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22 février 2017 3 22 /02 /février /2017 10:21

Un grand merci à Condor Entertainment pour m’avoir permis de découvrir cette dramatique réalisée en 2016 par d’Ira Sachs (Love is strange), dans un conflit feutré vu et vécu par des adolescents qui vont mettre les adultes face à leurs comportements,

Après le décès de son grand-père, le jeune Jake Jardine emménage avec ses parents dans la maison du défunt au cœur de Brooklyn. Il devient très vite le meilleur ami de Tony Calvelli, le fils de Leonor qui tient une boutique de création de couture. Parce que les parents, Brian petit acteur raté et sa femme Kathy qui fait vivre la famille, s’entendent mal, ils décident d’augmenter le bail de Leonor qui risque de la chasser tant c'est trop élevé. Les deux jeunes décident de se révolter à leur manière, et de s’unir contre les adultes.

Une fois de plus, Ira Sachs nous plonge au cœur de Brooklyn qu’il affectionne, dans un sourd et violent conflit de bobos, vu par le regard d’adolescents qui vivent comme une terrible injustice une décision qui les heurte. Un couple héritant d’un bien, prennent une décision de parvenu pour profiter d’une manne inattendue dans la vie ratée d’un frère et surtout une sœur, et chasser sans scrupule et moins encore de tact une petite commerçante, qui elle-même tente de profiter de la faiblesse gentille de l’ancien propriétaire. Un conflit qui prend une tournure révélatrice de stigmates de racisme de classe, d’ethnie et de culture. Le drame est vécu à regard de jeunes garçons, dont l’amitié est mise à rude épreuve. J’ai beaucoup aimé suivre cette sordide histoire, calme et tranquille en apparence, et qui pourtant bouillonne d’émotion, de rage et de violence à peine perceptible et pourtant dévastatrice. Tout y est policé, donnant presque l’illusion qu’il ne se passe rien, quand les bouleversements sont immenses. Ainsi, l’amitié amoureuse vaine du jeune Jake pour Tony en prend un coup face à la différence de classe sociale générée par celle des parents quand sonne l’heure du choix de sa place.

La réalisation est particulièrement soignée, tant dans l’image que dans la mise en scène, que les dialogues et la narration d’un récit qui prend aux tripes, sans aucun jugement ou prise de position. D’ailleurs, il est difficile de donner tort aux uns plus qu’aux autres, si ce n’est que dans la mauvaise façon de s’y prendre, dont un relent de mépris supplante tellement qu’il en est la cause évidente. Les wasp contre les latinos, les possédants sur les nantis, les intellos contre les manuels, pour un schéma manichéen classique qui fonctionne à merveille.

Avec les jeunes Theo Taplitz et Michael Barbieri sont marquants, face à Greg Kinnear (Légendes vivantes) est excellement odieux, de même Jennifer Ehle (MI-5 infiltration) est parfaite, ainsi que Paulina Garcia (Gloria) et Alfred Molina (Love is strange), autant que Talia Balsam (Sex friends). John Procaccino (A most violent year) et Clare Foley (Sinister 2), comme les jeunes Teeka Duplessis et Madison Wright sont de la partie avec talent.

Le film Brooklyn village d’Ira Sachs, distribué par Condor Entertainment, est disponible en DVD dans les meilleurs bacs dès le 7 mars 2017. Il est proposé en version originale anglaise sous-titrée français, et version française. Dans les suppléments,le making-of du film, ainsi que l’audition des deux jeunes interprètes, Theo Taplitz et Michael Barbieri.

3 étoiles

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