré tel que le vit Yuki, dans l’assurance que c’est dans le bon sens de l’Histoire. Il y a beaucoup de subtilité dans les dialogues comme dans le jeu et le regard de la caméra et des interprètes, d’où émane une très grande sensibilité poétique, dure, triste et pleine d’une énergie salvatrice. C’est http://userdisk.webry.biglobe.ne.jp/013/699/59/N000/000/047/142288283864491527180_PDVD_013_20150202221359.jpgdonc avec beaucoup d’émotion que j’ai suivi ces parcours, celui de ce jeune homme qui sacrifie en premier lieu son amour pour ses idéaux, et celui de cette jeune femme qui laisse sa vie bourgeoise insouciante au profit des autres. Ce film se retrouve également dans un coffret : Akira Kurosawa - Les films de jeunesse : Je ne regrette rien de ma jeunesse + Qui marche sur la queue du tigre.

Akira Kurosawa-Waga seishun ni kuinashi ('No Regrets for Our Youth') (1946)Et de fait, le récit s’est inspiré par la vie réelle d’Hotsumi Ozaki, résistant communiste japonais, qui s’était introduit dans les hautes sphères politiques, et avait transmit au célèbre espion soviétique Richard Sorge, des informations qui ont eu des répercutions importantes sur la guerre. En effet, en divulguant la non intervention militaire du Japon contre l’URSS, les soviétiques avaient pu libérer le front asiatique, et envoyer des milliers d’avions et des chars sur le front est et accélérer leur victoire sur l’Allemagne nazie. Ozaki est le seul citoyen japonais à subir la peine de mort pour trahison durant la seconde guerre mondiale, pendu en même temps que Sorge.

http://userdisk.webry.biglobe.ne.jp/013/699/59/N000/000/047/142288297443882399180_PDVD_024_20150202221615.jpgSetsuko Hara (Voyage à Tokyo) est phénoménalement excellente d'émotion et de talent qui hante longtemps, face à Susumu Fujita (La forteresse cachée) incroyablement marquant, et Denjirō Ōkōchi (Les hommes qui marchèrent sur la queue du tigre) talentueux. De même Haruko Sugimura (Bonjour) et Eiko Miyoshi (Vivre dans la peur), Kokuten Kodo (Les sept samouraïs) et Akitake Kôno (La légende de judo) ou encore Takashi Shimura (L’ange ivre).

http://userdisk.webry.biglobe.ne.jp/013/699/59/N000/000/047/142288292957223466180_PDVD_023_20150202221530.jpgLe film Je ne regrette rien de ma jeunesse d’Akira Kurosawa, distribué par Wild side vidéo, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 28 octobre 2015 en blu-ray et DVD. Il est proposé en version originale japonaise sous-titré français. Les bonus nous offrent la restauration du film, avec trois extraits avant et après qui montre la qualité du travail rendu.

 

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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