Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 13:47

Un grand merci à Artus Films pour m’avoir fait découvrir cet excellent film de 1968, de Lina Wertmüller, le seul western spaghetti réalisé par une femme dans la veine d’un Bonnie and Clyde, sur une tonalité résolument féministe, d’après un scénario de Piero Cristofani.

Très en veine au poker, la belle rousse aux tâches de rousseur Belle Starr se retrouve plus qu’avec qu’un seul joueur, Larry Blackie qui la dépossède de tous ses gains. Très attirée par Larry, elle le laisse gagner pour une nuit avec lui. Elle lui raconte ensuite son histoire pleine de cavales et de bagarres, de violences et de morts avec son oncle odieux prêt à la vendre en mariage à un vieillard corrompu, comment elle a sauvé la vie de son amie Jessica, et ses aventures de hors la loi avec le beau Cole Harvey. Larry lui offre de se joindre à lui et sa bande pour le vol de diamants. Elle refuse d’être sous ses ordres, et compte les voler elle-même. Une compétition s‘engage alors pour le meilleur et pour le pire.

Photo de The Belle Starr StoryUn très beau film, où fait rare dans les westerns, qui plus est spaghetti, le rôle principal est féminin dans un très beau portrait face à la bestialité violente des hommes pour une tonalité ouvertement féministe. Un far west qui oscille entre la tradition des films du genre et le ton résolument moderne entre la comédie et romantisme et la dénonciation du machisme. J’ai beaucoup aimé cette réalisation qui détonne par son style et son ambiance, par ses personnages et son cadre. Entre les montagnes et la verdure (tourné en Yougoslavie) règne une originalité loin du grand canyon rougeâtre et des rares cactus. Le récit en flashbacks sur une musique intrigante, nous entraine dans une aventure épique avec une épaisseur dramatique qui n’a pas à rougir des réalisations italiennes plus célèbres, quand elle en possède tout autant de grande qualité.

Alors pressenti à la réalisation, Piero Cristofani (Nathan Wich) mais rapidement écarté au profit de Lina Wertmüller, s’est inspiré d’un personnage réel de l’histoire du western américain Reed Starr (Myra Maybelle Shirley, 1848-1889) qui fait partie de ces légendes fantastiques. Devenue hors la loi contre sa volonté de part un premier mari comme le second, ainsi que de ses amitiés proches comme avec les Frères Frank et Jesse James, et les frères Younger, elle s’est retrouvé dans une spirale extraordinaire. D’abord combattante pour les confédérés, elle n’aura de cesse de se ranger mais sera emportée par le tourbillon des événements de la vie rude de son époque, entre mari et enfants. Souvent emprisonnée mais relâchée faute de preuve ou amnistiée, elle finira tristement assassiné lâchement d’une balle dans le dos. Une douzaine de films et téléfilms évoquent cette légende féminine du far west, sans oublier la bande dessinée Belle Starr dans Lucky Luke.

Afficher l'image d'origineAvec la très belle Elsa Martinelli (La rivière de nos amours) émouvante et marquante, et le beau et l'excllent Robert Woods, ainsi que George Eastman tout autant talentueux, de même que le non moins belle Francesca Righini. Ainsi que le terrible Bruno Piergentili et Bruno Corazzari, comme Vladimir Medar et Eugene Walter, parmi une belle troupe.

Afficher l'image d'origineLe film Belle Starr story de Lina Wertmüller, distribué par Artus Films qui dispose d’un superbe catalogue, disponible dans les meilleurs bacs à partir du 5 avril 2016 en DVD. Il est proposé en version originale italienne sous-titrée français, et en version française. Dans les suppléments, Mon corps pour un poker est un un long et passionnant entretien avec Alain Petit, qui relate les coulisses du film et des interprètes comme de la réalisatrice, fourmillant de précieuses informations.

3 étoiles

Partager cet article

Repost 0
Published by bobmorane75 - dans Films
commenter cet article

commentaires