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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 06:38

Un grand merci à Diaphana pour m’avoir fait découvrir ce très étrange film de guerre fantastique d’une dramatique psychologique marquante, réalisé par Clément Cogitore pour un premier long métrage de qualité et d’intensité qui hante longtemps à souhait.

Afficher l'image d'origineSur les hauteurs des montagnes afghanes tenues par les troupes françaises, le calme règne. Dans une casemate, deux soldats surveillent leur secteur jour et nuit, rendant compte du moindre mouvement au capitaine Antarès Bonassieu à la base. Une nuit, deux soldats disparaissent sans laisser de trace. Des recherches sont immédiatement effectuées dans les aleAfficher l'image d'originentours, puis dans le village proche. Rumeurs et légendes agaces les militaires, quand un autre disparait de plein jour, puis un quatrième sans plus d’explication logique. Les soupçons pèsent sur les talibans qui eux-mêmes sont à la recherche des leurs portés disparus également. Une sorte de folie s’empare de tous dans l’angoisse des recherches.

Afficher l'image d'origineJe me suis laissé prendre au récit étrange et un peu hermétique, qui souvent fait penser à du Stephen King. L’ambiance mystérieuse, déjà dans un cadre majestueux et inquiétant de l’Afghanistan à la frontière pakistanaise avec les talibans dans les parages, met une pression angoissante. Les disparitions, sans retrouver la moindre trace ni corps, plonge les hommes dans l’absence de possibilité de deuil, Afficher l'image d'originedans l’inexplicable sens de la vie et de la mort, dans l’incompréhension de notre devenir donne une dimension irréelle à ce drame. La confrontation entre deux cultures opposées, tant dans les croyances que les réflexions métaphasiques, ajoute au désarroi. L’esprit cartésien de nos sociétés modernes et occidentales, et celles plus fatalistes et immatérielles, mettent en porte à faux des raisonnements philosophiques d’une dualité inconciliables, mais se retrouvent dans le mystère de la vie, et le deuil.

Afficher l'image d'origineLa réalisation est très belle, entre des travelings aux champs larges, et les plans serrés, comme les pleins jours et les vues nocturnes avec les caméras infrarouge, nous enveloppent dans une sorte d’ouate poétique mortifère entre peurs ancestrales depuis la nuit des temps, et cette recherche permanente de logique vaine. Intriguant, inquiétant et passionnément captivant, la mise en scène soignée, comme les dialogues au texte choisi, sobre et incisif, nous offre un malaise palpable qui nous donne à réfléchir à notre insu.

Afficher l'image d'origineAvec un Jérémie Renier (Saint Laurent) particulièrement marquant, auquel se joint Kévin Azaïs (La belle saison) et Swann Arlaud (Les anarchistes), Marc Robert (On voulait tout casser) et Finnegan Oldfield (Les cowboys), Clément Bresson et Sâm Mirhosseini, ou encore Edouard Court et Christophe Tek (Lucy), Steve Tientcheu (Toute première fois), mais aussi Hamid Reza Javdan, Aria Faghih Habibi, Seyed Jafar Mirhosseini, et le jeune Yashar Vah.

Lhttp://www.citizenpoulpe.com/wp-content/uploads/2015/12/film-ni-le-ciel.jpge film Ni le ciel ni la terre de Clément Cogitore, distribué par Diaphana, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 3 février 2016 en DVD, au prix conseillé de 19,99€, ainsi qu’en VOD. Il est proposé en version originale française sous-titrée français et farsi, en audiodescription pour aveugles et malvoyants, ainsi que sous-titré français pour sourds et malentendants. Dans les suppléments, un long entretien très intéressant avec le réalisateur, ainsi qu’un court métrage Parmi nous de Clément Cogitore.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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