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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 23:11

Thomas Ngijol (Case départ), nous concocte une histoire d’où l’on ne sait jamais s’il faut y voir de la comédie qui rarement s’avère comique, ou de dramatique qui rarement arrive à émouvoir, donnant au final une trame malaisée qui ressent plus la maladresse que la fantaisie, qui se résume à ne pas savoir sur quel pied danser.

Depuis qu’il a décroché une médaille d'argent aux Jeux olympiques quelques années auparavant, sur des fautes de la part de ses adversaires, Franklin Ébagé végète dans sa carrière comme dans sa vie privé. A 34 ans, il rêve encore de briller coût que coût. Sans sponsors, ce n’est pas le peu du peu que son agent Lionel lui trouve qui le fait vivre. Il vit aux crochets de sa compagne Pauline, et de son pote Samir. Mythomane, hâbleur, mégalo irresponsable, il cherche sans cesse à briller aux yeux de tous et surtout de lui-même, et tous pour ça les coups sont permis, surtout les pires.

Plus que l’histoire en elle-même, qui en soit est intéressante et se laisse suivre, c’est le ton imprimé dans l’ambiance qui m’a un peu mis à l’écart du récit. Le personnage en soit est loin d’être sympathique, tant il n’est ni drôle ni émouvant, provocant un rejet instinctif sans même jamais provoquer de compassion. Un point de départ qui a du mal à emporter cependant l’adhésion mais dont le profil est pour le moins travaillé pour décrire un personnage haut en couleurs avec une réflexion sur les sportifs et leur devenir et ressenti face à la célébrité éphémère. Ensuite, une réalisation avec l’ambiance qui est imprimé, et les sautes de tensions et rythmes qui sans cesse cassent la dynamique de base m’a laissé un peu pantois.

Thomas Ngijol (Le crocodile du Botswanga) reste sur ce qu’il sait faire de mieux, mais qui en solo passe moins vin que d’habitude. Quand sa compagne dans la vie, Karole Rocher (Les yeux jaunes des crocodiles) laisse une meilleure impression, de même que Julien Boisselier (SMS) et Yazid Ait Hamoudi. Olivier Marchal (Belle comme la femme d'un autre) et Clément Moreau, comme Olivia Biffot est bien jolie et marquante de talent, ainsi que le rappeur ivoirien Kaaris. Fabrice Eboué (Amour sur place ou à emporter) n’est jamais loin même en caméo.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 15:59

Grace à Artus Films, j’ai eu plaisir de découvrir ce film gothique d’Alberto de Martino réalisé en 1962 selon les codes du genre, entre du Edgar Allan Poe et du Hitchcock, dans la pure tradition des monsters aux ambiances horrifiques et aux suspens inquiètants, aux angoisses et aux protagonistes le plus souvent féminines très sensuelles tout autant victimes que rebelles, dans des cadres et atmosphères délétères. 

1884, en Ecosse, Emily Blackford rentre au château familial, accompagnée de sa meilleure amie d’université, Alice Taylor et son frère John. Ils sont reçus par son frère Roderick Blackford, particulièrement peu affable. Emily est troublée par tous les changements intervenus depuis la mort accidentelle de leur père dans un incendie. Le personnel a été intégralement remplacé, tel le majordome Aleister et la gouvernante Eleanor, jusqu’au séduisant docteur Eggwell. Entre le cadre glacial de la propriété, la froideur des occupants et la météo pluvieuse, des hurlements les font frissonner. Dans la nuit, Emily surprend avec effroi, la gouvernante avec un monstre défiguré. Il semble que le père ne soit pas mort, et même qu’il veuille empêcher une prophétie familiale qui annonce la fin des Blackford aux 21 ans de la dernière descendante, à savoir Emily, qu’il veut tuer d’ici les 5 jours de son anniversaire.

J’avoue que je me suis bien régalé dans ce sombre récit à l’ambiance surréaliste, où plane en permanence une atmosphère délétère et dont on ne sait d’où et par qui va venir le danger mortel. Une parano s’installe rapidement, dans un cadre idéal pour nous inquiéter. D’autant que les protagonistes ne savent plus comment réagir, ni auprès qui trouver de l’aide. Il est étonnant que dès la révélation sur le père, personne ne se pose la question cruciale qui aurait mis la puce à l’oreille et les auraient rendu méfiant. Puisqu’il y a une menace de mort sur la vie de la jeune fille, pourquoi l’avoir fait venir à quelques jours de son anniversaire, au lieu de la retenir éloignée le temps qu’elle franchisse sa majorité. C’est donc que le piège était tendu, et donc le coupable évident. Et puis bien sûr, entre la mort qui guète, l’amour pointe son nez.

La réalisation est savamment dosée, même si de nos jours elle peut paraitre sensiblement désuète avec plaisir, entre ses cadrages inquiétants à souhait et ses travellings surprises. Les plans de la crypte et de l’abbaye en ruine ou celui de la tombe qui se referme, ou la vue plongeante sur le cercueil au couvercle de verre, qu’empruntera Hitchcock, donnent des frissons de plaisir. Selon les codes du genre, les filles sont belles et sexys, naïves et adorables, mais aussi courageuses et volontaires, loin des proies faciles. Le noir et blanc des images apporte idéalement la trame mystérieuse qui convient. En dehors de l’architecture austère, la campagne brumeuse et les bois alentour augment le sentiment de nasse sans issue.

Le cinéma gothique, ou le gothique au cinéma, tire sa source de la littérature du genre, dans lesquels les châteaux mystérieux et cryptes, couloirs sombres et oubliettes forment le cadre, où vivent vampires et fantômes, et se trament des complots morbides, aux malédictions qui ont pour victimes des jeunes filles sensuelles et apeurées. Il s’agit bien avant tout d’esthétisme dans laquelle se greffent des récits fantastiques. Car la littérature gothique est née dans l’Angleterre du XVIIIème siècle au moment de la renaissance qui relança un vif intérêt pour l’architecture médiévale religieuse et militaire, comme on a pu le voir avec Victor Hugo et son Notre Dame de Paris. Une sorte de fascination sur la déchéance médiévale dont il ne restait que des ruines, au moment du renouveau économique, politique et intellectuel.

Ce film sort en plein âge d’or du cinéma gothique, dont les italiens s'imprègnent avec succès, avec l’actrice Barbara Steele qui en sera une figure emblématique, et des réalisateurs Riccardo Freda et Mario Bava, Antonio Margheriti et Mario Caiano et bien sûr Alberto de Martino. Le marché américain de ces années-là en est tout aussi friand, et avait changé le titre original Horror en The Blancheville monster, et francisé les lieux et les personnages. Ainsi, l’histoire se passe dans le nord de la France, dans le château de la famille Blancheville, et le docteur s’appelait Lerouge. Si le film est italien de par son réalisateur et ses financements, il est surtout d’essence espagnol dans la majorité des interprètes et des lieux de tournage.

Un très beau casting avec Gérard Tichy inquiétant à souhait, comme Leo Anchóriz charmeur, et aux comédiennes sexys telle Ombretta Colli, à la carrière riche et variée, entre chanteuse, actrice et femme politique, qui de députée européenne, puis présidente de région, est actuellement sénatrice. Les belles rousses Helga Liné et Irán Eory sont émouvantes et fascinantes. Vanni Materassi et Paco Morán, de même qu’Emilia Wolkowicz et, Harry Winter, impriment longtemps de leur talent.

Le film Le manoir de la terreur est édité par Artus Films, et sortira dans les meilleurs bacs le 3 mars 2015. Le dvd est proposé en version française, et en version italienne sous titrée français. Dans ses bonus, un entretien Le monstre de Blancheville, apporte de nombreuses informations sur le film dans un entretien avec Alain Petit. Egalement, un diaporama d’affiches et de photos, et des bandes-annonces de la collection gothique qui donnent envie d’en découvrir encore plus.

Un grand merci à Artus Films au catalogue riche de films fantastiques et historiques, légendaires et épouvantes, de m’avoir permis cette belle découverte.

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7 février 2015 6 07 /02 /février /2015 10:45

Film aventuresque de Tom Gries (Le solitaire de fort Humboldt) qui nous conte une histoire d’évasion rocambolesque d’une prison mexicaine par hélicoptère, d’après le livre d'Eliot Asinof, Warren Hinckle et William Turner, The 10-second jailbreak: the helicopter escape of Joel David Kaplan, inspirée d'une histoire vraie.

Sur une décision arbitraire, l'homme d'affaires Jay Wagner est interné dans une prison mexicaine sur une fausse accusation de meurtre. Sa femme Ann engage Nick Colton, un aventurier et pilote chevronné, afin de faire évader son mari et le ramener aux States. La première tentative avec un petit avion est un fiasco qui manque de tourner à la catastrophe, qui va nécessiter de s’y reprendre avec préparation. Tombant amoureux de la jeune femme sans espoir, Nick va se surpasser en retentant l’aventure avec un hélicoptère. Opération rendu d’autant plus ardue, que les commanditaires de la mise en accusation ne sont pas loin.

Petit film gentillet qui ne va pas chercher loin en termes de réalisation et mise en scène. Le récit nous entraine en effet entre les préparations fastidieuses d’une opération aussi audacieuse, avec cependant des moments d’humour, comme les tentatives de se débarrasser d’un chèque en bois, et avec la femme du policier à vertu légère. De l’émotion aussi, avec les liens forts de la femme et de prisonnier qui voit sa santé péricliter, et l’amour naissant du pilote pour elle. On n’échappe pas aux bons gros clichés anti-latinos que cultivent malsainement les américains. J’ai passé pour autant un bon moment de plaisir tout de même à vivre cette épopée, même si ce n’est pas un film impérissable.

Mais il se trouve que tout l’intérêt de cette histoire est décuplé par sa source d’inspiration. En effet, cet exploit que l’on penserait tout hollywoodien qui soit, pour imaginer une telle opération d’évasion en hélicoptère jusque dans la cours d’une prison mexicaine, est tiré d’un fait divers réel. Joel David Kaplan surnommé Man Fan, était un homme d'affaires et neveu du magnat newyorkais Jacob M. Kaplan. Il avait été accusé en 1964 de financer la CIA en Amérique latine par le biais de sa société au Mexique. Il a été en outre reconnu coupable du meurtre à Mexico de son partenaire, Louis Melchior Vidal, Jr. alors qu’il a toujours clamé son innocence, et condamné à 28 ans de prison. Le 19 Août 1971, un hélicoptère a atterri dans la cour de la prison Santa Martha Acatitla où il était interné, pour l'évader, ainsi que Carlos Antonio Contreras Castro, vénézuélien. Ils ont été emmenés aux USA avant de se séparer, Kaplan en Californie et Castro au Guatemala. C’est l’une des premières évasions de prison à l’aide d'un hélicoptère, qui fût réalisée par le célère avocat Vasilios Basil Choulos. Il avait été contacté par la sœur du condamné, Judith Kaplan Dowis. Etonnamment, c’est un France que l’on doit le plus de tentatives et de réussites d’évasions dont les célèbres Michel Vaujour et Pascal Payet.

Charles Bronson (Bronco apache) dégage une fois de plus une aura qui impressionne, face à Robert Duvall (MASH) émouvant, et la tendre Jill Ireland (Le solitaire de fort Humboldt) toujours aussi adorablement marquante. Randy Quaid (Les fantômes de Goya) et l’hilarante Sheree North, comme John Huston (Les désaxés) et Sidney Clute, ou encore les Roy Jenson (La duchesse et le truand), Alejandro Rey (Mr. Majestic) et Alan Vint, qui donnent dans l’ambiance avec talent.

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 07:48

Simon West (12 heures) s’est inspiré du roman Heat de William Goldman, qui avait déjà donné lieu à une première adaptation, pour nous plonger dans la nuit de la capitale mondiale du jeu, perdue en plein désert, au main des toutes puissantes mafias, et nous délecter de vibrantes émotions des addictions dans un cercle infernal.

Dans le tourbillon de Las Vegas, se côtoient toutes sortent d’univers du jeu, des mafieux, de la drogue et de l’alcool, de la prostitution et des joueurs addicts. C’est le cas de Nick Wild, ex-marine reconvertit en garde du corps. Son rêve est de quitter cet enfer pour une vie plus saine aux tentations moins fortes, mais il lui faut gagner une somme conséquente qui entretien le cercle infernal. Une nuit, son ancienne compagne Holly, est violée d’une extrême violence, battue et laissée pour morte. Elle fait appel à Nick pour retrouver le coupable et le punir. Sauf que celui-ci n’est autre que Danny DeMarco, le rejeton taré d’une puissante famille du milieu.

Si en effet la trame de ce récit est on ne peut plus classique, dont le roman avait déjà donné lieu à un premier film, Banco -Heat- réalisé en 1986 par Jerry Jameson et Dick Richards, avec Burt Reynolds, Karen Young et Peter MacNico, il s’en sort avec intérêt par son ambiance et son style. Dans un savant mélange ambiance années cinquante remise au goût du jour, je me suis laissé porter par les protagonistes, l’atmosphère délétère et le cadre général souvent décrit avec condescendance dans les comédies. En dehors des mariages aux péripéties comiques des Very bad trip et consorts, il y a cette réalité plus sombre de la violence, des trafiquants de drogue et proxénètes et des malades du jeu d’argent qui ruinent des vies. Sans s’appesantir vraiment sur tous ces aspects, en une dramatique légère avec quelques traits d’humour, le survol est assez indicatif. J’ai apprécié que les scènes de violences soient plus subtiles que gore et démonstratives, leur donnant encore plus de force. Celle de la presque émasculation est impressionnante avec humour. N’étant pas fan des jeux, dont j’ai du mal à comprendre la passion dévorante et destructrice, le réalisateur a eu la sagesse de ne pas s’éterniser sur le tapis vert et de l’animer avec intelligence.

De fait, l’histoire est prenante sur une réalisation maitrisée avec une mise en scène subtile, des traits de comédies dramatiques qui alternent violences et tendresses, solitudes et solidarités en un bouillon de culture sans juste milieu que de se perdre ou s’enfuir le plus loin possible. La violence justement est suffisamment dosée pour être marquante en étant plus suggérée que montrée crument. De même que les parties de cartes donnent de l’intérêt et de la passion avec ces virevoltements de cartes et de regards et de tous ces signes détectables d’addiction maladives et suicidaires, donnant à comprendre le fonctionnement de la passion jusqu’au boutiste. Le casting apporte nombre de têtes d’affiche en leur donnant des rôles récurrents mais nuancés.

Ainsi Jason Statham (Expendables 3) joue de la castagne comme d’habitude mais avec plus de subtilité dans son jeu. De même Michael Angarano (The english teacher) est excellent, ainsi que Milo Ventimiglia (Grace de Monaco), alors que la trop belle Dominik García-Lorido (City island) fille d’Andy García, est marquante d’émotion et d’expression. La magnifique Hope Davis (Real steel) n’est pas en reste non plus. Max Casella (Apprenti Gigolo) et Stanley Tucci (Hunger games), comme Jason Alexander (L'amour extra large) et les belles Sofia Vergara (#Chef) et Anne Heche (Rampart) que j’adore.

3 étoiles

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 14:53

Film de science fiction de Koichi Sakamoto, dans le pur style manga nippon, où se mêlent arts martiaux et jolies filles héroïques dans un récit où se côtoient modernité et ancestralité, pour un polar thriller drôle et efficace avec autant d’émotion que de violence.

Dans une époque futuriste, se côtoient plusieurs mondes parallèles dont une force de police spéciale est chargée d’interdire les voyages inter-mondes. Cependant, un groupe de criminels, Doubt, voyage d’un univers à l’autre, mettant au défit le chef numérique de notre monde. Ai Osaka est une agent de police dimensionnelle qui est chargée de les traquer. Embarquée à son tour dans les transferts, elle est confrontée à son ancien partenaire Yui Momose, mais aussi à des découvertes et révélations stupéfiante qui vont lui ouvrir les yeux sur bien des disfonctionnements politiques et policiers.

Sur un rythme vif et alerte, selon des codes bien rodés, un peu confus au départ, on suit les pérégrinations de l’enquête à des vitesses lumière. Passant d’un monde à l’autre, où se retrouvent les doubles des protagonistes, se met en place les tenants et aboutissants de cette trame policière. A coups de castagnes, tels des danses de combats, des amitiés et des morts, l’ambiance prend une tournure souvent émouvante et terriblement sexy. Script minimaliste cependant, qui ferait l’objet d’un épisode d’une série fleuve, tant tout va vite, peu de chose sont étayée, et les portraits peu étoffés. On en viendrait à le regretter, ayant le sentiment qu’avec un peu plus de travail, il pouvait en sortir un film plus consistant. Cela reste de fait un divertissement pour ados, quelque peu bâclé, mais amusant.

Le casting, essentiellement féminin, est composé de jolies actrices pour le moins efficaces dans tous les compartiments du jeu. Ainsi, Nao Nagasawa et Ayumi Kinoshita, comme Yuko Takayama, sont touchantes et marquantes. Kohei Yamamoto et Kenji Ebisawa, comme Kentaro Shimazu (Outrage) et Kôji Nakamura (Wolverine : le combat de l'immortel) font tout autant preuve de sérieux, au profit d’une réalisation qui aurait mérité mieux.

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4 février 2015 3 04 /02 /février /2015 11:27

Sympathique et émouvante dramatique de Jean-Paul Rouve (Quand je serai petit), qui s’est inspiré du roman de David Foenkinos pour nous conter un récit sur des relations entre générations que seuls les souvenirs retiennent et entretiennent dans une réalité fictive au moment de changement et passage à une nouvelle vie.

Alors que Michel prend sa retraite, que son fils Romain décroche un emploi de veilleur de nuit dans un hôtel, et que sa femme Nathalie semble prendre des distances d’avec son comportement ronchon râleur au bord de la dépression de retraité, sa mère Madeleine de 85 ans donne quelques signes de fatigues. Romain, voit son petit monde chambouler. Entre son désir ardent de trouver l’amour, son père balance la grand-mère en maison de retraite sans son consentement avec la vente de son appartement sans retour possible. Celle-ci, disparaît sans donner crier gare. Commence alors pour le petit fils, une enquête pour la retrouver, et partager avec elle l’aventure de sa vie, et peut-être l’amour avec la belle Louise.

Sur un ton doucereux, entre humour et émotion, entrant gentiment dans l’intimité de cette famille, nous suivons les aléas des sautes d’humeurs de chacun, avec le débarras violent de la mère sans lui trouver de solutions plus humaines, l’entrée dans la vie d’adulte en même temps que l’entrée dans une nouvelle vie de retraité et que se termine celle de la grand-mère. Trois tranches de vie difficiles. Si je me suis laissé porter par l’ambiance sans vraiment adhérer aux protagonistes, je regrette quelques longueurs, comme celle dans la classe avec les enfants qui s’éternise un peu trop pour un apport approximatif. Sympathique dans l’ensemble, sans convaincre vraiment.

Michel Blanc (Les recettes du bonheur) nous le refait dans son style habituel à la Jean-Claude Dus, quand Annie Cordy est plutôt convaincante. Mathieu Spinosi (Les yeux jaunes des crocodiles) est sympa, mais c’est surtout Chantal Lauby (Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu ?) qui est la plus marquant avec sobriété et justesse. Audrey Lamy (La belle et la bête) comme William Lebghil (Les combattants), ainsi que la belle Flore Bonaventura (Casse tête chinois) passent bien, comme Daniel Morin et Jacques Boudet (Au fil d’Ariane), ou encore Arnaud Henriet (La prochaine fois je viserai le cœur) et Blanche Gardin (20 ans d'écart), Zohra Benali (Hippocrate) et Aurore Broutin (Week-ends).

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3 février 2015 2 03 /02 /février /2015 08:01

Pendant que de jour, Tod Browning réalisait son Dracula, George Melford, assisté d’Enrique Tovar Ávalos réalisait son film la nuit sur le même script, dans les même décors et les mêmes marquages au sol pour ses comédiens, pour un film en version espagnol, et finalement pour une réalisation de bien meilleure qualité, tant dans le découpage et la narration que dans la réalisation, les costumes et le jeu des comédiens.

Se rendant au château du comte de Dracula dans les Carpates, pour conclure une transaction immobilière, le notaire Renfield, est hypnotisé et devient son esclave servile. Ils se rendent à Londres en bateau, l’équipage ayant servi de repas au conte. Rapidement, il est attiré par Eva, la fille du directeur de l'hôpital psychiatrique où est retenu Redfield. Très vite, il dévore Lucia, la meilleure amie d’Eva. Bientôt, le docteur Van Helsing, spécialisé des vampires, vient en aide pour mettre fin aux exactions vampiresques du conte.

Profitant du spectacle de la réalisation américaine, l’équipe hispanique se préparait pour leur interprétation, avec le désir de faire mieux, presque dans un esprit de compétition. Et de fait Browning va apporter à son jeu de caméra, de traveling et des plans beaucoup plus audacieux et élaboré, donnant une grande vivacité à son récit. De même, esprit latin sans aucun doute, les vêtements et attitudes des actrices sont beaucoup plus échancrés et sexys, donnant un attrait certain. Ensuite, la trame étant certes la même, mais mise en valeur avec beaucoup plus d’à propos et de modernité dans le jeu de caméra comme celui des interprètes, l’histoire prend plus de relief et de consistance. J’ai une nette préférence pour cette version, où chaque plan est maitrisé avec un regard plus pétillant. La première scène dans le carrosse avec la jeune femme qui tombe sans cesse sur Renfield avec humour, est exemplaire de la totalité du film. L’ambiance qui règne est aussi plus crispante.

Quand aux interprètes, s’ils ne surpassent pas les anglo-saxons, ils les valent largement. Ainsi, Carlos Villarías est un excellent Conde Drácula, quand Lupita Tovar est excellentissimement puissante de charme et d’émotion, qui à bientôt 105 ans conserve encore son allant. Elle est la mère de l’actrice Susan Kohner et grand-mère de Paul Weitz (American pie), quand la belle Carmen Guerrero, va elle aussi sur ses 104 ans. Pablo Álvarez Rubio est excellent, de même Barry Norton et Eduardo Arozamena, comme José Soriano Viosca et Amelia Senisterra ou encore Manuel Arbó.

3 étoiles

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 11:11

Il fallait au moins se mettre à deux, Dominic Harari et Teresa Pelegri, pour réaliser un tel navet aussi épouvantablement mauvais, dont rien que le titre donne des aigreurs d’estomac avant même d'en gouter un zeste de ce ragout entre odeur fade et gout faisandé pour une comédie romantique par recettes de cuisine aussi opposées que les gouts et les couleurs, les épices et les saveurs.

Oliver est un critique gastronomique irlandais, passionnément amoureux de la bonne cuisine depuis sa plus tendre enfance. Eternel célibataire, ses aventures amoureuses ne guère que le temps de digérer un bon plat. Jusqu’au jour où il rencontre Bibiana, une belle espagnole écolo bio-végétarienne, tout aussi fantasque et à l’opposé de tout ce qui pourraient les réunir. De quiproquos en rencontres fortuites, ils finissent par se trouver une raison de s’aimer mais sans concession, cela promet des retours de flammes comme des retombées de soufflés.

A la base il était sans doute voulu montrer une union des plus clichés entre une espagnole à sang chaud et un irlandais à l’opposé aussi froid qu’un anglais, tant sur le plan culinaire que sur le plan sentimental, par météo qui plus est. Une dualité manichéenne aux clichés les plus simplistes. Ce n’est pas drôle, ni jaais touchants, c’est profondément faiblard et facile. La réalisation est pourtant sans temps morts, sans doute parce qu’il n’y a rien à dire et qu’il ne se passe pas grand-chose. On aurait encore pu se rattraper dans les décors cartes postales, mais que nenni ! Le gaspillage alimentaire pour des jeux de cuisines ne va pas vraiment dans le sens du respect développé dans le récit. La scène finale est là aussi d’un stéréotype qui fleure bon l’esprit métissage colonial bobo.

Les interprètes semblent vouloir y croire, comme Richard Coyle (Grabbers) particulièrement pénible, face à la jolie Leonor Watling (Another me). Il en est de même des Ciara Bailey et Michelle Beamish, de Lorcan Cranitch, Simon Delaney et de Robert Donnelly. les jeunes Zena Donnelly et Dillon Potter sont plus convaincants, ainsi que Jade Yourell, Ger Ryan et David Wilmot.

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 08:09

Long, très long, beaucoup trop long pour ce roman biblique vu, déjà vu et rabattu sans apporter aucune originalité à l’un des contes et les plus célèbres et pourtant totalement imaginaire, dont Ridley Scott (Cartel) n’a pas réussi dans cette 10ème version cinéma avec des effets spéciaux bas de gamme à nous y intéresser un temps soit peu. Une fois de plus, il s’enfonce dans l’impossible sursaut de retour à ce qu’il avait su faire de mieux.

Un présage sur une bataille entre Egyptiens et Hittites, laisse entendre que le demi frère de Ramsès pourrait non seulement le sauver mais prendre sa place dans les destinées de l’empire. De fait, la bataille voit Moïse sauver la vie de Ramsès et comme le héro du jour. A leur retour auprès du pharaon, l’animosité entre les deux hommes prend une tournure haineuse. Lors d’une visite des travaux de la pyramide, Moïse découvre une peuplade parmi tant d’autres, les hébreux, et apprend des informations sur sa naissance. Profitant d’un piège tendu par un potentat qui détourne des fonds public, Ramsès se débarrasse dans le désert de ce faux frère. Laissé pour mort, Moïse trouve le réconfort auprès de bédouins, dont il épouse rapidement une des filles, Tsippora. Quelques temps plus tard, l’irrépressible volonté le ramène en Egypte pour sortir le peuple juif vers la terre promise.

La Bible comme chacun le sait, est un livre qui a été écrit durant des siècles par une quarantaine d’auteurs dont Daniel est le plus célèbre. La rédaction fut arrêtée en 98 de notre ère à Alexandrie. Il est composé de poèmes, de pamphlets et d’histoires tantôt véridiques, tantôt tirées de contes et légendes locales. Ainsi, le passage de Moïse est un exemple concret de ce mixage qui a longtemps été crédibilisé grâce à tous les accessoires. Si historiquement la bataille de Qadesh qui a bien eu lieu en 1274 av. J.C. entre l'empire hittite de Muwatalli -des grecs d’Anatolie- et l’empire égyptien de Ramsès II, qui a vu une issue incertaine au point de créer un traité de paix de cinquante ans auquel s’est joint l’empire Perse. Il n’y a pas l’ombre de Moïse. Et pour cause, il s’agit d’un personnage fictif et imaginaire, dont le but politique des auteurs était de reprendre en main les hébreux, qui se complaisaint et s’intégraient dans la société égyptienne. Le personnage de Moïse apparaît dans le Livre de l'Exode, composé de divers éléments d'écritures, inspiré de la légende du roi mésopotamien Sargon d'Akkad sauvé des eaux. Contrairement aux films, Moïse n’est pas un jeune homme quand il part pour sa mission, car il a 80 ans, pour mourir à 120 ans. Moïse, dans la culture juive est le tournant du polythéisme en monothéisme grâce à Akhenaton et son dieu unique Aton. Car jusque là, le judaïsme était païen comme toutes les religions de l'époque. L’intérêt des orthodoxes juifs dans la création de Moïse est éminemment politique. La communauté juive spécialisée dans la fabrication et la vente de briques, très prisées dans les constructions pharaoniques, s'y embourgeoisait. D’où l’intérêt de quitter le pays.

Enfin, grossière erreur historique inventée dans la Bible et pérennisée dans les péplums, est l'image d'une Égypte employant une multitude d'esclaves à la construction de leurs monuments. L’apparition de l'esclavage date de l'invasion grecque par Alexandre le Grand, longtemps après cette histoire. Auparavant, il s’agissait le plus souvent de forme de salariat, ou de servitude temporaire volontaire durant la crue du Nil, comme le prouve les découvertes archéologiques, avec les baraquements et cimetières civils près des pyramides, qui indiquent que les ouvriers étaient bien traités. Les prisonniers de guerre pouvaient être asservis avant une intégration dans la société égyptienne. Il a même été retrouvé le salaire qu’ils percevaient, et des grèves se produisaient régulièrement.

Du coup, cette réalisation perdure dans l’erreur historique en sus d’une mauvaise qualité cinématographique. Les effets sont de piètre qualité, la mise en scène souvent confuse pour un manque de recul politique et religieux qui confère à cette légende une propagande malhonnête. C’est donc long, et pas spécialement bien joué et surtout jamais passionnant. Nous sommes loin de Charlton Heston dans Les dix commandements tout aussi bibliquement aussi peu crédible mais d’une telle intensité marquante.

Un casting choral comme il se doit pour ce genre de production, avec un Christian Bale (American bluff) pas des plus crédibles des masses, face à Joel Edgerton (Gatsby le Magnifique) et John Turturro (Apprenti Gigolo) qui font ce qu’ils peuvent, comme Aaron Paul (American party) et Ben Mendelsohn (Perfect mothers), ainsi que Sigourney Weaver (Vamps) et Ben Kingsley (La stratégie Ender). Les belles María Valverde (Cracks) et Golshifteh Farahani (My sweet pepper land), de même Isaac Andrews (Hercule) et Indira Varma (Coup de foudre à Bollywood), ou encore Hiam Abbass (Rock the casbah) et Tara Fitzgerald (Rose & Cassandra), limitent tout autant la casse.

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 18:58

Comédie burlesque des plus désopilantes de Fred Schepisi et Robert Young dans la veine d’Un poisson nommé Wanda, d’après un script de l’éternel John Cleese qui réussissait encore à nous embarquer dans son univers délirant, cette fois-ci au cœur d’un zoo en danger.

Le richissime magnat américain d’Octopus Inc., Rod McCain vient d'acquérir le sympathique zoo anglais de Marwood. Selon son habitude, il renfloue provisoirement ses acquisitions avant de les revendre. C’est dans cette intention qu’il sa chargée de basses œuvres Willa Weston, quand Rollo Lee devient le nouveau directeur. Pour parvenir à augmenter de 20% le chiffre d’affaire, il décide de transformer le zoo en parc d’attraction avec seulement des animaux féroces. Ainsi, il ordonne la mise à mort de tous les animaux gentils et mignons, aux cris d’horreurs du personnel. Avec Willa, ils vont tout faire pour contrecarrer le projet et sauver le zoo et ses locataires.

Dans la plus parfaite bouffonnaderie, nous avons droit à une multitude de gags et de répliques, entre situations cocasses vaudevillesques à l’humour british toujours osé, jamais déplacé et toujours efficace. De fait, je me suis amusé comme un petit fou tant c’est drôle potache et attendrissant. Le récit est plein de fantaisies, de clins d’œil ponctués de messages tant économiques et politiques dans un esprit sarcastique. Les gags sont toujours courts avec ce petit zeste d’humour très particulier qui fait mouche à chaque fois. On sent une équipe plaine d’amitié de longue date. D’ailleurs, sans être une suite d’Un poisson nommé Wanda, la plupart des interprètes s’y retrouvent. De nombreuses références parsèment le récit, au point qu’en Pologne, le film est sorti sous le titre Lemur zwany Rollo -Un lémurien appelé Rollo- qui en dit long. A la suite de la diffusion auprès d’un public test qui avait été mécontents de la fin proposée, le réalisateur à du refaire la fin.

Un casting idéal avec John Cleese aux commandes face à la belle Jamie Lee Curtis (Un fauteuil pour deux) drôle et pétillante, que Michael Palin et Kevin Kline (Last Vegas) dans deux rôles, sont épouvantablement hillarants, ainsi que Ronnie Corbet (Cadavres à la pelle) et la belle Carey Lowell, ex madame Gere, Robert Lindsay (Grace de Monaco) et Bille Brown (Killer elite), Derek Griffiths et Cynthia Cleese, fille de John, Richard Ridings (La planète des singes : les origines) et Maria Aitken (Asylum), mais encore Michael Percival et Lisa Hogan, sont tous au top de la comédie avec facétie et talent.

3 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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