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1 mai 2017 1 01 /05 /mai /2017 13:41

Un grand merci à AB Vidéo pour m’avoir fait découvrir ce film yéménite d’après l’histoire vraie réalisée en 2014 par Khadija Al-Salami, documentariste qui, pour son second long métrage qui nous conte le drame de cette fillette de dix qui a tant émue le monde avec sa demande de… divorce, en écho aussi de son propre vécu pareille horreur.

Profitant d’une course, la jeune Nojoom s’échappe de son domicile pour se rendre au tribunal de Saana. Quand le procureur lui demande ce qu’elle désire, il est atterré par sa demande de divorce. L’enfant a été mariée à 8 ans, violée chaque jour et battue, humiliée et terrorisée. Elle a trouvé la force de se révolter, et demande justice. Un procès s’ouvre qui va révéler des pratiques de mariage de mineures répandues dans le pays selon la tradition, et sous couvert de religion.

Film terriblement émouvant et bouleversant, qui s’inspire du vécu de la petite Nojoud Ali qui a défrayé le monde en 2008. Une parmi des millions de petites filles mariées de force. Incroyablement courageuse et téméraire, cette enfant a trouvé la force, le courage et l’obstination nécessaire pour obtenir justice et retrouver sa liberté, grâce au soutien du juge Mohammed al-Ghadhi, et de l'avocate Chadha Nasser. L’enfant a pu reprendre l’école, avec le projet d'études de droit. Elle a écrit un livre sur son histoire avec la journaliste française Delphine Minoui afin d’apporter son témoignage et réveiller la conscience internationale. Mais le drame ne s’est pas arrêté là. Avec les royalties de son livre, pour lui permettre de reprendre ses études, et malgré l’achat d’une belle maison et une épicerie pour sa famille, son père à continué ses horreurs. Ainsi, a t-il pris l’argent pour s’acheter deux jeunes femmes, vendue Haifa une des ses fillettes en mariage à un homme très âgé… La leçon n’a visiblement pas été retenue. Il est trop facile d’excuser ces monstres sous prétexte « d’ignorance et de pauvreté », de même que de se cacher derrière la tradition ou la religion. La pédophilie généralisée n’a aucune excuse ni justification pour ces horreurs et barbaries. La monstruosité profite de la force et de la violence pour imposer l’inacceptable. Au Yémen, une fillette sur sept est mariée avant quinze ans, et une sur trois avant dix-huit ans, mais dans le monde, elles sont 15 millions de fillettes chaque année qui subissent ce sort sordide. Dans le pays voisin, l’Arabie Saoudite –qui mène une guerre insoutenable contre le Yémen- autorise légalement les fiançailles pédophiles à neuf ans et le mariage à dix ans, dont les hôpitaux ont des services spéciaux pour petites mariées victimes d’hémorragie, et souvent de mort. A seize ans en 2015, Nojoud Ali, a changé officiellement son nom en Nujood, qui signifie « caché ». Un très beau film, tourné dans des conditions très difficiles, dans les cadres austères mais néanmoins majestueux du Yémen, pour un message fort et alerter le monde.

Avec les petites et excellentes Rana Mohammed et Adnan Alkhader, Reham Mohammed et Sawadi Alkainai, Ibrahim Alashmori et Munirah Alatas. Naziha Alans et Ghader Abdulkareem, ainsi que Husam Alsanabani, Malak Albukhaiti et Rym Charabeh.

Le film Moi Nojoom, 10 ans, divorcée, de Khadija Al-Salami, distribué par AB Vidéo, disponible dès le 3 mai 2017 en DVD. Il est proposé en version originale arabe sous-titrée français.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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