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10 décembre 2019 2 10 /12 /décembre /2019 10:17

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir ce film issu du coffret sur le merveilleux cinéaste japonais Yasujirō Ozu, pour ce très touchant film de la trilogie Noriko réalisé en 1949, sur un panel de 20 films retraçant son œuvre de  1931 et 1962, du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur dont 10 restaurés en 2K et 4K.

Noriko Somiya est la seule fille de la famille à ne pas être mariée. Elle vit cependant heureuse avec son père Shukichi qui lui-même vit en harmonie avec sa fille. Mais la sœur de ce dernier pense qu'il serait grand temps pour sa nièce envisage un mariage. Noriko est réticente à l'idée de laisser son père seul mais elle finit tout de même par accepter sur la promesse qu’il va se remarier. Après un dernier séjour à Kyoto en compagnie de sa fille, le père finit par ressentir cette solitude que sa fille avait tant redoutée.

Très beau film sensible de la trilogie de Noriko (Printemps tardif (Banshun - 1949), Été précoce (Bakushū - 1951) et Voyage à Tokyo (Tōkyō monogatari - 1953) pour une vision intimiste comme savait si bien le retranscrire Ozu dans la confrontation douce entre la tradition japonaise face à la modernité de la situation des jeunes femmes d’après guerre. Noriko, passé les ennuis de santé du au conflit, entièrement asservie à son veuf père, est coincée dans la tradition confortable de servante et femme de substitution d’un père plongé dans un égoïsme tout aussi confortable privant la jeune femme de sa propre vie, avant que l’un et l’autre grâce à la cousine jeune mariée et la tante leur ouvre les yeux et les cœurs. On ne se posait pas alors la question s’il est bien utile et forcément heureux de se marier, mais en l’occurrence de vivre sa vie avec l’amour en prime.

Une société japonaise en mutation, avec l’occupation américaine et les mœurs occidentales et la modernité générale révèlent une place nouvelle aux femmes dont Noriko s’ouvre enfin au bonheur. Une réalisation lente et douce, des plans et cadrages qui forcent l’admiration d’autant de maîtrise et de justesse, des regards plus que des paroles qui en disent long. Une modernité dans les gestes et postures, ainsi quand Noriko est avec son père est elle à genou selon la tyradition ancestrale, quand elle est avec sa cousine assise sur des chaises modernes, révèle cette dualité d’une époque charnière tant dans le mobilier que dans les mentalités.

Avec les excellents Chishū Ryū, et la talentueuse Setsuko Hara, Yumeji Tsukioka, Haruko Sugimura, Hohi Aoki et Jun Usami, Kuniko Miyake, Masao Mishima, Yoshiko Tsubouchi et Yôko Katsuragi, Toyo Takahashi, Jun Tanizaki et Ichirô Shimizu, Yôko Benisawa, Manzaburo Umewaka et Nobu Nojima, Ichiro Kitamura et Haruo Yasufuku, Soichi Konparu, Tadaichi Aoki et Nagahiro Yoshida.

Où sont les rêves de jeunesse ? - Seishun no yume ima izuko - 青春の夢いまいづこ

Tetsuo Horino, est un riche étudiant qui refuse les mariages arrangés par son père et préfère traîner avec ses amis et la belle Oshige, une jeune serveuse. Quand son père meurt, Horino hérite de son entreprise et devient le nouveau Président. Il n’est plus de place à la vie bohème mais aux responsabilités qui le pèse tout en entrant dans sa nouvelle peau de patron responsable. Quand ses trois amis ratés lui demandent un emploi, l’étincelle estudiantine revient, et Oshige promise à l’un d’eux ravive les sentiments.

Dans les suppléments, ce film muet et sans son, réalisé en 1932, fait face à l'inconscience de la jeunesse dorée face à la réalité et la responsabilité, tant de la vie professionnelle dans un passage à la vie adulte que dans les sentiments amoureux, même quand il est trop tard et face à l’amitié et la solidarité. Une réalisation d’un Ozu avant le grand ozu, où la mse en scène inhérente au muet se fait sentir dans les cadrages et séquences qui trouve une modernité et prémices en devenir du génial réalisateur dans lequel la sensibilité affleur déjà dans son regard.

Avec Ureo Egawa et la grande et talentueuse Kinuyo Tanaka, Tatsuo Saitō et Haruo TakedaChishū Ryū, Ryôtarô Mizushima et Kenji ÔyamaTakeshi Sakamoto, Chôko Iida et Ayako Katsuragi, Satoko Date, Kaoru Futaba et Kikuko Hanaoka.

 

 

 

Le film Printemps tardif du pack Ozu en 20 films, distribué par Carlotta, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 6 novembre 2019 en DVD et Blu-ray. Il est proposé en version originale sous-titrée français.

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