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12 décembre 2017 2 12 /12 /décembre /2017 10:19

Un grand merci à Artus Films pour m’avoir permis de découvrir ce film très beau thriller psychologique réalisé en 1948 par Frank Borzage, réalisateur prolifique –dont le magnifique Trois camarades- autant qu’acteur, d’après le roman de Theodore Strauss, qui nous plonge dans un traumatisme d’enfance aux lourdes conséquences.

Depuis sa plus tendre enfance, Danny Hawkins est victime des insultes et brimades de la part de ses camarades, et de violences physiques de Jerry Sykes, parce que son père a été pendu pour meurtre. Adulte, lors d’une dispute à propos de la petite amie de Jerry, la belle Gilly Johnson que convoite Danny, les haines ressurgissent et Danny tue son bourreau de toujours. Par peur de finir comme son père, Danny tente d’éviter d’être pris par la police qui enquête de plus en plus près de lui, cependant que son idylle avec Gilly prend consistance.

Un très beau récit angoissant de part la trame qui tisse sa toile autour du jeune homme, que de sa personnalité pour le moins peu avenante. En effet, si le malheureux a été victime de sarcasmes et de violences depuis toujours, il n’en est pas moins au-delà de son traumatisme un homme violent à l’inverse de son père, tant contre son tortionnaire qu’avec la jeune femme, dont on doute qu’il redevienne doux comme un agneau, cependant qu’il cherche à combattre cette violence en lui.

J’ai beaucoup aimé l’ambiguïté qui règne dans cette traque qui se ressert comme une nasse autour du meurtrier, où la légitime défense est discutable. Une ambiance bien délétère règne tout du long avec une efficacité redoutable qui trouve une plus ample respiration dans les dernières secondes avec beaucoup d’à propos.

La mise en scène est savamment maitrisée pour contenir nos espoirs avec toutes les craintes, dans un jeu de caméra et de dialogues soignés que les décors bois et marais, brume et musique, que les portraits des protagonistes ne donnent pas dans la dentelle pour entretenir une ambiance moite et nerveuse à souhait. Une très belle réalisation pour un très beau récit auxquels les interprètes de qualité apportent une touche finale parfaite.

Avec l’excellent Dane Clark, face à la belle Gail Russell (The uninvited), Ethel Barrymore, de la dynastie familiale, Rex Ingram (Le voleur de Bagdad) et Allyn Joslyn (L'imposteur), Harry Morgan (L’étrange incident), David Street et Selena Royle (Esclave du gang), Harry Carey Jr. (Le bord de la rivière), Irving Bacon, Lloyd Bridges et Houseley Stevenson, Phil Brown, Harry Cheshire et Lila Leeds, et les jeunes Johnny Calkins, Michael Dill, Stephen Peck et Tommy Ivo.

Le film Le fils du pendu, issu de la collection Les classiques américains, distribué par Artus Films, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 5 décembre 2017 en DVD. Il est proposé en version originale sous-titrée français.

3 étoiles

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