Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
31 décembre 2016 6 31 /12 /décembre /2016 18:20

Un grand merci à L'Harmattan Vidéo pour m’avoir permis de découvrir ce très beau docu-fiction sociétal burkinabé réalisé en 2014 par Chloé-Aicha Boro, Claude Letterier et Vincent Schmitt, pour une analyse de l’Afrique à la croisée des chemins entre son passé traditionnel et ce que son présent va générer de son avenir proche.

Afficher l'image d'origine Dans la ville deuxième ville du Burkina Faso, à Bobo-Dioulasso où vivent près d’un million d’habitants, les réalisateurs nous font partager le quotidien de la famille Sissoko qui vivent selon la structure familiale traditionnelle du Farafin ko qui désigne la manière de vivre en dioula, avec farafin pour peau noire, et ko qui désigne les choses et les manières de faire. Organisé en système de Afficher l'image d'origine « cours » familiales, Alassane en est la figure centrale, dont ses deux épouses Djeneba et Fatoumata, son frère Ibrahim, ses aînés, ses enfants et les parents plus ou moins proches vivent à sa charge. Une situation ancestrale qui s'est dénaturée au fil du temps. Autrefois, les ainés subvenaient à leurs proches en travaillant tous dans une belle solidarité. Mais aujourd’hui, une nouvelle forme d’exploitation s’est instaurée, dans laquelle, la solidarité à laissé place à des abus des usages ancestraux.

Afficher l'image d'origine A travers les témoignages de chaque membre de cette tribu, à l’image du continent, nous prenons ainsi conscience d’un système vicié qui, après la colonisation qui avait restructuré l’éducation, et la mondialisation qui dérègle l’économie, et l’Internet qui apporte un savoir dès le plus jeune âge et à tous, la société traditionnelle arrive à une situation de blocage évidente et vers une individualisation naturelle. Nous le voyons bien avec les migrants qui doivent envoyer la très grande majeure partie de leurs revenus au pays, subvenant à leur survit, non par générosité mais par obligation d’entretenir pas seulement des malheureux mais surtout des assistés qui profitent du système.

Afficher l'image d'origine J’ai beaucoup aimé cette analyse qui nous échappe d’Europe, aux mentalités différentes, dont cet éclairage apporte de fait une approche plus compréhensible de la complexité sociale et économique d’un continent entravé par des coutumes d’un autre temps. De même cette terrifiante vision de la polygamie, là aussi coutume religieuse viciée par la volonté des hommes de peu de foi ayant pervertie la solidarité initiale en un esclavage sexuel. A l’origine, la possibilité d’épouser jusqu’à trois femmes n’était pas d’avoir quatre épouses, mais d’offrir à plus démunies le gite et le couvert en tout bien tout honneur, par solidarité jusqu’à ce qu’elles trouvent mari.

Afficher l'image d'origine Un beau documentaire, terriblement prenant et passionnant, dans ces débats comme dans ces entretiens privés, filmé sur une année avec un respect de chacun et une étonnante franchise parfois stupéfiante. L’analyse de Moussa Konaté dans les suppléments, nous interpelle avec sa vision claire et sans concession sur la situation de l’Afrique dans son ensemble.

Le documentaire Farafin ko : une cour entre deux mondes, de Chloé-Aicha Boro, Claude Letterier et Vincent Schmitt, distribué par L'Harmattan Vidéo, est disponible en DVD dans les meilleurs bacs depuis le 6 décembre 2016 Il est proposé en version originale sous titrée, ainsi qu’en version française  sous-titrée français. Dans les suppléments, un entretien avec Moussa Konaté, écrivain, romancier et éditeur malien.

3 étoiles

Partager cet article

Repost 0
Published by bobmorane75 - dans Documentaires
commenter cet article

commentaires