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3 mars 2017 5 03 /03 /mars /2017 19:18

Un grand merci à Wild side vidéo pour m’avoir fait découvrir cette dramatique réalisée en 1983 par de Francis Ford Coppola (Twixt), d'après le roman de S.E. Hinton, juste après avoir réalisé Outsiders de la même auteure, et qui nous entraine dans une relation entre frères d’une admiration destructrice.

Dans la petite ville de Tulsa en Oklahoma, Rusty James, petit voyou adolescent n’a de cesse de devenir comme son vénéré frère ainé Motorcycle Boy, véritable légende de chef de gang, retiré depuis trois mois à Los Angeles. Alors que Rusty et ses potes s’engage dans une baston contre un gang rival, gravement blessé, il ne doit son salut qu’à l’arrivée inopinée de son frangin. Cependant, si l’ainé souhaite que se faire oublier d’un passé déjà ringard en son temps, Rusty s’enfonce dans la délinquance, au risque de perde sa petite amie Patty, ses amis et même son frère adoré.

Sur de magnifiques images en noir et blanc aux contrastes élevés, sauf la seule couleur rouge des petits poissons, du gyrophare de la police, et me semble t-il des briques d’immeubles, qui est sensé imposer la vision daltonienne de Motorcycle Boy, le récit éthéré et étiré nous entraine dans un univers évanescent. Le réalisateur avait été intéressé par le roman, en trouvant une corrélation et un écho avec sa propre relation d'avec son frère, sans pour au temps respecter le roman. Echec commercial à sa sortie malgré une bonne critique presse, le film a fini par trouver ses fans au fil du temps et trouver ses lettres de noblesses, notamment grâce à ce casting de tout jeunes interprètes, devenus depuis des stars d’Hollywood. Il est vrai qu’aussi fabuleusement filmé sur une mise en scène impeccable, la narration est assez hermétique dans une ambiance aussi irréelle sonnant la fin des films de gangs des années cinquante, et où la mythologie grecque n’est pas aussi évidente à décrypter dans cette admiration d’un frère en profond mal être mal qui enfonce son ainé désireux d’en sortir, dans une vision de descente aux enfers d’un passage à la vie adulte catastrophique, avait pu laisser perplexe. La notion du temps est extrêmement importante et pièce principale du l'intrigue. La grande force de ce film réside dans la qualité graphique plus que narrative, et dans la qualité des interprètes. Un très beau film, sans doute le plus personnel Francis Ford Coppola, qui rend dans ce mélange des styles et des genres, sur une ambiance souvent parfois mélo, mais avec son talent et sa force dans le regard d’une caméra puissante pour ressortir les émotions, doublé d’un décor soigné, et d’une maitrise des techniques alors d’avant-garde.

Avec Matt Dillon (Imogene) et Mickey Rourke (Harley Davidson et l'homme aux santiags) excellents, la très belle Diane Lane (Les rues de feu) terriblement marquante, Dennis Hopper (Le territoire des morts), Diana Scarwid (A guy thing) et Vincent Spano, dans la famille Coppola Nicolas Cage (Snowden) pour son premier film, la fille du réalisateur Sofia Coppola et son frère Gian-Carlo Coppola décédé accidentellement à 22 ans, Chris Penn et Laurence Fishburne (Passengers), Glenn Withrow, Tom Waits (7 psychopathes) et Nona Manning.

Le film Rusty James de Francis Ford Coppola, distribué par Wild side vidéo, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 8 février 2017 en DVD et blu-ray. Il est proposé en version originale sous-titrée français et version française. Dans les suppléments, le commentaire audio de Francis Ford Coppola, des scènes coupées et un making-of, avec  Au rythme des percussions.

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Published by bobmorane75 - dans Films
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