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11 décembre 2015 5 11 /12 /décembre /2015 11:48

Afficher l'image d'origineExcellentissime polar d’Henri-Georges Clouzot (Les diaboliques), qui s’était vaguement inspiré du roman de Stanislas André Steeman, pour le réécrire à sa sauce avec son style extraordinaire plein d'humour et d'angoisse, réalisé en 1947 pour une enquête dans le milieu du showbiz avec une modernité déconcertante dans le texte comme dans l'esprit, et fabuleusement interprétée.

Quai des orfèvres : photo Henri-Georges Clouzot, Suzy DelairPleine de talent, de charme et de bourée d’ambition, Jenny Lamour, chanteuse de music-hall, accepte l'invitation à dîner de Brignon. Vieux riche et bien introduit dans le milieu du spectacle, amateur de chaire fraiche, il pourrait aider sa carrière. Cependant, son mari Maurice Martineau, inquiet et jaloux refuse qu’elle s’y rende. La soirée se termine mal, avec la mort de Brignon. En pleure, Jenny fait appel à son amie Dora, qui est très amoureuse d’elle, se rend sur place pour nettoyer son passage. Quand à Maurice, il s’y est également rendu avec l’intention de malmener le vieux pervers. Les soupçons de la police ne tardent pas, avec l’inspecteur Antoine très perspicace qui mène rondement son enquête.

Quai des orfèvres : photo Henri-Georges Clouzot, Simone Renant, Suzy DelairJ’ai adoré ce film, par son ambiance d’un Paris révolu des années quarante, sur un récit plein d’humour et d’émotion, au langage fleuri et d’une extrême moderne au regard de ce que les années soixante. L’enquête est évident pleine de rebondissements, de fausses et vraies pistes qui s’entrecroisent, pour mieux nous perdre dans le dédale des soupçons et suppositions pour un final forcément inattendu, avec des personnages riches en couleurs. Le fil conducteur de l’enquête, permet de nous faire voyager dans divers mondes et univers, mais aussi dans les coulisses symboliques de l’après guerre.

Quai des orfèvres : photoLe rythme est vif et alerte, aux images, cadrages et travelings excellents, qui nous offrent un regard d’une époque beaucoup plus moderne et bien moins coincée, tant dans le verbe et le geste. Avec de surcroit une superbe qualité de dialogue. Entre le vieux scabreux et ses photos pornos de jeunes femmes, l’ambition dans le métier sans scrupule, l’amour saphique de la photographe pour la chanteuse, et nombre aspects évoqués avec subtilité donnent une vision très actuelle d’un Paris qui n’a rien à envier de nos jours.

Quai des orfèvres : photo Henri-Georges Clouzot, Louis Jouvet, Simone RenantAvec dans les bonus du blu-ray, des entretiens passionnants du réalisateurs Henri-Georges Clouzot qui relate avec humour, avoir acheté les droits du roman, puis laissé de côté, avant plusieurs années plus tard réalisé le film sans plus se souvenir de l’histoire originale, qui de fait n’a plus grand-chose à voir. Quand aux principaux interprètes, ils relatent les coulisses de la réalisation, dont le comportement souvent emporté, passionné et même physiquement violent avec ses interprètes, tout en riant sinon de bon cœur, au moins d’un rire jaune.

Quai des orfèvres : photo Henri-Georges Clouzot, Louis Jouvet, Robert DalbanAvec un casting superbe, composé des excellents Louis Jouvet puissant, d’une Suzy Delair (L’assassin habite au 21) impayable, et d’un Bernard Blier (Le monocle noir) absolument magistral, ainsi que la belle Simone Renant. Mais également avec Charles Dullin et Jeanne Fusier-Gir, Pierre Larquey (Les diaboliques) et Raymond Bussières (Neige), et encore de Robert Dalban (Les mystères de Paris), la belle Claudine Dupuis, et le talentueux Henri Arius.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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