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5 décembre 2017 2 05 /12 /décembre /2017 09:58

Excellente comédie réalisée par Steven Soderbergh (Effets secondaires), qui pour son grand retour s’est attelé avec entrain à ce polar délirant sur une histoire originale de Rebecca Blunt.

Poursuivi depuis toujours par la malchance, Jimmy Logan se fait licencier de son entreprise de BTP à cause de sa jambe boiteuse qui a déjà ruiné ses rêves sportifs en université. Il arrive à convaincre son frère Clyde dans son projet délirant d’un braquage durant la légendaire course de voitures. Il embarque dans son hasardeuse aventure très risquée, le criminel Joe Bang, alors encore en prison, et ses deux frères Fish et Sam, jusqu’à sa jeune belle sœur Mellie.

On s’attend absolument à tout dans cette histoire rocambolesque et qui ne vient pas pour une succession de surprises, de rebondissements, de gags ponctués de répliques et de mimiques impayables. À l’inverse de Ocean’s eleven, notre gang de bras cassés, plus malchanceux et maladroits les uns que les autres, plus bêtes à manger du foin, tout est réuni pour un fiasco prévisible.

Et pourtant, de belles surprises nous attendent au tournant, avec un humour magistral dans une opération aussi improbable qu'inimaginable. Aussi, je me suis beaucoup amusé à m’être laissé prendre avec plaisir à ce récit qui fonctionne à merveille jusqu’à la dernière seconde d'un récit où l'on sent que le réalisateur et les interprètes se sont donnés à cœur joie.

Avec les excellents Channing Tatum (Les huit salopards) et Seth MacFarlane (Albert à l’ouest), Adam Driver (Paterson), Daniel Craig (007 Spectre) et Riley Keough (Mad Max: fury road), Katie Holmes (La femme au tableau), la petite Farrah Mackenzie, Katherine Waterston, Dwight Yoakam, Sebastian Stan, Jack Quaid, Brian Gleeson, Hilary Swank, David Denman, Macon Blair, Jim O'Heir et Brandon Ray Olive.

3 étoiles

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4 décembre 2017 1 04 /12 /décembre /2017 10:38

Un très grand merci à Sidonis Calysta pour m’avoir permis de découvrir ce western réalisé en 1956 par Robert D Webb, avec la première apparition cinématographique du légendaire King Elvis Presley pour une carrière d’une trentaine de films. d'après une histoire de Maurice Geraghty.

Au dernier jour de la guerre civile américaine, des confédérés s’emparent de la solde des yankees, sans alors savoir que les hostilités sont terminées depuis la veille. Le lieutenant Vance Reno, ses frères Brett et Ray, le sergent Mike Gavin et deux autres cavaliers, décident de se partager la somme et rentrer chez eux. La joie du retour tourne au drame quand Vance apprend que sa fiancée le croyant mort s’est mariée avec le petit dernier de la fratrie Clint. Le choc est rude pour les amoureux désormais séparés, et la haine monte de la part de Clint envers son frère qui décide de partir quand des nordistes veulent récupérer l’argent volé.

Un western pour le moins différent du genre, avec une certain idée de clip long-métrage promotionnel du chanteur. A l’origine, Elvis Prespley rêvait de devenir acteur comme ses idoles de l’époque, et ne voulait pas chanter dans le film, mais c’était sans compter sur son manager le « colonel » Tom Parker et son sens des affaires et de la promotion. Ainsi, dans un récit classique, s’intercalent des chansons rock and roll à la bande son de qualité supérieure au film qui détonne, et aux célèbres déhanchés du King pas franchement glamour ni d’époque donnant un caractère irrésistiblement comique au drame qui se joue. Cependant, le récit se laisse vivre avec plaisir tant les protagonistes sont attachants et les deux trames fonctionnent parfaitement.

De fait, je me suis bien amusé à suivre les péripéties des frères si proches et ennemis, avec le petit dernier pathétique de jalousie, et les cavalcades pour tenter de rendre l'argent en échange de la liberté. De fait, la trame est sympathique à suivre entre la rivalité amoureuse et les poursuites judiciaires, les amitiés, amours et haines. Étonnant constat sur l’argent qui importe plus que les meurtres de soldats alors que la guerre était terminée. Une réalisation soignée sur un récit maitrisé pour l’entrée de la légende du rock dans le septième art dans un costume à la James Dean.

Avec la prestation d'Elvis Presley, face aux excellents Richard Egan (Duel dans la boue) et la très belle Debra Paget (Le bord de la rivière), Robert Middleton, William Campbell et Neville Brand, James Drury, Russ Conway et Ken Clark, Barry Coe, Mildred Dunnock et Bruce Bennett (Le masque arraché).

 

Le film Le cavalier du crepuscule, distribué par Sidonis Calysta et sa page Facebook, est disponible en DVD dans les meilleurs bacs depuis le 1er décembre 2017. Il est proposé en version originale anglaise sous-titrée français. Dans les suppléments, la présentation passionnante du film par Patrick Brion et par François Guerif.

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3 décembre 2017 7 03 /12 /décembre /2017 10:07

Un grand merci à Universal Pictures pour m’avoir permis de découvrir ce beau biopic britanique, réalisé par Niki Caro, d'après le roman de Diane Ackerman qui s'est inspirée du journal d'Antonina Żabińska sur les activités en temps de guerre de la famille Żabiński.

A la tête du zoo de Varsovie, Jan Żabiński et sa femme Antonina Żabińska gèrent les animaux avec passion, quand la seconde guerre mondiale éclate. La plupart des animaux sont tués sous les bombardements, et les autres dévorés par les occupants allemands. Le zoologiste nazi Lutz Heck, désire utiliser le zoo pour tenter de ressusciter l’Auroch préhistorique par manipulation génétique. Cependant, avec le ghetto juif de Varsovie qui s’instaure, Jan et son jeune fils Ryszard arrive à faire sortir de nombreux juifs qu’ils cachent avec Antonina dans le zoo et chez eux, avant de les faire partir du pays occupé.

Un film passionnément émouvant, sur une famille polonaise qui a réussi à sauver plus de 300 juifs de la mort, au nez et à la barde des nazis, avec un culot et un sang froid magnifique. Des résistants qui au même titre qu’Irena Sendlerowa, ont été Juste parmi les Nations pour leur humanité et leur courage face à l’innommable barbarie qui a sévit dans toute l’Europe. J’ai été touché par la narration humble et sensible de cette dramatique, en nous mêlant à cette famille aimante qui n’hésite jamais à obéir à leur cœur et leur raison face aux terribles risques encourus. J’ai été aussi étonné qu’un résistant polonais blessé au combat ait été fait prisonnier et libéré, qui tient plus que du miracle et laisse plus qu’incrédule.

Une belle réalisation, dans le cadre d’un zoo loin d’imaginer en pleine guerre pour un sort aussi inattendu de sauvegarde d’êtres humains en lieu et place d’animaux rares pour une terrible parabole. Des images superbes sur une mise en scène maitrisée, sans doute parfois un peu trop pathos comme le retour de Jan, et beaucoup d’émotion avec les survivants. Ainsi, la restitution de l’époque est soignée, donnant un aperçu sibyllin du contexte historique inspiré du journal de Antonina Żabińska.

Femme de Jan Żabiński, directeur du zoo de Varsovie, qui a écrit près de 60 livres de vulgarisation scientifique, quand elle-même est auteure de plusieurs livres pour enfants, du point de vue des animaux. Quand à Lutz Heck, zoologiste nazi et SS Hauptsturmführer, et son frère Heinz, a tenté de ressusciter l’Auroch et un cheval préhistorique en vain, mais a aussi permis de sauver le bison d'Europe (wisent) de l'extinction. Les frères nazis n’ont pas été inquiétés, et ont fini leurs jours en toute quiétude.

Avec les excellents Jessica Chastain (Seul sur Mars), Johan Heldenbergh (Les confessions) et Daniel Brühl (Captain America: civil war), le jeune Timothy Radford, Efrat Dor et Iddo Goldberg, Shira Haas, Michael McElhatton et Val Maloku, Martha Issová, Daniel Ratimorský et Frederick Preston, Theo Preston, Viktoria Zakharyanova et Goran Kostic, Natasa Burger, Hana Frejková et les petites Viktorie Jenicková, Adira B. Cole Abbett et Hana Pindurová.

Le film La femme du gardien de zoo, distribué par Universal Pictures, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 21 novembre 2017 en DVD et Bluray. Il est proposé en version anglaise sous-titrée français, et version française. Dans les suppléments, des scènes coupées, le documentaire du film, et un entretien avec les enfants du couple, Ryszard Żabiński et Teresa Żabińska.

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1 décembre 2017 5 01 /12 /décembre /2017 10:25

Un très grand merci à Blaq out pour m’avoir permis de découvrir cette excellente dramatique sociétale sud coréenne réalisée en 2016 par Kim Ki-duk (Samaria), pour un constat cornélien entre une même nation coupée en deux antagonismes manichéens.

Petit pêcheur nord-coréen, Nam Chul-woo se rend chaque jour dans un lac frontalier entre les deux Corée, quand son filet se coince dans l’hélice du moteur. A son corps défendant, il se retrouve bientôt du côté sud-coréen, rapidement arrêté il est envoyé aux services de la CIA comme espion. D'interrogatoires musclés aux tentations vers la liberté, Nam ne cesse de penser à sa famille en danger avec la battage médiatique entre les deux pays.

Kim Ki-duk revient avec la frontière entre les deux Corée après son The coast guard, et comment serait il en être autrement d’un pays coupé en deux, déchiré et mutilé depuis plus de soixante ans en un véritable traumatisme ? Résidu de la guerre froide entre l’Est et l’Ouest qui subsiste encore de nos jours au détriment de millions d’habitants, avec la menace d’une guerre nucléaire grandissante.

Un choc frontal idéologique entre un capitalisme ultralibéral et un nazisme rouge intolérable qui enferme un peuple dans une sorte de camp de concentration à l’échelle d’une nation. Avec ce récit, deux paranoïas se font face, deux antagonismes inconciliables et dont la réunification est loin d’être à l’ordre du jour et qui pourtant est le rêve de familles séparées. Il suffirait sans doute de peu, comme ce soldat nord-coréen qui a fait défection ces derniers jours. Une très belle trame, qui nous plonge au cœur du nœud gordien dans lequel ce pauvre pêcheur symbolise bien la situation générale des deux peuples. J’ai beaucoup aimé la paranoïa des deux camps, pour différentes raisons mais aux mêmes procédés.

Une réalisation comme le réalisateur aime nous entrainer, entre un calme olympien et une violence marquante, sur des images superbes et une mise en scène implacable, navigant entre subtilité du récit et trash des images. Ainsi, les deux mondes, l’archaïsme totalitaire du nord face à cette liberté du sud, se découvre la misère des uns face au luxe de l’autre, comme des technologies qui donnent une vision manichéenne du fossé qui sépare les deux états entre bien et au mal, en apportant une nuance sur les excès et les dérives.

Avec les excellents Ryoo Seung-bum et Lee Won-geun, Kim Young-min et Choi Gwi-hwa, Ahn Ji-hye, Jeong Ha-dam et Lee Sol-gu, Lee Eun-woo. Son Min-Suk, Sung Hyun-Ah et Park Ji-il, Jo Jae-Ryong, Yang Hyun-Min et Lee Jong-Min, Lee Sun-Goo et Heo Joon-Seok.

Le film Entre deux rives, distribué par Blaq out, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 1er décembre 2017 en DVD. Il est proposé en audio sud coréen sous-titré français. Dans les suppléments, des scènes coupées et un entretien avec le réalisateur.

3 étoiles

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30 novembre 2017 4 30 /11 /novembre /2017 09:55

Un très grand merci à Pathé pour m’avoir permis de découvrir cette excellente comédie cultissime, réalisée en 1982 par Jean Yanne, dans une version Nouvelle copie intégralement restaurée à partir d’un master 4K du film, qui redonne toute le plaisir.

Dans la ville petite colonie romaine en d’Afrique du nord de Rahatlocum, où Jules César passe ses vacances, la colère gronde dans le peuple. Ben-Hur Marcel est désigné comme porte parole, aussitôt emprisonné. Cependant, que la reine d’Égypte Cléopâtre se rend auprès de l’empereur romain pour conclure un mariage peu du gout du tribun, quand le consul Demetrius manipule Ben-Hur Marcel dans un faux complot contre César, et ce deux heures moins le quart avant Jésus-Christ.

Je me suis véritablement éclaté devant cette comédie la moins historique possible dans un vrai pastiche, avec une multitude d’anachronismes et de références bibliques, politiques et cinématographiques. Ainsi, mélangeant les genres, époques et technologies, abordant diverses thématiques, le récit complétement loufoque est un pur régale tant par la performance des interprètes que dans notre recherche de toutes les erreurs volontaires qui pullules à foison dans chaque image, dans chaque phrase avec des jeux de mot potaches irrésistibles. 35 ans nous séparent de cette trame et pas une seule ride pour autant de plaisir, avec toujours la bonhommie d’un Coluche égal à lui-même avec son talent d’humoriste inoubliable et cette générosité qui transparait en le rendant toujours aussi attachant.

Une comédie déjantée issue du coffret Coluche - Coffret 5 films : Tchao Pantin + Inspecteur la bavure + Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ + Banzaï + La femme de mon pote, dont la réalisation de Jean Yanne ne perd pas de temps entre chaque gags et répliques, dans des décors complétement loufoques sur une narration endiablée dans des décors cartons pates pour notre plus grand plaisir.

Avec un superbe casting choral inépuisable, dont Coluche (Inspecteur la bavure), Michel Serrault (Les diaboliques), Jean Yanne, Françoise Fabian (Le prénom), Michel Auclair (Maigret et l'affaire Saint-Fiacre), Mimi Coutelier, Darry Cowl, Paul Préboist, Daniel Emilfork, André Pousse, Michel Constantin, Philippe Clay, Valérie Mairesse (Banzaï), Léon Zitrone et Yves Mourousi.

Le film Deux heures moins le quart avant Jésus-Christ, distribué par Pathé, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 22 novembre 2017 en Combo Collector Blu-ray + DVD et un DVD de bonus. Il est proposé en audiovision, et version sous-titrée pour sourds et malentendants, ainsi que des sous-titres anglais. Dans les suppléments, un documentaire inédit avec interviews et images de l’expo Coluche organisée à l’Hôtel de Ville de Paris en 2016, ainsi qu’un documentaire sur Coluche acteur (Paris Première, 2016).

3 étoiles

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29 novembre 2017 3 29 /11 /novembre /2017 11:03

Bien sympathique comédie romantique loufoque de Tarek Boudali, qui pour son premier long-métrage reprend tous les clichés sur les gays avec un humour décapant dans un récit tonitruant pour une ambiance déjantée au possible.

Après ses années d’études d’architectures financées par sa famille au Maroc, Yassine manque le concours crucial et plante sa petite amie Claire. Honte de lui, il fait croire être un brillant architecte quand il est ouvrier en situation irrégulière sur les chantiers. Sur le point d’être expulsé au pays, il décide de se marier avec son meilleur ami Fred qui lui évite d’épouser sa petite amie Lisa. Un mariage blanc que le flaire de l’inspecteur Dussar, très soupçoneux, décide de ne pas les lâcher d’une semelle, et leur mène une vie d’enfer augmentant les gaffes des uns et des autres.

Avec un humour gentil comme j’aime, je me suis beaucoup amusé de toutes ces situations vaudevillesques cocasses, dénonçant avec subtilité les clichés homophobes -comme dans Poltergay- tout en en jouant avec délectation. Schéma classique mais efficace pour une distraction salutaire qui fonctionne avec beaucoup de légèreté entre les quiproquos, chassés croisés, sous-entendus et révélations qui ne cesses de déferler entre gags potaches et répliques cultes en devenir. La réalisation est maitrisée, vive et alerte et sans temps mort pour mieux nous balader et surprendre avec bonhommie et passer un bon moment de détente.

Avec Tarek Boudali (Alibi.com), Philippe Lacheau (Babysitting 2), les belles Charlotte Gabris (Les gazelles) et Andy Rowsky, David Marsais (La folle histoire de Max et Léon), Julien Arruti (Paris à tout prix), Baya Belal (Cheba Louisa), Philippe Duquesne (Au revoir là-haut), Zinedine Soualem (Chacun sa vie), Doudou Masta, Yves Pignot et Fatsah Bouyahmed, Ramzy Bedia (Une vie ailleurs), Charlie Vincent et Nadia Kounda.

3 étoiles

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28 novembre 2017 2 28 /11 /novembre /2017 17:17

Un grand merci à Artus Films pour m’avoir permis de découvrir ce thriller d’angoisse et d’horreur réalisé en 1953 par Hugo Fregonese (The raid), d’après le roman The lodger de Marie Belloc Lowndes, Clifford, dans la peur du célèbre Jack l’éventreur.

Londres de 1888 est sous couvre feu et quadrillé par des milliers de policiers, à la recherche du tueur Jack l’éventreur, dont une troisième victime vient d’être retrouvée. Quand le docteur Slade se présente chez Helen et William Harley pour louer une chambre, il prend également le grenier pour ses expériences médicales. Cependant que la terreur règne avec le meurtre d’une autre jeune femme qui venait de rendre visite à la nièce des Harley, la belle actrice de cabaret Lily Bonner s’entiche de Slade. L’enquête de l’inspecteur Paul Warwick tourne en rond tout en étant tout autant attiré par la jeune femme que Slade dont le comportement inquiète Helen Harley.

Faisant sienne l’étude de Melville Macnaghten, chef du département d'enquêtes criminelles de Scotland Yard, la trame du roman s'adapte sur les cinq meurtres canoniques et le profil du tueur, plus psychologique que sur les victimes -des artistes au lieu de prostituées- le récit nous plonge avec délice sur l’angoissant monsieur Slade. En effet, tout semble converger les suspicions vers ce personnage patibulaire de Slade en lui trouvant sans cesse des circonstances atténuantes pour le disculper, rendant d’autant plus intriguant le mystère qui plane sur cette enquête.

Une angoisse qui monte avec l'inquiétude  de madame Harley face à la confiance de Lily amoureuse aveugle, qui qui contrebalance nos certitudes et rajoute à nos questionnement sur le présumé coupable. J'ai beaucoup aimé l'ambiance délétère qui règne entre l'enquête policière inefficace, les doutes dans la maison, et le beau ballet avec ses chansons légères face à la lourde atmosphère de la ville.

Un tueur Mister Jeckyll mister Hyde, qui échappe à la vigilance de la police en tuant sous leurs yeux. Je me suis beaucoup amusé à suivre cette trame qui sait nous manipuler pour maintenir le suspens jusqu’au bout. L'angoisse est bien présente, avec aussi une pointe d'humour quant aux protagonistes que la narration qui amène les événements à point nommés et les éléments éparses vers le coupable. La réalisation est soignée avec une mise en scène cadrée, qui nous épargne le gore du slasher pour mieux impressionner par les réactions et se focaliser sur la personnalité du tueur. 

La terrible histoire de ce tueur en série à jamais inconnu malgré les hypothèses les plus folles, a inspiré nombre d’œuvres, romans, théâtres, films et téléfilms et autres dérivés. Il en est de même du roman de Marie Belloc Lowndes, écrit en 1913, qui a été adapté au cinéma, dès 1927 par Alfred Hitchcock avec Les cheveux d'or, suivi en 1932 par Meurtres de Maurice Elvey, puis Jack l'Éventreur par John Brahm en 1944, L'Étrange Mr. Slade d’Hugo Fregonese en 1953, et enfin The lodger par David Ondaatje en 2009.

Avec Jack Palance (Le masque arraché), la belle Constance Smith, elle-même "spécialiste" du poignard sur son mari, Byron Palmer et Frances Bavier, Rhys Williams et Sean McClory, Leslie Bradley, Tita Phillips et Lester Matthews, Harry Cording, Lisa Daniels, Lilian Bond et Isabel Jewell.

Le film L'étrange Mr Slade, issu de la collection Les classiques américains, distribué par Artus Films, est disponible dans les meilleurs bacs dès le 5 décembre 2017 en DVD. Il est proposé en version originale anglaise sous-titrée français.

3 étoiles

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27 novembre 2017 1 27 /11 /novembre /2017 19:06

Un grand merci à Damned Films pour m’avoir permis de découvrir ce film portugais entre fiction et documentaire sociétale, réalisé en 2016 par Marco Martins, sur les épouvantables comportements des sociétés de recouvrements de créances des endettés de la crise.

En pleine crise financière et économique, les portugais endettés ne peuvent plus rembourser les dettes contractées. Jorge boxeur au chômage et fauché, doit faire face avec sa femme qui souhaite rentrer chez elle au Brésil, son jeune fils et son père acariâtre. Dans ce Portugal en crise, les créanciers voient les sociétés de recouvrement employer les méthodes musclées. Jorge est embauché en temps que boxeur pour intimider par la violence pour le paiement des dettes.

Un très beau film, dur et impitoyable sur la description crapuleuse des sociétés de recouvrement aux méthodes mafieuses, entre harcèlements, menaces et violences, au vue et au su du gouvernement portugais. Alors que la crise à fermé les entreprises, ruiné les épargnants, mis les travailleurs au chômage, les emprunts sont devenus de fait insolvables. Non content d’avoir incité les petites gens à des prêts, puis avoir mis à sac l’économie entière, les nantis n’ont pas hésité à revendre les dettes à des sociétés de recouvrements qui se sont acharné à rentabiliser jusqu’à l’horreur par des méthodes mafieuses.

Le récit prend un quidam parmi tant d’autres dans un quotidien des plus compliqués pour nous transposer dans les méandres de la misère sociale poursuivie jusque dans ses moindres recoins pour être encore plus durement traqué, humilié et bafoué… et qui perdure encore de nos jours.

Une réalisation sombre et crispante de par un regard neutre qui s’infiltre dans l’intimité de chacun avec une insistance crue du malheur sur lequel les vautours de la finance s'acharnent à ronger la misère jusqu’à l’os. De beaux portraits se dégagent de la moiteur ambiante entre les monstrueux protagonistes et la masse silencieuse qui souffre en espérant encore au retour sans illusion. Une vision du monde actuel, dure et violente, résultante d’un capitaliste ultra libéral sans humanité, pas prêt hélas d’en voir la fin.

Avec la crise économique et financière qui a fortement touché l'Union européenne et plus particulièrement la Grèce, l'Irlande, le Portugal et Chypre, une demande d’aide financière a été demandée pour renflouer leurs caisses. Les gouvernements se sont donc tournés vers la Banque centrale européenne, la Commission européenne et le Fonds monétaire international : la fameuse troïka. En 2011, le Portugal, suite de la crise économique qui a augmenté le prix de ses emprunts, et un déficit public élevé, avait fait appel à un plan de sauvetage sur trois ans, sans qu’en 2014 les efforts fussent terminés. L’attitude des hommes en noir, les représentants de la troïka furent impitoyables, au point de remettre un temps en question leurs pouvoirs sans contrôle ni surveillance. Tout ce qui fait que les plus europhiles virent europhobes, et menace l'Europe des Brexits.

Avec les excellents Nuno Lopes et Mariana Nunes, le jeune David Semedo, José Raposo et Jean-Pierre Martins, Ricardo Fernandes et Rodrigo Almeida, Paulo Batata, Fátima Inocênci, ainsi que Paulo Afonso, Ana Gonçalves, Salvador Santos et Beatriz Batarda, Paulo Seco et Gonçalo Waddington.

Le film Saint Georges, distribué par Damned Films, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 7 novembre 2017 en DVD. Il est proposé en version originale portugaise sous-titrée français.

3 étoiles

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25 novembre 2017 6 25 /11 /novembre /2017 10:37

Un très grand merci à Blaq out pour m’avoir permis de découvrir cette excellente dramatique sociétale chinoise réalisée en 2016 par Feng Xiaogang, d’après le roman Je n'ai pas tué mon mari de Liu Zhenyun.

Pour avoir voulu un appartement plus grand, Li Xuelian a eu l’idée de simuler un divorce de son mari Qin Yuhe. Une vraie fausse séparation en vue de de remarier dès réalisation du projet. Sauf que Qin s’est entre-temps remarié avec une autre jeune femme. Déçue et humiliée, Li en appel à la justice qui va remonter jusqu’en haut lieu du parti communiste à Pékin.

Une superbe histoire d’un combat tout en subtilité dans l’absurde où la raison prend son sens à la révélation finale. Une satire fabuleuse de cette femme obstinée envers en contre tous, qui grippe un système politique qui se fait prendre se fait prendre à ses propres pièges entre l’inertie et la corruption d'un parti aux mentalités archaïques. Un témoignage fascinant et terriblement émouvant de cette jeune femme qui se bat durant dix ans pour une justice contre le sort qui la blesse au plus profond de son être.

J’ai beaucoup aimé ce récit dans lequel se dégage une poésie dramatique avec une dose d’humour pleine de tendresse.

Une étonnante traduction du titre, entre celui du roman Je n'ai pas tué mon mari qui correspond pleinement au récit, quand il n’y a aucun rapport avec Madame Bovary ni en adultère ni en meurtre, insultée par son mari en Pan Jinlian. Une très belle réalisation, avec une image ronde comme un regard centré sur l’essentiel, quelque peu déroutant dans nos habitudes entre le format cinéma ou carré, mais qui très vite envoute en nous mettant dans une position de spectateur au bout d'une lorgnette, avec cette compassion complice.

Une mise en scène de fait qui s’accorde à un récit tout en subtilité arrivant entre surprises et de rebondissements nous tient en haleine. Couleurs et lumières maitrisées, restituent les différentes ambiances selon les tensions et les émotions nous touchent sans nous lâcher pour nous libérer avec apaisement.

Avec la belle, émouvante et excellente Fan Bingbing (X Men: days of future past), face à Guo Tao, Da Peng et Jiayi Zhang, Yu Hewei, Yi Zhang et Chengpeng Dong, Zonghan Li, Wei Fan et Guo Nong, Qin Yuhe et Hua Liu, Jia Congming et Lixin Zhao, ainsi que la voix de Feng Xiaogang.

Le film I am not Madame Bovary, distribué par Blaq out, est disponible dans les meilleurs bacs depuis le 13 novembre 2017 en DVD. Il est proposé en version chinoise sous-titrée français. Dans les suppléments, un entretien avec Feng Xiaogang et Fan Bingbing au Festival de San Sebastián.

3 étoiles

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24 novembre 2017 5 24 /11 /novembre /2017 09:53

Ava

Par le biais de Arte, j’ai pu découvrir cette dramatique réalisée en 2016 par Léa Mysius, pour son premier long métrage d’auteur, nous entraine dans une virée road movie désespérée aux multiples expériences.

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite…

Une fois de plus, le thème de la maladie de la rétinite pigmentaire, dont je suis également atteint,  déjà abordé au cinéma dans Le congrès et Le cœur en braille, sert plus de prétexte à des délires et excès de désespoir et passage à l’amère vie adulte. De fait, cette trame nous conte la fuite vertigineuse d’une pré-ado qui reçoit la mauvaise nouvelle pour se délurer en baroude d'honneur plus comme une crise d’ado. Avec un manque de subtilité pour du trash, dans une évasion borderline de la jeune Ava vers les extrêmes dont la réalisatrice à la caméra voyeuse et crue ne nous épargne rien.

Entre les relations sexuelles avec le premier venu sous les yeux de sa fille et des enfants du voisinage, et le sexe grand ouvert de la mère plus proche de la pornographie, nous assistons à la totale nudité de la gamine de 13 ans sous tous les angles pour le moins dérangeant, quand bien même l’actrice en ait 16, restant mineure, limite pédophile. Difficile de prendre cette trame comme un récit classique, d’une jeune malade désespérée qui s’enfuit avec un manouche caillera pour toucher le fond. Une première réalisation nerveuse de cinéma d’auteur sans concession, sans limite ni interdit, pleine de couleur riche et vive pour une trame qui tend à illustrer l’état d’esprit de la gamine.

Avec la jeune Noée Abita excellente face à Laure Calamy (Embrasse-moi !), Juan Cano et Tamara Cano, Daouda Diakhate et Baptiste Archimbaud, Ismaël Capelot et Carmen Gimenez, Mary Lefèvre et Vincent Grousset, Paul Meulins et Mila Cheuzzi.

Le film Ava, distribué par Arte, disponible depuis le 8 novembre 2017 en DVD et VOD. Il est proposé en version sous titré français pour sourds et malentendants, ainsi que sous-titre anglais. Dans les suppléments. un entretien avec la réalisatrice, et L'île jaune, court métrage réalisé par Léa Mysius et Paul Guilhaume.

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