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21 décembre 2019 6 21 /12 /décembre /2019 08:35

Un grand merci à Carlotta pour m’avoir permis de découvrir ce film issu du coffret sur le merveilleux ciénaste japonais Yasujirō Ozu, pour ce très touchant film de la triloie Noriko réalisé en 1949, sur un panel de 20 films retraçant son œuvre de 1931 et 1962, du muet au parlant, du noir et blanc à la couleur dont 10 restauré en 2K et 4K.

Dans le Tokyo de ce début des années cinquante, où le Japon traditionnel et le moderne se chevauchent, des jeunes femmes à l’esprit plus libre doivent faire face à leur vie de couple souvent arrangées. C’est le cas de Mokichi et Taeko Satake, issus de milieux opposés et de différents d’âge, qui ne sont visiblement pas sur la même longueur d’onde. Pourtant, le comportement d’une jeune nièce va déclencher des réactions qui vont révéler des sentiments cachés avec sensibilité et beaucoup de subtilité.

J’ai beaucoup l’ambiance qui règne entre provocation, froideur dans le jeu du chat et de la souris entre un mari préoccupé par son boulot et cherche des solutions en prenant le plus possible de recul, semblant froid alors que désolé. Quand la jeune femme, semble frivole, s’amuse autant que possible avec ses amies pour masquer son trouble, cherchant aussi des réponses dans son cœur. La scène finale est juste mémorable quand ils vont en pleine nuit dans leur cuisine se préparer un riz au thé vert de réconciliation et d’amour, découvrent qu’ils n’y ont jamais mis les pieds et s’amusent comme des enfants faisant la dînette en cachette de la bonne qui dort.

Moment drôle et émouvant et d’une très grande force.

Ce film de 1952, dont le scénario avait été bloqué par la censure en 1939, a par conséquent mis du temps à se réaliser, qu’il eut été regrettable de ne pas se faire. La réalisation est une fois de plus sans faute, nous plongeant avec circonspection dans un univers à jamais disparu mais magique. Les cadrages sont ici aussi révélateurs d’un point de vue qui se veut neutre de l’auteur mais qui pourtant nous interpelle sur cette situation sociale délicate, et abordé avec beaucoup de finesse et de tact. Car c’est bien une critique qui est formulée, avec un certain sens féministe qui est décrit, et le droit à l’amour et choix de vie, mais aussi une belle histoire d’amour.

"Les couples devraient être comme le riz au thé"

Avec les excellents Shin Saburi et la belle et marquante Michiyo Kogure (L’ange ivre). Koji Tsuruta, les jolies Chikage Awashima, Keiko Tsushima (Les sept samouraïs) et Kuniko Miyake, Eijirô Yanagi et Chishū RyūHisao Toake, Yûko Mochizuki et Kôji Shitara, Matsuko Shiga, Yôko Kosono, Kinichi Ishikawa et Yoko Osakura.

Récit d’un propriétaire - Nagaya shinshiroku - 長屋紳士録, réalisé en 1947.

Dans le Japon de l’immédiat après-guerre, Kohei, un petit garçon sans abri est trouvé dans les quartiers pauvres de Tokyo. Les gens du quartier ne veulent pas s’en encombrer et, après tirage au sort, décident de le confier à Tané, une veuve cinquantenaire acariâtre qui le recueille bon gré mal gré. Elle cherche tout d’abord à s’en débarrasser mais finit par s’y attacher et découvre peu à peu qu'elle l'aime comme son fils.. Un jour, le père réapparaît.

Une très belle vision du Japon défait par la guerre, l’économie ravagée, l’humiliation à son paroxysme, et l’occupation militaire américaine avec l’intrusion de la culture occidentale qui vient bouleverser la société japonaise, ce récit nous plonge au cœur de la capitale  ruiné et la population exsangue. De fait, dans la misère qui fera encore de milliers de victimes (Le tombeau des lucioles), Ozu avec sa subtilité légendaire, sans évoquer frontalement la guerre et les exactions japonaises, évoque les conséquences sur les petites gens avec leur instinct de survie, les égoïsmes et la générosité. Un beau récit magnifiquement filmé et interprété avec émotion avec cette dose d’humour attendrissant sans jamais tomber dans le pathos trémolo.

Avec Chōko Iida, Hohi Aoki, Reikichi Kawamura, Takeshi Sakamoto, Mitsuko Yoshikawa, Hideko Mimura, Eitaro Ozawa, Chishū Ryū,

Un garçon honnête - (Le galopin) - Tokkan kozo -突貫小僧, court-métrage réalisé en 1929 d’après la nouvelle The ransom of red chief d'O.Henry.

Bunkichi enlève Tetsubo, un petit garçon et l'emmène à son patron Gontora, mais l’enfant se révèle être incontrôlable et cause les pires ennuis à ses deux ravisseurs.

Longtemps considéré comme perdu, une version remontée a été retrouvée en 1988. Tournée en à peine trois jours, cette comédie loufoque verra une reprise en 1952 par Howard Hawks dans un film à sketchs, La sarabande des pantins, mais également Henri Verneuil en 1959 dans Le grand chef. Une bien sympathique facétie pleine d'humour.

Avec Tatsuo Saitô, Tomio Aoki et Takeshi Sakamoto.

Ce film est issu du très beau coffret Ozu en 20 films – Pack qui comprend notamment Le fils unique, Printemps tardif, Été précoce, Crépuscule à Tokyo, Le goût du riz au thé vert, Voyage à Tokyo, Printemps précoce, Fleurs d'équinoxe, Bonjour, Fin d'automne et Le goût du saké.

Le film Le goût du riz au thé vert du pack Ozu en 20 films, distribué par Carlotta, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 6 novembre 2019 en DVD et Blu-ray. Il est proposé en version originale sous-titrée français.

 

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