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11 août 2017 5 11 /08 /août /2017 09:44

Excellent polar sociétal de Tarik Saleh, qui nous plonge au cœur de la gangrène de la société égyptienne, comme dans de nombreux pays, des bakchichs et rackets en tous genres à tous les niveaux, en tous milieu et toute circonstance.

Quelques jours avant le début de la révolution égyptienne en 2011, dans la mouvance du printemps arabe, une jeune chanteuse est retrouvée assassinée dans une chambre d’hôtel. L’inspecteur Noureddine se charge de l’enquête qui remonte rapidement par le truchement d’un agent artistique de la victime et d’une autre chanteuse en vogue, vers un puissant homme d’affaire proche du président Moubarak.

D’entrée de jeu, j’ai été saisie d’effroi quand l’inspecteur de police vole dans le portefeuille de la victime avant que ses collègues prennent ce qui reste. Ce n’est que le début d’une longue dénonciation de rackets et bakchichs à tous les étages de la société corrompue du chef de l’Etat jusqu’au plus miséreux, tout le monde y va de la truanderie, se rendant tous coupable de vol, d’extorsion ou de graissage de pâte. Système épouvantable d’une mafia à l’échelle des nations, où la probité n’existe pas sous peine de mort…

Un très beau récit à la polar de films américains des années cinquante, qui résonne de références. Il y a de quoi être désespérer de vivre dans ces pays forcément appauvris et incapable de s’en sortir tant politiquement qu’économiquement tellement gangrénés par ce système pervertie. La France, au niveau de nos politiques n’en est pas très loin au point de tenter timidement en esbroufe de se moraliser qui n’aura pas de mal à contourner ses propres lois, bien que nos institutions soient plus propre. Il faudrait à ces pays des hommes comme en Italie pour nettoyer, éduquer et remoraliser… mais est-ce seulement encore possible ?

Une très belle réalisation qui prend à la gorge dès la première scène sans plus nous lâcher jusqu’à la fin, avec un récit excellemment maitrisé dans une mise en scène implacable sur des protagonistes englués dans une atmosphère délétère au point que même cet inspecteur se fait avoir quand c’était tellement évident qu’une aussi belle et jeune chanteuse n’allait pas coucher avec lui sans qu’un piège soit tendu.

Avec Fares Fares (Rogue one: a star wars story), les belles Mari Malek (The good lie) et Hania Amar (Mohamed Dubois), Yasser Ali Maher (L’immeuble Yacoubian), Slimane Dazi (Débarquement immédiat), Ahmed Selim, Mohamed Yousry,Tareq Abdalla, Nael Ali, Ger Duany (Fighter), Emad Ghoniem, Ahmed Abdelhamid Hefny, Ahmed Khairy, Hichem Yacoubi.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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commentaires

dasola 11/08/2017 16:03

Bonjour Bob, je souscris à tout ce que tu écris sur ce film réussi et bien interprété. Bonne après-midi.