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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 16:11

Dans la continuité de l’excellente restauration des films d’Ang Lee, j’ai eu le plaisir de poursuivre mes découvertes grâce à Carlotta, avec ce petit bijou réalisé 1994, dans une très belle comédie douce amère qui hante longtemps de plaisir tant des bons plats qui font envie, que de cette émulsion de la vie.

Afficher l'image d'origineAvec ses trois filles à la maison, Chu veuf depuis des années, aime préparer les repas de famille. Grand chef cuisinier par ailleurs, il reste une valeur sûre de la cuisine traditionnelle comme des traditions et éductions familiales. Cependant, les choses évoluent, notamment avec ses filles qui se détachent d’un certain carcan. Ainsi Jia-Jen, l'aînée qui est professeur de chimie s’est convertie au christianisme. De ses 20 ans la plus jeune Jia-Ning est étudiante tout en travaillant dans un fast-food, et que Jia-Chien la cadette, annonce avoir acheté un appartement et vouloir déménager. C’est à ce moment que Chu perd le gout.

Afficher l'image d'origineTrès belle comédie douce amère, sur l’évolution des mœurs et des valeurs familiales, avec la belle parabole de la perte de gout avec le choc des changements, et son retour avec la plénitude de l’accalmie. Le récit de famille est juste une pureté des sentiments filiaux et amoureux, une vision superbe des changements de mentalité et des habitudes, sans que les liens ne se perdent. Ainsi, l’amour que voue el père à ses filles, comme la vénération qu’elles lui rendent reste le socle le plus solide. Chacun trouve sa place dans une nourvelle recomposition, et sa voie dans la vie, tant Afficher l'image d'origineamoureuse que professionnelle. J’ai adoré chacun des protagonistes, pour des raisons différentes, avec cependant un petit faible pour la cadette qui s’est donné tant à tous, et trouve enfin à se réaliser. Pathétique le vieux père qui se refait une jeunesse un peu limite, et qui reste terriblement attachant. Une histoire pleine de ressentis et d’émotion autant que d’humour. Nombre de films ont tenter cet exercice difficile avec plus ou moins de réussite sans jamais approcher celui-ci.

Afficher l'image d'origineAvec ce film, Ang Lee terminait la trilogie Father knows best dont le thème central était le père traditionnel face à l’évolution de la famille et de la modernité, à laquelle il faisait face et s’adaptait. Commencé avec Pushing Hands (Tui shou) réalisé en 1992, puis avec Garçon d'honneur (The wedding banquet) en 1993, puis Salé, sucré (Eat Drink Man Woman) en 1994. On retrouve l'acteur Sihung Lung dans les trois rôles du père. Un remake, Tortilla soup, a été réalisé en 2001 par María Ripoll, avec Jacqueline Obradors, Tamara Mello et Judy Herrera.

Sihung Lung, est fabuleusement marquant, face aux jolies et excellentes Yu-Wen WangChien-lien Wu et Kuei-Mei Yang, quand Sylvia Chang est très drôle, de même Winston Chao et Chao-jung Chen, Chit-Man Chan, Yu Chen et Ya-Lei Kuei, sont absolument parfaits.

Afficher l'image d'origineLe film Sucré salé d’Ang Lee, distribué par Carlotta, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 25 novembre 2015 et blu-ray en DVD. Il est proposé en version originale sous-titrée français, et en version française. Les bonus, Une excellente interview d’Ang Lee « L’essence de la vie », ainsi que celle du scénariste James Schamus « Father knows best », et un making-of du film super passionnant.

4 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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commentaires

platinoch 24/11/2015 10:08

J'ai adoré également ce film, véritable chef d'oeuvre de tendresse. Je ne suis pas tout à fait d'accord avec ton commentaire sur Mr Chu. Le switch final est surtout là pour que le film finisse sur une note comique, car au fond personne ne l'attendais. C'est aussi l'image d'un homme qui évolue. Une belle porte de sortie aménagée pour ce personnage.