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17 janvier 2020 5 17 /01 /janvier /2020 09:58

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir ce film issu du coffret sur le merveilleux ciénaste japonais Yasujirō Ozu, pour ce très touchant film de la triloie Noriko réalisé en 1949, sur un panel de 20 films retraçant son œuvre de  1931 et 1962, du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur dont 10 restauré en 2K et 4K.

Dans un quartier de Tokyo, différentes familles vaquent à leurs affaires, entre cancans, rumeurs et jalousies. D’autant que l’entrée de la télévision dans la société, prend une démesure inouïe qui absorbe les gamins chez d’heureux voisins possesseur de la boite à lumière magique. Ainsi, les jeunes frères Minaru et Isamu font ils pression sur leurs parents pour en avoir un aussi. Suite au refus des parents quelque peu dépassés, ils décident d’une grève de la parole.

Comédie cocasse de 1959, qui est une sorte de remake de Gosses de Tokyo d’Ozu lui-même de 1932, qui rappel par certains égards, le ton d’un Jacques Tati. Avec toujours ce regard malicieux et plein de tendresse sur la société japonaise et les relations intergénérationnelles. Cette fois-ci, c’est avec le conflit des enfants que le film fourmille de détails sur les changements de mœurs, du respect aux parents et l’évolution de l’époque avec l'intrusion de la vie occidentale et la langue de l'occupant américain. Beaucoup de gags potaches, comme ceux des flatulences qui pour le coup sont vraiment bon enfant et amusant. J’ai beaucoup ri aux différentes personnalités, entre les suspicions de vols de cotisations, la cour amoureuse de la tante ou le môme qui se fait sur lui, donnent une ambiance légère. La réalisation, toujours dans le pur style d’Ozu, avec la couleur qui apporte une lumière nouvelle de son univers qui reste unique et incomparable.

Avec les gamins Koji Shidara (Le gout du riz au thé vert) et Masahiko Shimazu (Le ciel peut attendre) drôles et marquants, l’excellent Chishū Ryū (Le goût du saké), Kuniko Miyake (Voyage à Tokyo) et la jolie Yoshiko Kuga (L’ange ivre), Keiji Sada (Carmen revient au pays), Haruko Sugimura (Barberousse).

Gosses de Tokyo - Otona no miru ehon - Umarete wa mita keredo -大人の見る絵本 生れてはみたけれど, film muet réalisé en 1932.

Une famille et leurs deux jeunes garçons, Keiji et Ryoichi, s'installent dans la banlieue de Tokyo. Les enfants, sont rapidement victimes de brimades par une bande de gosses, et font l'école buissonnière. Le père, mis au courant les exhortent à retourner en classe afin qu'ils deviennent des gens importants. Les enfants, grâce à l'aide d'un garçon plus âgé, parviennent à se faire accepter. Toutefois, ils s'aperçoivent que leur père, simple employé de bureau, s'humilie quotidiennement face à son patron. Suite à une dispute familiale, les garçons décident de se rebeller en arrêtant de manger.

Un très joli film pour une narration émouvante qui aborde le soumission permanente dans la société japonaise et la révolte des enfants pour qui le respect doit être réciproque qu'importent le us et coutumes de classes sociales. Une belle réflexion et confrontation tradition qui maintien les inégalités de classe et de sexe, et une modernité de respect et de tolérance.

Avec Tatsuo Saitō, Mitsuko Yoshikawa, Tomio Aoki, Hideo Sugawara, Takeshi Sakamoto, Teruyo Hayami,

Il était un père - Chichi ariki - 父ありき, réalisé en 1942

Shuhei Horikawa est un respectable professeur, jeune veuf ayant son enfant Ryohei à charge. Culpabilisé par la mort d'un de ses étudiants, Il démissionne et quitter sa ville pour se ressourcer dans son village natal. Il inscrit son fils à l’internat d’une bonne école et ne le reverra que rarement, pour des parties de pêche ou de bains. Bien des années plus tard, Ryohei est à son tour devenu enseignant. Il a la joie de retrouver son père qui lui manque tant à de trop rares occasions, et émet le vœu de démissionner afin de vivre avec lui.

Yasujirô Ozu avait préparé le script autobiographique et la réalisation avant la guerre, et dut revoir sa copie en cette année de 1942 sous la pression de la dictature et de l’attaque de Pearl Harbour imposait un style plus militariste. Il résista mais cela s’en ressent dans le comportement du père qui dérape par moment par des propos peu appropriés à la trame. Une très belle et triste histoire d’Ozu, qui en peu de mot, par les gestes et les regards, nous transmet une puissante émotion d’amour et de solitude, de regrets et d’espoirs, mais aussi de satisfactions et plaisirs des rares moments de partage entre un père et son fils. J’ai une fois de plus adoré ce récit bouleversant qui m’a beaucoup émut. J’ai eu la chance d’avoir  un père aimant que j’ai adoré, qu’il m’aurait été comme notre jeune protagoniste, un terrible manque dans ma vie. Plus encore aujourd’hui, hélas. Nous pouvons aisément imaginer le ressenti d’Ozu loin de son père, et ce qu’aurait été son film initial sans l’intervention militaire. Un film qui marque la fidélité de vingt ans de collaboration avec Chishū Ryū.

Avec Chishû Ryû et  Shûji Sano, Shin Saburi, Takeshi Sakamoto, la jolie Mitsuko Mito, Masayoshi Otsuka et Shin'ichi Himori, le jeune Haruhiko Tsuda.

Le film Bonjour du pack Ozu en 20 films, distribué par Carlotta, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 6 novembre 2019 en DVD et Blu-ray. Il est proposé en version originale sous-titrée français.

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