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8 juin 2016 3 08 /06 /juin /2016 08:30

Un grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir ce très beau film de 1934 magnifiquement restauré, réalisée par Maurice Tourneur, pour nous emporter dans le Marseille des années trente, et les luttes intestines mafieuses.

Afficher l'image d'origineAlors que la ville de Marseille est sous la coupe du mafieux Justin, des concurrents génois tentent de prendre place. Ainsi, Esposito s’attaque avec hardiesse au trafic de drogue en s’emparant d’une cargaison au port et déclare la guerre ouverte contre Justin, envoyant ses sbires pour l’éliminer. Une tentative qui ne restera pas impuni. Pendant ce temps, Silvio, petit maquereau, profite de la gentillesse naïve de la jeune et belle Totone pour essayer de la vendre, avant qu’elle n’apprenne qui il est vraiment, et de vouloir mettre fin à ses jours, mais Justin n’est pas loin.

Afficher l'image d'origineFilm étonnant que j’ai beaucoup aimé, tant pour sa réalisation puissamment moderne, que pour le ton, entre film noir et comédie. Ainsi, les images, cadrages, travelings et point de vue sont magnifiques, sur un noir et blanc superbe, rendant visuellement ce film de toute beauté, sa grâce et son attrait. Inclassable dans son genre tant de nombreux styles se malaxent dans la narration, avec son aspect sombre de thriller dans la guerre de gangs mafieux, que dans la comédie avec nombre de scènes et répliques comiques, que dans la romance. Il est également étonnant dans le regard porté par les réalisateur, qui jamais ne prend parti, sauf avec le jeune Afficher l'image d'originemaquereau, non pour ce qu’il est mais pour sa lâcheté. Il y a une certaine complaisance, comme une sympathie envers ces mafieux. La police, ridiculisée en permanence est la cible privilégiée, face à une forme d’admiration qui se dégage pour ces gangsters, dont Justin passe pour une sorte de Robin de bois bienveillant. Pourtant, Tourneur oublie que les activités de Justin proviennent de racket, trafic de drogue, prostitution et autres meurtres.

image dvd justin de marseilleCependant, la qualité du film dans sa narration, comme dans sa réalisation et la mise en scène, mais aussi la qualité superbe des interprètes, révèle un petit bijou du cinéma français. Avec subtilité, les effets sont marquants, comme la lutte mortelle entre les  deux chefs mafieux sans que nous prenions part est génialement maitrisée, ou la tentative de suicide de la jeune femme. Les vues d’un Marseille des années trente, avec sa gouaille et le verbe haut, ses multiples facettes entre le port et le centre ville comme ses quartiers populaires et ses bas fond, nous entrainent dans un voyage dans le temps et une ambiance particulière.

Afficher l'image d'origineAvec l’excellent Antonin Berval, face au talentueux Pierre Larquey (L’assassin habite au 21) et Alexandre Rignault, de même André Bervil et Raymond Aimos (La belle équipe), et les très belles Ghislaine Bru marquante, et Line Noro (Pépé le Moko) excellente. Paul Ollivier et Armand Larcher, Paul Amiot et Jacques Duluard, Marcel Raine et Paul Grail, Milly Mathis (Tartarin de Tarascon) et Marthe Mellot, Renée Dennsy et Émile Chin Fu, mais encore Marguerite Chabert et Viviane Romance, Anthony Gildès et Gaby Basset, qui donnent le charme et la conviction de l’ambiance. A noter la première participation de Tino Rossi que l’on entend chanter.

Le film Justin de Marseille de Maurice Tourneur, distribuée par Pathé, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 1er juin 2016. Il est proposé en version sous-titrée pour sourds et malentendants, ainsi que des sous-titres anglais. Une rétrospective de la carrière de Maurice Tourneur par Bertrand Tavernier, ainsi qu’une présentation du film, et un débat entre Bertrand Tavernier et Philipppe Meyer.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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commentaires

platinoch 08/06/2016 10:14

Un film étonnamment moderne sur sa forme, qui fait penser aux films de gangsters américains pré-code de la même époque (notamment à l’ennemi public n°1 avec Clark Gable) où les gangsters ne sont pas de si mauvais garçons finalement. Un découverte bien sympathique pour ma part.