Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 13:35

Un grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir ce film dramatique muet sorti en 1929 et réalisé par Jacques de Baroncelli, d'après le roman de Pierre Louÿs, sur un jeu malsain entre harceleur et courtisée.

train avec la jeune et belle Conchita Perez, le riche vieux propriétaire Don Mateo Diaz est fou de désir pour elle. Ne se sentant plus, il la poursuit de ses assiduités qu’elle lui résiste et se joue de lui, l’embrasse pour mieux le rejeter, accepte ses dons sans rien lui céder. Il lui promet le mariage avant qu’elle s’enfuit et de céder à lui pour mieux disparaître. Il la massacre de coups pour la dresser à sa guise, avant qu’elle ne s’échappe définitivement tout en continuant ç le narguer.

À partir d’un roman, déjà en soit terriblement choquant de part son machiste et sa phallocratie, qui ne semblait pas émouvoir en son époque, il l’est d’autant avec notre regard d’aujourd’hui, plus par les réalisateurs à trouver  matière à véhiculer ces inepties qui consolident le mépris de la femme, en l’occurrence libre, justifiant en quelque sorte les féminicides, jusque dans les propos encore plus odieux des deux intervenants dans les suppléments, sans qu’il ne soit indiqué en préambule la violence faite aux femmes dans ce film. Deux hommes analysent le film, sans hélas de parité. Quelle est l’histoire ? Un homme, vieux et riche, désir ardemment coucher avec une femme jeune, belle et pauvre, qui le fait languir et le manipule, se joue de lui tel un idiot qu’il est, et croit qu’il suffit de dépenser une fortune, bijoux, robes, palais comme à une prostituée de courtisane sous couvert de « cadeaux d’amour ».

Se refusant encore, nous avons droit à une scène de violence inouïe, « pas assez sensuelle ni assez violente » regrette un intervenant, dans le but de la « corriger » et de la dresser sous couverte « d’amour possessif », bien qu’elle se soit offerte à son harceleur, avant de le fuir le tortionnaire et de continuer de le narguer. Concept machiste s’il en est, qui justifie les moyens de mettre à bas la femme, , parfois à la mort, qui trouve « justification » par cette « garce manipulatrice » -dixit toujours un des intervenants- par le romancier et les réalisateurs, exactement selon les principes des féminicides. En effet, il n’est pas d’époque qui puisse s’accepter ces mentalités archaïques. Concernant la réalisation, nonobstant le contenant, les images comme la mise en scène sont superbes, les cadrages et les effets, comme la nudité en reflet dans la bouteille, les jeux d’ombre de la corrida et de mise à mort nous offre une qualité visuelle d’exception. Une très belle réalisation, magnifiquement restaurée, avec cette jeune actrice qui crevait l’écran par son charisme et son talent.

Une œuvre qui a donc inspiré, et adapté en pièce de théâtre en 1910 par l’auteur et Pierre Frondaie. Puis au cinéma dès 1920, avec le film américain The woman and the puppet par Reginald Barker, en 1929 par Jacques de Baroncelli, autre film américain en 1935 avec The devil is a woman par Josef von Sternberg, encore en 1946 avec Laabet el sitt film égyptien de Wali Eddine Sameh, en 1959, Julien Duvivier en faisait sa reprise, puis deux téléfilms, le franco-espagnol de Mario Camus en 1990, et en 2006 par Alain Schwarzstein.

Avec Conchita Montenegro, Raymond Destac, Henri Lévêque, Jean Dalbe, Andrée Canti, Raoul Lagneau,

Le film La femme et le pantin, distribué par Pathé, est disponible dans les meilleurs bacs dès le 16 juin 2020 en version restaurée 4K 2020 à partir d’un négatif original nitrate, par L’Immagine Ritrovata sous la supervision de La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé, édition limitée, DVD et Blu-ray. Dans les suppléments, Géométrie des corps, entretiens avec Philippe Roger et Bernard Bastide, La musique de La femme et le pantin, entretiens avec Jean-Louis Sajot, Günter Buchwald et Léon Rousseau (2021), Actualité Pathé d’époque : La semaine Sainte à Séville – 1924.

3 étoiles

Partager cet article
Repost0

commentaires