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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 15:46

Sombre et terrible histoire tirée de la réalité, réalisée avec émotion et tension par Bennett Miller (Le stratège) dans un style épuré qui nous plonge dans une atmosphère délétère au cœur d’un sport olympique pour un drame aussi surprenant qu'inattendu de part les raisons et les conditions.

Dave Schultz est un champion olympique de lutte libre, qui se voit proposé en 1986 un partenariat par le millionnaire John Eleuthère du Pont. Celui-ci souhaite sponsoriser l'équipe américaine dans sa Foxcatcher Farm. Entre Dave et John, une forte amitié se lie comme d’un père et son fils, avec une forte autorité de dominant sur un dominé consenti dans le respect mutuel, mais qui devient lourd et oppressant. Très vite, leur complicité navigue dans les eaux dangereuses de la drogue et d’un autoritarisme violent jusqu’à la gifle de trop qui plonge le jeune sportif dans un repli sur soit et un refus de se soumettre aux quatre volontés tyrannique d’un fou furieux.

Sur une réalisation sobre, la tension palpable monte crescendo jusqu’à l’inattendue à laquelle je ne m’attendais pas et m’a terriblement surpris. N’ayant pas lu le script à l’avance comme toujours pour me garder la surprise et le recul, j’ai donc été très pris par l’ambiance sourde, les relations glauques et glaciales, et la violence dans l’air. La mise en scène est savamment dosée pour nous laisser le soin d’acaper le contexte et les profils. L’attitude de John à la Don Corleone déconnecté de tout sens de la réalité de par sa fortune, son éducation et sa folie coincée entre son autoritarisme psychotique et son homosexualité refoulée jusqu’à l’étouffement insane, nous asphyxie comme le pauvre Dave. Merveilleusement interprété, je me suis laissé prendre au jeu, à la mise en scène d’une réalisation de talent.

Historiquement, David Leslie « Dave » Schultz, né en juin 1959, était lutteur médaillé d'or olympique aux Jeux olympiques d'été de 1984 ainsi que plusieurs victoires en championnats du monde. Son frère, Mark Schultz, lutteur lui aussi, avait également été sacré champion olympique en 1984 à Los Angeles. Suite au meurtre le 26 janvier 1996, John Eleuthère du Pont a été condamné en 1997 et mort en prison le 9 décembre 2010.

Avec ce rôle, Channing Tatum (22 Jump Street) révèle des sensibilités et qualités de comédien autres qu’avec ses muscles bien trop longtemps cachés. Plus que tout, Steve Carell (Légendes vivantes) est transfiguré en une sorte de parrain impressionnant d’effroi, qui ne nous étonne pas tant il est plein talents. De même Mark Ruffalo (New York Melody) est excellent d’émotion et de conviction, comme la belle Sienna Miller (Just like a woman), ou l’excellente Vanessa Redgrave (Le temps d'un été). Anthony Michael Hall, Brett Rice (Tous les espoirs sont permis) et Guy Boyd (Winter passing) ne sont pas en reste.

3 étoiles

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 15:07

Avec ce polar, Henri-Georges Clouzot réalisait pour son premier long métrage un véritable chef-d’œuvre d’une extrême modernité, avec un humour et une subtilité sans pareil alors, tant par les dialogues que par l’interprétation qu’avec une vision de la mise en scène et du sens de la caméra, d’après le roman de l’écrivain belge Stanislas-André Steeman.

Dans Paris, sévit un tueur en série qui laisse sa carte de visite M. Durand sur chacune de ses victimes après les avoir dument délestés. Le commissaire Wenceslas Vorobeïtchik se voit imposer un ultimatum par sa direction via le ministre pour résoudre cette affaire au plus vite. Un de ses indics lui refile l’adresse probable du tueur après avoir trouver un stock de cartes de visite lors d’un cambriolage. Le policier décide de mener son enquête à la pension des Mimosas au 21 avenue Junot en se faisant passer pour un pasteur. Les pensionnaires sont hauts en couleurs et chacun d’eux serait soupçonnable. Ça se complique avec l’arrivée de Mila Malou, la fiancée de Wen, comédienne en herbe. Après avoir porté ses soupçons sur un des pensionnaires qui est appréhendé, les meurtres continuent, compliquant tout raisonnement et mettant la vie du policier en danger.

L’assassin habite au 21 ou comme le disait mon grand père, Le criminel au douze, qui fait encore rire dans les anecdotes familiales, est sans conteste un des meilleurs films de notre cinéma, surtout réalisé dans les années quarante. La modernité du texte, où sans vulgarité le sexe est sans tabou contrairement aux années chastes des années d’après guerre qui plomberont la société dans une pudibonderie étouffante. La trame est drôle et vive, les protagonistes sans concession sont taillé à la serpe avec des profils qui semblent tous des coupables idéals pour mieux brouiller les pistes. Sorte de Cluedo et d’Agatha Christie avant l’heure, je me suis bidonné à suivre l’enquête saupoudrée de quiproquos parfois vaudevillesque entre des portes qui claques et des morts qui tombent comme des mouches. L’humour noir est à son comble avant le cynisme meurtrier. C’est plein de bonnes répliques et réparties, de gags et coup

La réalisation est tout aussi moderne avec un jeu plus vif et nerveux, aux angles et perspectives comme le plongeon de la lame sur le clochard nouveau riche, ou la boulette de papier lancée dans la corbeille, sont des exemples de chants de caméra remarquablement innovants. Le noir et blanc est magnifiquement maitrisé et d’une belle clarté visuelle comme sensorielle. J’ai donc adoré ce film, tout en ne pouvant m’empêcher de penser que pendant ce temps, des trains emmenaient à la mort des milliers spectateurs et qu’aux quatre coins du mondes la folie humaine s’entre-exterminait par millions.

Pierre Fresnay (Les vieux de la vieille) est absolument ébouriffant de talent, face à Suzy Delair, alors la compagne du réalisateur, qui a fêté ses 97 ans le 31 décembre, est génialissime d’humour et de tendresse. De même Pierre Larquey et Noël Roquevert sont excellentissimes, ainsi que Jean Tissier et Odette Talazac Natol. Etonnamment je n’ai rien trouvé sur la belle Huguette Vivier, mis à part seulement 7 films en 18 mois avec les plus grands entre 1942 et 1943. Jean Despeaux, réel boxeur professionnel, il avait remporté la médaille d'or aux Jeux olympiques d'été de 1936 dans la catégorie poids moyens. Maximilienne et Sylvette Saugé, Louis Florencie et André Gabriello, ou encore Raymond Bussières et Christiane Perret, sont excellents. Et en observant bien à la fin, un certain Daniel Gélin.

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 10:25

Pour leur premier long métrage Noémie Saglio et Maxime Govare s’attaque à une comédie qui à la base est amusante avec les quiproquos aussi inattendus que possible, et dont le message subliminale s’avère en même temps source d’interprétation malaisée.

Après une soirée trop arrosée en boite de nuit, Jérémy Deprez se réveille au petit matin dans un lit avec la magnifique et belle inconnue Adna, après avoir à priori copulé en bonne et du forme. Rien de grave en soit, si ce n’est que le beau gosse trentenaire est gay, va bientôt se marier avec son amoureux, et qu’il n’avait jamais encore eut de relations hétérosexuelles. Troublé, il met ça sur le dos de l’alcool en tentant d’oublier cette incartade. Sauf qu’il n’a plus d’envie pour son chéri, pas plus que pour une autre femme, mais semblerait amoureux de sa jolie suédoise. Une remise en cause de son orientation sexuelle qui le préoccupe autant que ses proches.

J’avoue avoir ressenti un certain malaise dans le discours et le message sous entendu, qui pourrait s’interpréter comme une homophobie sournoise. J’ai cru entendre des slogans des anti-mariage pour tous, avec notamment la harangue contre la gay pride, mais aussi avec cette hétérotisation qui semble aller dans le sens d’une remise dans le « droit » chemin d’une « normalisation ». Aussi, je ne suis pas sûr que ce film soit aussi innocent qu’il y parait, et s’il n’avait pas cette intention, le script est soit mal écrit soit je l’ai mal interprété et c’est qu’il y a un hic quelque part dans l’écriture et la réalisation. Pour au temps, au premier degré, le récit par lui-même est assez drôle, le vaudeville forcément désolant d’un amour brisé au profit d’un autre, trouve quelques gags pour amusé un temps soit peu. D’autant plus troublant que la mise en scène scinde en deux parties opposées. La première est dans la comédie burlesque, pour tendre ensuite vers une dramatique qui s’alourdi inutilement avec le voyage en Suède sans intérêt.

Pio Marmai (Des lendemains qui chantent) se bonifie enfin au fil de rôles dans lesquels il s’impose. Franck Gastambide (Les gazelles) et Camille Cottin (Il était une fois, une fois) passent bien. Première fois aussi pour Adrianna Gradziel, avec intérêt. Lannick Gautry (La cage dorée) et Frédéric Pierrot (Jeune & jolie), Isabelle Candelier (Gemma Bovery) et Sébastien Castro (Amour sur place ou à emporter), ainsi que Nicole Ferroni et Jean Etienne Guiraud s’en sortent pas trop mal également.

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 10:13

Sans être vraiment un remake de Westworld mais très fortement inspiré, Brian A. Miller (The outsider) prolonge la réflexion engagée par Michael Crichton, déjà poursuivi par Richard T. Heffron dans Futureworld, par un mixage saupoudré des deux films mais tombant hélas dans le piège d’un tel sujet aussi récurent que l’intelligence artificielle et les rapports humains / robots.

Dans le club nouvelle génération Vice dirigé par Julian Michaels, les fantasmes sexuels ou meurtriers sans risques sont l’apanage de la station. Ainsi, sur des humanoïdes copies parfaites d’êtres humains, les pires sévices se produisent, viols, tortures et meurtres à répétition chaque jour. La nuit, la mémoire informatique des robots est effacée en même temps que les réparations d’usages. Toutefois, la belle Kelly a des réminiscences qui se conjuguent à une conscience qui se développe dans ses circuits. A la suite d’une ultime réparation des suites d’une mort violente, elle s’enfuit du centre et se retrouve dans la ville, poursuivi par des tueurs de Vice. Dans le même temps, Roy, commissaire de police, tente d’arrêter la corruption du centre et ses violences, se met également à sa poursuite.

Si à la base je trouve que l’idée d’aller plus loin dans la réflexion sur le monde de la robotique ntelligente et des perversions défouloirs de violence était intéressante, je regrette d’autres excès qui contredirent la démarche. Car d’aborder la perversité humaine sur des humanoïdes d’une rare intensité violente et ses conséquences psychiques jusque dans la réalité qui se répercute chez les humains, est excellent, était il besoin à se point d’en montrer autant par l’image et le son ? D’entrée de jeu nous avons droit à une scène extrêmement violente d’une femme battue à mort qui supplie à l'aide, des deux jeunes femmes sauvagement assassinées, et j’en passe. N’est-ce pas un de la part du réalisateur devenir l’un de ces clients infâmes, qui semble prendre un malsain plaisir d’en montrer tant ? Je n’aime pas que l’on me mette en position de voyeur et complice de telles barbaries. La suggestion eut été beaucoup plus pertinente. Je n’ai pas non plus apprécié cette vision où les robots sont libérés par leur maître créateur, et non par eux-mêmes comme c’est le cas dans la version originelle suite à un bug informatique. C’est leur retirer leur libre arbitre et leur évolution sensorielle. Après, ce n’est pas parce qu’ils ressemblent à s’y méprendre à notre image, bien qu’avec une technologie évoluée haut de gamme, que ces machines sont humaines. Imaginons un instant, si les sex toys venaient à garder en mémoire leurs activités, et à se révolter ou vouloir vivre sa propre vie ? Un beau film en perspective…

La réalisation est soignée, sur un scénario classique et minimaliste avec une fin extrêmement attendue, et beaucoup trop de courses poursuites. Enfin, je trouve quand même que les tueurs professionnels ne sont pas très doués avec leurs mitrailleuses, pour rater sans cesse leur cible et se faire butter aussi facilement. Il ne reste en définitive que des regrets de ne pas avoir mieux travailler le script, céder à la facilité pour sombrer dans un polar aux diverses pistes qui se perdent en court de route au profit d’une histoire au final pathétique.

La très belle Ambyr Childers (2 guns) bien sexy pour une mormone, est émouvante à souhait, face à Thomas Jane (White bird) pas trop mal, de même que Bryan Greenberg (Sexe entre amis). Bruce Willis (Red 2) est un peu ridicule en passant, mais comme l’ensemble avec Johnathon Schaech (La légende d’Hercule) et Charlotte Kirk (Non-stop), Brett Granstaff et Ryan O'Nan (Suspect).

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13 février 2015 5 13 /02 /février /2015 15:24

L’ Interview qui tue ! : Photo James Franco, Lizzy Caplan, Seth RogenDéjà de la paire pour C’est la fin, Evan Goldberg et Seth Rogen se sont lancés dans cette aventure sans se douter une seule seconde qu’ils allaient faire la Une internationale et créer des tensions diplomatiques entre les Etats-Unis et la dictature communiste de Corée du Nord et des réactions aussi violentes qu'injustifiées avec des protestations et des menaces de mort encore plus débile que le film lui-même.

Dave Skylark et son producteur Aaron Rapoport tiennent Skylark tonight, une émission d’interviews de télé réalité en directe. Suite au méga succès avec le chanteur Eminem, ils ont la surprise d’une demande d’interview avec le dictateur nord-coréen Kim Jong-un, afin de donner une bonne et fausse image de lui. Surprise et consternation passées, ils sont recrutés par la CIA pour profiter de cette opportunité à Pyongyang de préparer l'assassinat du dirigeant. Entre le coup de foudre entre Aaron et la belle Sook et l’amitié naissante entre Dave et Kim, et les multiples maladresses des apprentis tueurs, la mission s’avère pour le moins mal embrayée.

Quand bien même il n’y aurait pas eu ce bug au retentissement international, j’aurai été voir le film quoiqu’il arrive, et ma réaction eut été la même. Et je me suis bidonné comme à chaque fois dans les délires épouvantablement potaches, trashs et ras des pâquerettes de notre duo impayable qui entre grossièretés et vulgarités, gags et quiproquos énormes. C’est hallucinant de mauvais goûts en tous genres avec une efficacité maximale, mais j’ai éclaté de rire. C’est évidemment du granguignolesque de comédie burlesque qu’il faut prendre pour ce que c’est, avec un esprit d’ado moyen. La preuve que les tyrans en tous genres sont des cons, mais ça, ce n’est hélas pas nouveau.

Du coup, James Franco (Veronica Mars) et Seth Rogen (22 jump street) se lâchent totalement sans limites dans les excès, face à Randall Park (Sex tape) absolument divin, et ma belle Lizzy Caplan (Bachelorette) que j’adore, de même l’excellente Diana Bang (Mon amour de colo) est drôle et pleine de charme. Les Timothy Simons et Reese Alexander (Horns), comme Charles Rahi Chun (La malédiction de Molly Hartley) et Eminem, participent au délire ambiant avec malice.

3 étoiles

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 12:59

Film autobiographique de John Boorman, faisant suite au film Hope and Glory -La guerre à sept ans, narrant avec humour et sensibilité ses souvenirs de jeunesse entre le service militaire dans un contexte de guerre et les amitiés indéfectibles, les premiers émois amoureux et le passage à la vie adulte à l'orée du couronnement de la reine.

1952, en pleine guerre de Corée, le jeune Bill Rohan de 18 ans, est appelé pour effectuer ses deux années de service militaire. Il est affecté en tant qu’instructeur dans un camp d’entraînement pour les jeunes soldats britanniques avant leur départ pour la Corée. Il devient ami avec Percy, un camarade peu enclin aux rigueurs militaires, surtout avec leur Sergent Major Bradley, véritable psychopathe qui en fait baver à tous avec un certain cynisme. Ils vont tout faire pour se débarrasser de cet illuminé. Parallèlement, l’amour est dans l’air, entre une belle jeune infirmière, une sœur et cette étrange jeune femme aristocratique.

J’ai beaucoup aimé l’ambiance de ces années cinquante, entre cette terrible guerre qui sévissait alors entre les deux Corées dans une lutte meurtrière entre Est et Ouest, et où participaient allègrement français et britanniques aux côtés des américains, contre la chinois et russes. Une ambiance de guerre après la seconde guerre mondiale, en sourdine dans le quotidien, dont la vie de caserne déjà pénible en temps de paix prenait des allures plus angoissantes encore. Une époque où avoir dix-huit ans est aussi celle du passage à la vie adulte, à liberté et à l’amour. Boorman nous plonge dans cette atmosphère avec un délice. Mes parents ont acheté leur premier téléviseur lors de l’intronisation de le reine Elisabeth II, et j’imaginais en voyant les réactions de la famille Boorman celle des miens. La reconstitution de ces années nous immerge totalement avec une forme doucereuse nostalgie sans regret. L’amitié entre les deux jeunes garçons sera de longue durée puisque Percy épousera la sœur de Bill qui épousera son infirmière. Une belle histoire, pour un beau film sur une belle réalisation, et un beau casting.

Ainsi, Callum Turner est plein de vivacité et de talent, face à Caleb Landry Jones (Bysantium) très marquant, et Pat Shortt (Calvary) et Richard E. Grant (La dame de fer) sont parfaits, de même David Thewlis (Le cinquième pouvoir) est excellent. Les belles Tamsin Egerton (St Trinian's 2) et Vanessa Kirby (Il était temps), Aimee-Ffion Edwards, Miriam Rizea et Sinéad Cusack (La colère des titans) sont émouvantes. David Hayman (Jack Ryan initiative) et John Standing sont dans l’ambiance générale.

3 étoiles

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12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 10:52

Comédie burlesque de Charles Barton, réalisateur très prolifique, pour un pastiche des films d’horreurs des Dracula et Frankenstein, du loup garou jusqu’à L’homme invisible sur un ton d’humour pince sans rire où le geste se mêle aux dialogues avec beaucoup d’efficacité et de célérité dans la succession des gags et de réparties.

Chick Young et Wilbur Brown travaille au service de réception des bagages d'une compagnie de chemin de fer. Ils sont chargés de livrer au Musée des Horreurs deux caisses venues d’Europe contenants les restes de Frankenstein et du comte Dracula, qui se réveillent et se font la belle en pleine nature. Pendant ce temps, le bon petit gros Wilbur se fait courtisé par la très belle Sandra Mornay au grand dam de son ami qui ne comprend pas cette idylle naissante. D’autant qu’une autre jeune femme aussi canon Jean Raymond, semble sensible à son manque total de charme et d’intelligence. Mais grâce à Lawrence Talbot qui leur avoue être un loup-garou en chasse de Dracula afin de l'empêcher de greffer un nouveau cerveau plus docile sur Frankenstein, tout s’claire sur les motivations entre celle qui est chirurgienne, et l’autre travaille pour la compagnie d’assurance des caisses. S’ensuit alors une folle cavalcade pour arrêter les monstres et éviter le pire.

J’ignore de quand date le premier film pastiche, mais celui-ci est plein de saveur comique, tant dans les dialogues que dans les simagrées du duo burlesque. Avec d’autant plus le célèbre Bela Lugosi qui se pastiche lui-même avec un humour diabolique. Je me suis beaucoup amusé tellement l’histoire est non seulement drôle et gentille, mais aussi subtilement écrite. Bien sûr, il y a une part tarte à la crème classique et les quiproquos inhérents au genre, mais les réparties sont souvent savoureuses, parfois subtiles avec des références et sous entendus à choper avec vivacité. Le final est un vrai feu d’artifice. L’insertion d’effet d’animation en 2D de la chauve souris rajoute du comic book détourné de l’œuvre originelle. La transformation en loup garou est également d’un comique irrépressible.

Le duo Bud Abbott et Lou Costello, a été durant des décennies les célèbres comiques, qui ont tournés trente-six films le plus souvent de Deux nigauds… et ont fait le succès de leur carrière. A tel point qu’ils ont eu droit à une série animée Abbott et Costello cartoon montrer. Lon Chaney Jr., est absolument irrésistible, de même l’excellent Bela Lugosi (Dracula), et Glenn Strange. Les belles Lenore Aubert et Jane Randolph, sont drôles et émouvantes, charmeuses et pleines de talent. Enfin, Frank Ferguson et Charles Bradstreet, s’en donnent également à cœur joie.

3 étoiles

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11 février 2015 3 11 /02 /février /2015 10:53

Film thriller polar à l’ambiance oppressante de J. C. Chandor (All is lost) qui nous entraine dans le New-York de l'année 1981, considérée comme la plus violente qu'ait connue la ville de toute son histoire, dans un véritable far-west où tout est permis en quasi impunité totale que rien ne semble arrêter.

Abel Morales est à la tête d’une petite entreprise de livraison de pétrole aux entreprises comme à des particuliers. Depuis quelques mois, ses camions sont régulièrement attaqués et le chargement pillé. Un préjudice financier qui lui porte tort pour son chiffre d’affaire, d’autant que la concurrence est rude, et au moment où il vient se s’engager dans l’achat d’un terminal portuaire qui le rendrait beaucoup plus rentable. Dans un contexte de violence généralisée dans la ville, et de corruption, il se refuse de se salir les mains. Un parti prit honorable qui risque de lui faire perdre tout ce qu’il a construit depuis vingt ans, et menace la sécurité de sa famille comme de ses employés. Il se lance dans une enquête pour trouver les fonds nécessaire pour conclure son achat, et trouver qui est derrière les vols incessants.

Véritable plongée dans une époque pour le moins pourrie, où à chaque seconde un vol, un meurtre, un viol, un braquage est commis dans une mégalopole, où plus personne ne se sent en sécurité. J’ai beaucoup aimé cette immersion dans un univers crispant, même si assez vite on devine qui est le coupable. L’ambiance quasi surréaliste dans laquelle vivent et nagent en complète paranoïa les habitants susceptibles d’être la prochaine victime, où se juxtapose en voix of la radio qui annonce telle une infernale litanie comme un cœur qui bat le rythme en chamade mortelle. La réalisation est soignée, la restitution d’une époque époustouflante. Quand la mise en scène est savamment dosée pour ne jamais nous lâcher d’une seconde. La petite morale finale se termine avec une note amusante et bien pessimiste quand aux résolutions de chacun.

Oscar Isaac (The two faces of january) est parfait tout en nuance, face à la belle Jessica Chastain (Interstellar) excellente en tout point. Il en est de meme d’Albert Brooks (40 ans : mode d'emploi) et David Oyelowo (Jack Reacher), comme d’Alessandro Nivola (American bluff) et Elyes Gabel (World war Z), mais aussi la belle Catalina Sandino Moreno (Magic magic) et Peter Gerety (Flight), Christopher Abbott (Martha Marcy May Marlene) et Ashley Williams (Margin call), ainsi que les enfants Giselle Eisenberg (Sex tape) et Taylor Richardson (The girl in the park).

3 étoiles

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9 février 2015 1 09 /02 /février /2015 23:11

Thomas Ngijol (Case départ), nous concocte une histoire d’où l’on ne sait jamais s’il faut y voir de la comédie qui rarement s’avère comique, ou de dramatique qui rarement arrive à émouvoir, donnant au final une trame malaisée qui ressent plus la maladresse que la fantaisie, qui se résume à ne pas savoir sur quel pied danser.

Depuis qu’il a décroché une médaille d'argent aux Jeux olympiques quelques années auparavant, sur des fautes de la part de ses adversaires, Franklin Ébagé végète dans sa carrière comme dans sa vie privé. A 34 ans, il rêve encore de briller coût que coût. Sans sponsors, ce n’est pas le peu du peu que son agent Lionel lui trouve qui le fait vivre. Il vit aux crochets de sa compagne Pauline, et de son pote Samir. Mythomane, hâbleur, mégalo irresponsable, il cherche sans cesse à briller aux yeux de tous et surtout de lui-même, et tous pour ça les coups sont permis, surtout les pires.

Plus que l’histoire en elle-même, qui en soit est intéressante et se laisse suivre, c’est le ton imprimé dans l’ambiance qui m’a un peu mis à l’écart du récit. Le personnage en soit est loin d’être sympathique, tant il n’est ni drôle ni émouvant, provocant un rejet instinctif sans même jamais provoquer de compassion. Un point de départ qui a du mal à emporter cependant l’adhésion mais dont le profil est pour le moins travaillé pour décrire un personnage haut en couleurs avec une réflexion sur les sportifs et leur devenir et ressenti face à la célébrité éphémère. Ensuite, une réalisation avec l’ambiance qui est imprimé, et les sautes de tensions et rythmes qui sans cesse cassent la dynamique de base m’a laissé un peu pantois.

Thomas Ngijol (Le crocodile du Botswanga) reste sur ce qu’il sait faire de mieux, mais qui en solo passe moins vin que d’habitude. Quand sa compagne dans la vie, Karole Rocher (Les yeux jaunes des crocodiles) laisse une meilleure impression, de même que Julien Boisselier (SMS) et Yazid Ait Hamoudi. Olivier Marchal (Belle comme la femme d'un autre) et Clément Moreau, comme Olivia Biffot est bien jolie et marquante de talent, ainsi que le rappeur ivoirien Kaaris. Fabrice Eboué (Amour sur place ou à emporter) n’est jamais loin même en caméo.

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8 février 2015 7 08 /02 /février /2015 15:59

Grace à Artus Films, j’ai eu plaisir de découvrir ce film gothique d’Alberto de Martino réalisé en 1962 selon les codes du genre, entre du Edgar Allan Poe et du Hitchcock, dans la pure tradition des monsters aux ambiances horrifiques et aux suspens inquiètants, aux angoisses et aux protagonistes le plus souvent féminines très sensuelles tout autant victimes que rebelles, dans des cadres et atmosphères délétères. 

1884, en Ecosse, Emily Blackford rentre au château familial, accompagnée de sa meilleure amie d’université, Alice Taylor et son frère John. Ils sont reçus par son frère Roderick Blackford, particulièrement peu affable. Emily est troublée par tous les changements intervenus depuis la mort accidentelle de leur père dans un incendie. Le personnel a été intégralement remplacé, tel le majordome Aleister et la gouvernante Eleanor, jusqu’au séduisant docteur Eggwell. Entre le cadre glacial de la propriété, la froideur des occupants et la météo pluvieuse, des hurlements les font frissonner. Dans la nuit, Emily surprend avec effroi, la gouvernante avec un monstre défiguré. Il semble que le père ne soit pas mort, et même qu’il veuille empêcher une prophétie familiale qui annonce la fin des Blackford aux 21 ans de la dernière descendante, à savoir Emily, qu’il veut tuer d’ici les 5 jours de son anniversaire.

J’avoue que je me suis bien régalé dans ce sombre récit à l’ambiance surréaliste, où plane en permanence une atmosphère délétère et dont on ne sait d’où et par qui va venir le danger mortel. Une parano s’installe rapidement, dans un cadre idéal pour nous inquiéter. D’autant que les protagonistes ne savent plus comment réagir, ni auprès qui trouver de l’aide. Il est étonnant que dès la révélation sur le père, personne ne se pose la question cruciale qui aurait mis la puce à l’oreille et les auraient rendu méfiant. Puisqu’il y a une menace de mort sur la vie de la jeune fille, pourquoi l’avoir fait venir à quelques jours de son anniversaire, au lieu de la retenir éloignée le temps qu’elle franchisse sa majorité. C’est donc que le piège était tendu, et donc le coupable évident. Et puis bien sûr, entre la mort qui guète, l’amour pointe son nez.

La réalisation est savamment dosée, même si de nos jours elle peut paraitre sensiblement désuète avec plaisir, entre ses cadrages inquiétants à souhait et ses travellings surprises. Les plans de la crypte et de l’abbaye en ruine ou celui de la tombe qui se referme, ou la vue plongeante sur le cercueil au couvercle de verre, qu’empruntera Hitchcock, donnent des frissons de plaisir. Selon les codes du genre, les filles sont belles et sexys, naïves et adorables, mais aussi courageuses et volontaires, loin des proies faciles. Le noir et blanc des images apporte idéalement la trame mystérieuse qui convient. En dehors de l’architecture austère, la campagne brumeuse et les bois alentour augment le sentiment de nasse sans issue.

Le cinéma gothique, ou le gothique au cinéma, tire sa source de la littérature du genre, dans lesquels les châteaux mystérieux et cryptes, couloirs sombres et oubliettes forment le cadre, où vivent vampires et fantômes, et se trament des complots morbides, aux malédictions qui ont pour victimes des jeunes filles sensuelles et apeurées. Il s’agit bien avant tout d’esthétisme dans laquelle se greffent des récits fantastiques. Car la littérature gothique est née dans l’Angleterre du XVIIIème siècle au moment de la renaissance qui relança un vif intérêt pour l’architecture médiévale religieuse et militaire, comme on a pu le voir avec Victor Hugo et son Notre Dame de Paris. Une sorte de fascination sur la déchéance médiévale dont il ne restait que des ruines, au moment du renouveau économique, politique et intellectuel.

Ce film sort en plein âge d’or du cinéma gothique, dont les italiens s'imprègnent avec succès, avec l’actrice Barbara Steele qui en sera une figure emblématique, et des réalisateurs Riccardo Freda et Mario Bava, Antonio Margheriti et Mario Caiano et bien sûr Alberto de Martino. Le marché américain de ces années-là en est tout aussi friand, et avait changé le titre original Horror en The Blancheville monster, et francisé les lieux et les personnages. Ainsi, l’histoire se passe dans le nord de la France, dans le château de la famille Blancheville, et le docteur s’appelait Lerouge. Si le film est italien de par son réalisateur et ses financements, il est surtout d’essence espagnol dans la majorité des interprètes et des lieux de tournage.

Un très beau casting avec Gérard Tichy inquiétant à souhait, comme Leo Anchóriz charmeur, et aux comédiennes sexys telle Ombretta Colli, à la carrière riche et variée, entre chanteuse, actrice et femme politique, qui de députée européenne, puis présidente de région, est actuellement sénatrice. Les belles rousses Helga Liné et Irán Eory sont émouvantes et fascinantes. Vanni Materassi et Paco Morán, de même qu’Emilia Wolkowicz et, Harry Winter, impriment longtemps de leur talent.

Le film Le manoir de la terreur est édité par Artus Films, et sortira dans les meilleurs bacs le 3 mars 2015. Le dvd est proposé en version française, et en version italienne sous titrée français. Dans ses bonus, un entretien Le monstre de Blancheville, apporte de nombreuses informations sur le film dans un entretien avec Alain Petit. Egalement, un diaporama d’affiches et de photos, et des bandes-annonces de la collection gothique qui donnent envie d’en découvrir encore plus.

Un grand merci à Artus Films au catalogue riche de films fantastiques et historiques, légendaires et épouvantes, de m’avoir permis cette belle découverte.

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