Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
22 juin 2016 3 22 /06 /juin /2016 11:24

Très beau film réalisé en 1955 par Douglas Sirk, d'après une histoire d'Edna et Harry Lee, sur des thèmes récurrents dans nos sociétés sur les couples avec des écarts d’âge en faveur des femmes, et des différences de condition sociale face aux idées reçues et à l’étroitesse d’esprit intolérantes.

film 1955 rock hudson jane wyman athaDepuis la mort de son mari, Cary Scott, jeune quadra veuve avec deux grands enfants, s’ennuie ferme dans son quotidien bien morne. Issue de la classe wasp huppée de la ville, sa famille et ses amis tentent de la caser avec un homme de son âge terriblement ennuyeux. Quand le jardinier Ron Kirby vient s’occuper de ses plantations, des sentiments réciproques se nouent. Bientôt une belle relation amoureuse illumine leur vie. Mais très vite, la communauté s’oppose à cette histoire Afficher l'image d'origined’amour, entre une femme de condition social plus élevée et avec un homme plus jeune qu’elle. Malgré l’amour aussi puissant entre les amoureux, Cary met un terme à son idylle par respect de convenances, pour se retrouver seule face à un téléviseur. Mais l’amour et l’esprit rebelle ne saurait l’accepter.

Afficher l'image d'origineJ’ai beaucoup aimé ce récit, d’autant plus en ces années cinquante rigides aux étroitesses d’esprit, machistes et racistes. Ainsi, un vieil homme avec une jeunette semble tout à fait normal, mais n’est pas admis pour une femme. Mentalité détestable qui perdure encore de nos jours, ne serait-ce qu’à lire la presse. En plus de l’écart d’âge dans ce récit, se double la différence de condition sociale qui heurte les esprits réacs. Mais Afficher l'image d'originece qui réjouit dans l’histoire, est naturellement le choix définitif de la femme qui se rebelle à toutes les convenances, à toute sa société d’origine et à ses abominables enfants, pour n’obéir qu’à elle-même et n’écouter que son cœur. Ainsi, Douglas Sirk donnait une belle leçon à la société d’alors.

Afficher l'image d'origineLa réalisation est juste magnifique, avec une mise en scène absolument magique de fluidité remarquable, sur des cadrages et travelings fabuleux qui sans cesse reviennent avec subtilité sur le cœur de la ville, dont l’utilisation de couleurs et de lumières donnent le ton de l’ambiance. La dénonciation du poste de télévision comme amplitude à la solitude et repli sur soit est un magnifique camouflet. Deux films ont été réalisé sur le même bâti, en 1974 avec Tous les autres s'appellent Ali -Ali: fear eats the soul- de Rainer Werner Fassbinder, et en 2002 Loin du paradis de Todd Haynes

Un bel article est rendu au film Tout ce que le ciel permet, sur Toile et Moi.

Afficher l'image d'origineUn très beau casting avec Jane Wyman magnifique d’émotion, face au beau Rock Hudson (Tomahawk) tout aussi convainquant, et l’excellente Agnes Moorehead (Le conquérant). De même Conrad Nagel et Virginia Grey (L'ile inconnue), Gloria Talbott (La cuisine des anges) et William Reynolds (Le gentilhomme de la Louisiane), Charles Drake, Hayden Rorke et Leigh Snowden (La créature est parmi nous), qui sont tous dans la veine de l’ambiance.

3 étoiles

Partager cet article
Repost0

commentaires

P
Derrière l'aspect lisse et soigné de ses mises en scène, derrière le côté chaleureux et rassurant de son technicolor, Douglas Sirk, cinéaste allemand ayant fuit le nazisme, est probablement le critique le plus acerbe de la société WASP et bienpensante américaine. Film après film il en dénonce tous les travers. Un cinéaste qui mérite d'être redécouvert...
Répondre