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15 janvier 2016 5 15 /01 /janvier /2016 10:59

Afficher l'image d'origineExcellent thriller dramatique de John Sturges, réalisé en 1955 d'après le roman d'Howard Breslin, sous le pseudo de Michael Niall, évoquant alors le terrible sort des nippo-américains durant la seconde guerre mondiale, et du comportement raciste et xénophobe aux préjugés honteux de l’Amérique à l’égard de cette communauté.

http://emanuellevy.com/wp-content/uploads/2012/10/Bad_day_at_black_rock_4.jpgJohn J. Macreedy est le premier voyageur depuis quatre a descendre sur le quai de la gare de Black rock, petite ville accablée de chaleur au fin fond du désert. Etranger, amputé d’un bras et posant des questions sur Adobe flat, un lieu dit des environs, et sur un certain Komoko, suscitent chez les autochtones, méfiances et agressivités. Les menaces de la part des hommes de Reno Smith, deviennent des tentatives de meurtres, surtout quand grâce à la voiture de la jeune Liz Wirth, il découvre que la ferme de Komoko a été incendié et le fermier japonais assassiné. John sait alors qu’il ne pourra plus quitter la ville vivant.

Afficher l'image d'origineSur une narration toute en thriller, le récit aborde avec beaucoup de justesse et de sensibilité l’indigne comportement des américains sur la communauté américaine d’origine japonaise, qui furent des centaines de milliers parqués dans des camps, et nombreux subirent de véritables lynchages mortels. Sur fond de maccarthysme, avec les suscitions paranoïaques de la population qui en perd tout sens des valeurs démocratiques, ce récit tente une première excuse publique aux victimes. La fin est d’ailleurs terrible, avec l’appropriation du héro de guerre, un jeune américano-japonais, mort pour la patrie stars and stripes. J’avais déjà été envouté la première fois que j’avais vu ce film, il est encore terriblement marquant aujourd’hui, et hante longtemps.

Afficher l'image d'origineIl faut dire que la réalisation est soignée, avec d’entrée de jeu comme cette chaleur du désert qui nous prend à la gorge, avec cette luminosité aveuglante, comme l’hostilité des habitants et la sécheresse d’humanité que la culpabilité les étreint. Ainsi, crescendo l’angoisse monte sans que l’on comprenne la haine envers cet inconnu, pour dévoiler progressivement les liens qui unissent les lyncheurs de la large lâcheté de la majorité silencieuse. Une chape de plomb incandescente qui règne tout du long du récit, avec cette révélation finale comme un crève cœur.

Afficher l'image d'origineLe casting est tout simplement prodigieux, entre l’excellentissime Spencer Tracy et le brillant Robert Ryan (La bataille pour Anzio), comme le jolie Anne Francis et Dean Jagger (L'attaque de la malle-poste), autant de talent pour Walter Brennan (L’étang tragique) et John Ericson, comme de Ernest Borgnine (L'Aventure du Poséidon) toujours aussi marquant, l’increvable Lee Marvin (Parole d’homme) et Russell Collins (Torpilles sous l’Atlantique), ou encore Walter Sande (Le grand Bill) et Harry Harvey, qui marquent de leur aura.

4 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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