Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
9 mars 2017 4 09 /03 /mars /2017 14:32

Un grand merci à Diaphana et à l’agence Dark Star presse pour m’avoir permis de découvrir ce très beau film drame social réalisé en 2015 par Stéphane Brizé (La loi du marché), d’après le magnifique roman de Guy de Maupassant, qui nous restitue l’ambiance du livre.

Dès sa sortie du couvent, la jeune Jeanne Le Perthuis des Vauds, retrouve avec joie ses parents et sa sœur de lait la servante Rosalie. Passionnée de dessin et de lecture, elle s'initie au jardin avec son père et sa mère avec tendresse. Bientôt, le curé présente le jeune Julien de Lamare, séduisant et aimable, qui séduit la jeune fille. Un mariage heureux qui vire rapidement au cauchemar avec un Julien qui se révèle pingre et méprisant, cruel et brutal, qui abuse de la bonne, et trompe sa femme sa vergogne avec Gilberte de Fourville, et qui vit au dessus de ses moyens avec fortes dettes. La vie heureuse à laquelle aspirait Jeanne, avec mari et enfant, laisse place à bien des désillusions et déception jusqu’à la lie.

Je me souviens qu’à la lecture du livre dans mon adolescence, déjà fan de Maupassant, avoir été bouleversé par ce récit. La réalisation de Brizé nous entraine dans une narration lancinante d’une vie morose, où les dialogue pauvre et puérile reflète une économie de mot et de sentiment qui écorche la jeune fille pourtant pleine de vie et d’espérance, qu’un tel sort crève le cœur. A la manière de l’écrivain, le cadrage du film au format carré, qui dans des paysages pourtant radieux donne une teinte sombre triste et froide comme le cœur écorché de Jeanne. Le profil de cette fille douce, élevée avec bonté par ses parents, donne une douceur que le malheur n’épargne jamais, sans cependant sombrer dans le pathos ni le larmoyant d’une tristesse digne d’un moral qui tente sans cesse de tenir bon face aux difficultés et trahisons. Sans doute avais dans ma lecture entrevue un peu plus de bleu et de joie et de pétillance que dans la vision du réalisateur. Tout en lenteur et longueur, l’ambiance retrace une situation en huis clos étouffant dans une époque dure. J’ai beaucoup aimé cette vision de l’œuvre avec cependant un regret de la part de Stéphane Brizé qui impose à ses interprètes sa propre scansion, qui tend à donner une impression fausse dans les rares dialogues.

Cependant, l’excellente Judith Chemla (Ce sentiment de l'été) s’en sort avec beaucoup de naturel, quand Swann Arlaud (Ni le ciel ni la terre) ne joue pas bien. alors que Jean-Pierre Darroussin (Coup de chaud) et Yolande Moreau (9 mois ferme), Nina Meurisse (L'effet aquatique) et Olivier Perrier (100% cachemire), ainsi que Clotilde Hesme (L'échappée belle) et Alain Beigel (Mon roi), Finnegan Oldfield (Les cowboys) et Lucette Beudin, Sarah Durand, Jean-François Jonval et les jeunes Henri Hucheloup et Rémi Bontemps sont beaucoup plus convaincants.

Le film Une vie de Stéphane Brizé, distribué par Diaphana, disponible dans les meilleurs bacs dès le 28 mars 2017 au prix conseillé de 14,99€ le DVD et 16,99€ le Blu-ray. Il est proposé en audiodescription pour aveugles et malvoyants, et sous-titrée pour sourds et malentendants. Dans les suppléments, Du roman au film, un entretien avec le réalisateur, Fabriquer une vie, entretien avec Antoine Héberlé –directeur de la photographie- et Pascal Jasmes –chef opérateur son- qui nous font part de leur vision du film.

Partager cet article

Repost 0
Published by bobmorane75 - dans Films
commenter cet article

commentaires