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20 mars 2017 1 20 /03 /mars /2017 18:19

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir ce film érotique réalisé en 1973 par Walerian Borowczyk, composé de quatre contes inspiré de romans et légendes.

Dans La marée, André entraine sa jeune cousine Julie au bord de la mer, avec bien des désirs. S’étant bloqués par la montée de la marée, il en profite pour s’octroyer une fellation par l’adolescente. Dans Thérèse philosophe, une fille est enfermée dans un débarras pour la punir d’un caractère rebelle. Elle y découvre un livre pornographique aux images suggestives qui l’excite, et découvre le plaisir de la masturbation. Erzsébet Báthory relate la légende hongroise de la comtesse sanglante, qui amène de force de belles jeunes filles pour des orgies sexuelles lesbiennes et sanglantes. Lucrezia Borgia conclue sur des orgies incestueuses diverses et variées dans la Rome antique.

Avec le choix de ses contes, une impression générale se dégage d'un malaise à travers l’œuvre de Walerian Borowczyk de part son jeu de caméra qui n'usurpe pas son image sulfureuse. Après soixante-huit, les réalisateurs se sont donnés à cœur joie dans le dénuement des actrices. Ainsi, les années soixante-dix ne s’est rien refusé souvent violent comme un défouloir sexuel frisant le sordide. Walerian Borowczyk ne déroge pas à la règle avec ce film dont il sait jouer sur l’ambiguité. Ainsi, dans le premier conte d’après un extrait de Mascarets écrit par André Pieyre de Mandiargues, sur la relation incestueuse pédophile d’un jeune adulte et sa cousine mineure, dont la montée de la marée illustre celle du plaisir du garçon, dont on retrouve dans le choix du livre du deuxième conte, Thérèse philosophe de Boyer d'Argens et Fougeret de Monbron, qui relate un fait divers réel ayant fait scandale sur des relations sexuelles d’un vieux prêtre sur une jeune fille au XVIIIème. En reprenant la légende hongroise, le sexe devient violence et bain de sang, pour conclure plus prosaïquement dans une orgie romaine débridée. Il était prévu un autre conte avec La véritable histoire de la bête du Gévaudan qui deviendra le long métrage La bête. Le malaise provient duregard du réalisateur, qui loin de s'offusquer de ce qu'il décrit, s'en délecte en nous prenant comme complice avec ses gros plans insistant et ses cadrages. Incontestablement bien filmés, sur une mise en scène maitrisée, dont l’ensemble se laisserait savourer s'il ne révélait pas ce voyeurisme dont la qualité artistique est léchée tels des tableaux de maîtres.

La sortie du coffret des œuvres choisies de Walerian Borowczyk coïncide avec la rétrospective au Centre Pompidou qui se tiendra du 24 février au 19 mars 2017. Ainsi, Carlotta propose dans un très beau coffret, 7 chefs-d’œuvre restaurés du sulfureux réalisateur polonais : Théâtre de monsieur & madame Kabal (1967), Goto, l’île d’amour (1968), Blanche (1971), Contes Immoraux (1974), Histoire d’un péché (1975), La bête (1975) et Docteur jekyll et les femmes (1981). Sont inclus de très nombreux courts-métrages et des documentaires exclusifs autour des films, en plus d’introductions, des interviews et bandes-annonces d’époque, accompagnés de deux livrets autour de Borowczyk et son œuvre dont le Dico de Boro.

Avec la très belle et convaincante Lise Danvers face à Fabrice Luchini (Un début prometteur) qui ne jouait pas encore vraiment très bien. La belle Charlotte Alexandra, comme Paloma Picasso et Pascale Christophe, Florence Bellamy, Jacopo Berinizi et Lorenzo Berinizi, Philippe Desboeuf, Nicole Karen et Tomas Hnevsa, Mathieu Rivolier, Robert Capia et Gerard Tcherka, Kjell Gustavsson et Philippe Desboeuf, Marie Forså, et les très nombreux naïades sacrifiées.

Le film Contes immoraux de Walerian Borowczyk, distribué par Carlotta, disponible dans les meilleurs bacs dès le 22 février 2017.  Dans le coffret, sont inclus deux livres inédits, Camera obscura de 216 pages, et Le dico de Boro de 92 pages. Dans les suppléments, une introduction de Daniel Bird, suivi de Contes immoraux : montage l’âge d’or, L’amour se révèle : tournage de Contes immoraux. Boro Brunch : réunion d’équipe, Une collection particulière, Une collection particulière : montage Oberhausen.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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