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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 16:11

Pour son cinquième long métrage, Richard Berry s’est lancé dans l’adaptation de la pièce de théâtre d’Eric Assous, en une comédie à divers thématiques et dans laquelle il joue également sur scène.

Max, Paul et Simon sont des amis depuis 35 ans. Trois bons gros bobos sexagénaires qui se retrouvent régulièrement lors de soirées ou de vacances d’une longue et fidèle amitié. Ce soir, Simon arrive avec près d’une heure de retard chez Max quand Paul est déjà là, et leur annonce catastrophé, avoir tué sa jeune femme Estelle dans un accès de colère. Il leur demande de le couvrir auprès de la police en mentant sur son heure d’arrivée. Commence alors une longue nuit de conciliabule, de disputes et extrapolations pour savoir s’ils doivent mentir pour éviter la prison, ou dire la vérité qui condamnerait leur meilleur ami.

Il faut croire que les amitiés marchent en sainte trinité. Une fois de plus, trois amis, car dans tous les canevas récents tel Entre amis des sexagénaires également, avec là aussi une jeunette de trente ans pour l’un d’eux. Si bien entendu on peut rire de tout et de n’importe quoi, quelque soit la conclusion de ce récit, je trouve malgré tout malaisé l’humour sur la violence conjugale quand on connaît les chiffres er les souffrances qu’endurent des milliers de femmes, dont plusieurs centaines sont cruellement assassinées. Alors, il s’agit ici d’une comédie, où le point central est axé essentiellement sur cette amitié dont la question est justement de savoir s’il se doit être indéfectible ou a des limites. Sont abordés d’autres thèmes sensibles comme l’écart d’âge qui ne choque personne sauf quand ce pourrait être leur fille, révélant des morales mal placées. L’ensemble de la trame n’est guère passionnante de part ses baisses de régimes qui cassent le rythme, avec de brusques tirades passionnées en envolées d’anthologie et qui se termine platement.

Si la réalisation fait illusion d’entrée de jeu avec les vues extérieures, très vite nous sommes confinés dans l’appartement telle la scène d’un théâtre, et ce malgré les tentatives d’extériorisation. C’est le cas avec le trajet en voiture, et donc en vase clos, ou dans les réminiscences de l’agression. Nous restons donc dans le cadre, certes animé, de la scène, et par conséquent le jeu des interprètes s’en ressent également. Cependant, ça marche plutôt bien, par une aération de la mise en scène plutôt vive et sympathique.

Si Daniel Auteuil (Entre amis) et Richard Berry (Avant l’hiver) sont issus de la pièce, Thierry Lhermitte (Quai d’Orsay) remplace Didier Flamand. Côté femmes, qu’il n’y a pas dans la pièce, c’est Pauline Lefevre (Salaud, on t'aime.) et Joséphine Berry, la fifille à son papa, qui sont les plus à l’œuvre avec efficacité, quand Mireille Perrier (Comme un homme) en dormeuse congénitale, et surtout Pascale Louange (Le marquis), compagne de Richard de plus de vingt ans d'écart tant dénoncé dans le film, font des apparitions.

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 11:13

Gentillette histoire de Denis Dercourt qui, pour sa neuvième réalisation a librement adapté le livre autobiographique Sur mes quatre jambes, de Bernard Sachsé, ancien cascadeur équestre de cinéma, en retrouvant ses passions pour le cheval et le piano.

A la suite d’un grave accident sur le lieu du tournage d’un film, Marc, cascadeur équestre se retrouve paraplégique. Il reçoit la visite de Florence, représentante de la compagnie d'assurances qui gère son dossier, afin de clôturer au plus vite les indemnités. De cette rencontre, deux blessures se confrontent, entre Marc qui n’a plus aucun espoir de chevaucher un jour, et Florence qui avait abandonné sa carrière de pianiste suite à un échec. L’un comme l’autre vont tenter de se relever.

Si l’on suit avec intérêt les destins croisés de deux blessés de la vie qui vont se redonner des forces pour les surmonter, une lancinance traine le rythme à l’excès. Pourtant l’ambiance est bonne, avec la montée progressive des désirs de se surpasser pour réaliser ses rêves et d’échapper aux défaitismes. Un élan de persévérance et d’espoir donne une ambiance positive et sympa. Je regrette cependant quelques détails qui n’apportent rien au récit. Ainsi, quand Florence reçoit un appel de Marc, et que son amie s’en mêle, cette scène est inappropriée tant nous n’avions pas besoin de traduction pour comprendre quelle est attirée par lui. Et justement, la relation d’une nuit entre eux, n’était pas nécessaire, tant le centre d’intérêt étant ailleurs. Aussi, cette pseudo romance sans lendemain est une faute de jugement, et relègue le centre d’intérêt sur la volonté de chacun de se remettre en cause pour aller de l’avant dans leur vie, relayé en arrière plan.

La réalisation est soignée, aux images attrayantes, pour une mise en scène qui conduit le fil du récit avec une musique adaptée pour une ambiance poétique et volontaire. Le film reprend en partie la vie de Bernard Sachsé, qui fut cascadeur de cinéma, jusqu’à cet accident en 1994, où il s’est retrouvé paraplégique. Opiniâtre, il est remonté en scelle et a été médaillé olympique handisport.

L’excellent Albert Dupontel (Bernie) est très convaincant comme à son accoutumé, face à la jolie Cécile de France (Casse tête chinois) tout en émotion marquante. De même Marie Bäumer et Patrick Mille (3 cœurs) apportant chaleur et conviction, ainsi que Vincent Furic et Mélanie Malhère, dans la veine de l’ambiance générale.

2 étoiles

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4 mai 2015 1 04 /05 /mai /2015 10:38

Toujours issu dans mon superbe coffret The monsters, ce film de George Waggner, dont c’était la dernière réalisation avant son décès quelques mois plus tard à cinquante et un ans, écrit par Curt Siodmak d’après le roman de l’écrivain français Alfred Machard et réalisé en 1941, est quelque peu décevant par une piètre qualité narrative comme des effets spéciaux le plus souvent risible, même si un charme indéniable s’en dégage.

Lawrence Talbot, revient au domaine familial dans son Pays de Galles natal. Il est accueilli pas son père que des différents avaient éloigné. En regardant par la jumelle, non vers le ciel mais dans le village en contrebas, il est attiré par une jolie femme, Gwen Conliffe. Il se rend à sa boutique pour faire plus ample connaissance, et lui achète une canne particulière. Celle-ci représente une tête de loup avec une étoile en argent. Elle lui conte une légende qui accompagne cette canne, celle de la lycanthropie, la transformation d’homme en loup-garou. Acceptant son invitation pour le soir même, ils se rendent à une fête chez les gitans, avec Jenny Williams, une amie de Gwen. La pauvre se fait mortellement attaquer par, semble t-il un chien fou furieux que Laurence tue avec sa canne avant d’être mordu. Le chien s’est transformé en mourant en humain gitan. Laurence subit à son tour la malédiction.

Si j’ai gentiment bien aimé la narration de ce conte sympathique, le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ressemble plus à une comédie horrifique qu’à un film d’horreur effrayant. La faute à une réalisation chiche s’agissant d’un film des années quarante, avec des effets particulièrement pauvres et risibles, comme le début avec l’arrivée de Lawrence en voiture dont le véhicule est statique avec un décor déroulant, ou les transformations en loup-garou plutôt drôle. Je passe sur des raccords mal agencés, comme lorsque Gwen ramène Lawrence blessé en entrant dans le salon. Pour le reste, l’histoire se suit tout de même avec plaisir et amusement.

Un remake de ce film est sorti en 2010,a été réalisé par Joe Johnston, avec Benicio del Toro et Anthony Hopkins. Bien qu’il y ait eut quatre suites qui reprenaient le personnage de Lawrence Talbot, ce n’était pas le premier film à aborder le thème du Loup-garou. C’est en effet le film français Le loup-garou réalisé en 1924 par Pierre Bressol et Jacques Roullet, avec les acteurs Pierre Bressol, Madeleine Guitty et Jeanne Delvair. Dans les suites, on retrouvait bien sûr toujours interprété par Lon Chaney Jr. Dans le rôle fétiche. Ainsi en 1943 dans Frankenstein rencontre le loup-garou  de Roy William Neill, puis en 1944 avec La Maison de Frankenstein par Erle C. Kenton, de même pour La Maison de Dracula en 1945, enfin en1948 avec Deux nigauds contre Frankenstein par Charles Barton.

Le poème qui est récité comme un conte maléfique, n’est pas issue pas d’une ancienne légende, mais une pure création du scénariste Siodmak. Il sera d’ailleurs repris dans tous les films dans lesquels Lawrence Talbot apparaît, sauf dans les deux derniers de la franchise, mais on le retrouve de nouveau dans Van Helsing, ainsi que dans un épisode de la série Dark Shadows.

Les vedettes de l’époque, nous offrent leurs talents avec Claude Rains (La péniche de l’amour) et Lon Chaney Jr. (Deux nigauds contre Frankenstein) avec beaucoup d’émotion, face à Warren William et Ralph Bellamy, Patric Knowles et Bela Lugosi (Dracula), ainsi l’excellente Maria Ouspenskaya et Evelyn Ankers, ou encore J.M. Kerrigan et Fay Helm.

2 étoiles

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2 mai 2015 6 02 /05 /mai /2015 09:49

Premier long métrage romanesque de Russell Crowe avec une vision de la terrible grande guerre de 14-18 dans les Dardanelles qui a du beaucoup plaire aux turques nationalisto-islamistes, inspiré du roman écrit par Andrew Anastasios et Wilson-Anastasios Meaghan, d’après des écrits du lieutenant-colonel Cyril Hughes.

Après la fin de la première guerre mondiale, Joshua Connor et sa femme pleurent toujours la mort de leurs trois fils lors de la bataille de Gallipoli dans les Dardanelles, en Turquie. Dans un acte désespéré, sa femme se suicide, et Joshua part d’Australie pour Istanbul, afin de retrouver les corps de ses gamins. Dans l’inextricable chaos de l’occupation militaire du pays vaincu, Il parvient clandestinement à débarquer aux pieds des falaises de l’ancien champ de boucherie. Malgré un mauvais accueil britannique, et avec le soutien d’un officier turc prisonnier, il réussi dans un espace où gisent des milliers de morts australiens, à retrouver deux de ses fils grâce à son talent de sourcier -water diviner- de son métier. Il apprend par le turc que le troisième a sans doute été fait prisonnier.

Si le premier quart d’heure fait illusion sur l’horreur et la connerie de la guerre, très vite hélas nous nous enfonçons dans un mélodrame romanesque sans fond. Je passe sur les découvertes « heureuses » et plus encore sur la romance entre le vieux Joshua et la jeune Ayshe, j’exclue l’invraisemblance de la relation avec les nationalistes de Kemal, à la teinte révisionniste et négationniste de l’Histoire, impossible à laisser passer une propagande qui ne dit pas son nom. Tout y est orienté dans un sens unique turc, avec par exemple la visite de la mosquée bleue sans aborder la basilique Sainte Sophie. Visiblement scénaristes et réalisateur ont « oublié » les 100 ans du génocide arménien, et « oublié » que la Turquie occupait et occupe toujours la Thrace et la Ionie, un immense territoire continental grec et sa ville Constantinople/Istanbul au mépris du traité de Paris. Dans un cas, un million et demi de civils ont été exterminés, dans l’autre après une éprouvante guerre, trois millions de civils grecs ont été chassés de chez eux lors d’une purification ethnique. J’ai cru retrouver un sorte de suite à Gallipoli, la bataille des Dardanelles. Russell Crow crache un peu violemment sur les milliers de jeunes soldats australiens, envoyés à la boucherie, au profil d’une image faussée des turcs qui passent ici pour des victimes. D’autant plus dommage qu’il était une occasion rare d’aborder ce centenaire douloureux avec le recul des événements plus neutre et des victimes et disparus, abordé par Bertrand Tavernier dans l’excellent La vie et rien d’autre, ainsi qu’évoquer les mariages arrangés forcés, bien qu’ici ça ce termine mieux que les milliers d’assassinats de femmes turcs qui refusent.

Un casting à la hauteur des talents, tel Russell Crowe (Noé) impeccable, et la belle Olga Kurylenko (Vampire academy) émouvante. Yilmaz Erdogan (Rhino season) et Cem Yilmaz sont convaincants. Jai Courtney (Divergente 2 : l’insurrection) comme le jeune Dylan Georgiades. Steve Bastoni (Drift), et la très belle Isabel Lucas (L’aube rouge) comme Salih Kalyon et Megan Gale (Mad Max: fury road), ainsi que Ryan Corr, James Fraser (Sleeping beauty) et Ben O'Toole, et encore Jacqueline McKenzie et les jeunes Jack Douglas Patterson, Ben Norris et Aidan Liam Smith.

1 étoile

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 09:37

Brigitte Sy (Les mains libres) s’est attelée à l’adaptation du roman d'Albertine Sarrazin avec beaucoup de subtilité et d’émotion dans une ambiance feutrée et doucereuse pour une passion dévorante et la description de la prostitution dans le Paris des années cinquante.

En pleine nuit du mois d’avril 1957, la jeune Albertine de 19 ans, s’évade d’une prison où elle purgeait une peine pour braquage. En sautant du mur, elle se fracture l’astragale, un os du pied. Se trainant péniblement vers la liberté, elle est prise en stop par Julien, lui-même un repris de justice. Il la transporte chez une amie à Paris qui la planque. Alors qu’il continue sa vie de malfrat, Albertine se remet lentement de sa blessure, et se prostitue occasionnellement pour survivre, changeant régulièrement de cache pour échapper à la police, tout en poursuivant l’écriture des carnets.

J’ai beaucoup aimé la retranscription de l’œuvre, même si la reconstitution de l’époque n’est pas de rigueur. Il règne une atmosphère particulière, où la passion amoureuse dévorante se déguste en sourdine et espoir souvent déçu, entre le glauque et sordide de la prostitution, et l’angoisse de la police et de la prison. Cette couleur blafarde entre sépia et noir et blanc dans des sombre obscure donne une impression poétique comme les textes du l’écrivaine particulièrement touchants.

La mise en scène, confusément maitrisée, donne à cette réalisation un charme suranné qui envoute avec un pincement au cœur face à la vie de cette jeune femme en manque d’amour et de lumière, que sa compagne apportait, comme son compagnon comble malgré ses absences et les attentes. Pénélope des bas fonds, noircissant de lumières éclatantes ses carnets d’une vie sombre et désespérante, hélas de trop courte durée.

L’histoire retrace la vie de l’écrivaine Albertine Sarrazin, à partir de son roman, qui fut une première dans l’édition, puisque pour la première fois une femme racontait sa vie de prostituée, de délinquante juvénile et la prison pour femme. Une vie chaotique qui commençait avec son abandon par sa mère, pour être adopté à deux ans, devenant Albertine Damien, violée à dix ans, et mise en Maison de correction paternelle, sorte de prison pour mineurs de 15 à 21 ans, sur le motif d’indiscipline -qui seraient pleines de nos jours. Excellente élève, elle réussit ses études jusqu’en prison. Avec son amie, auprès de qui elle a beaucoup d’aventures et de prostitution, Albertine fait un braquage qui tourne mal, blessant une vendeuse. Condamnée à 7 ans de prison, elle commence ses fameux carnets verts. Elle s’évade et se casse l’astragale, et recueillit par Julien Sarrazin, petit malfrat dont elle tombe amoureuse. Pigiste, elle est publiée et reconnu pour ses talents littéraires. Elle meurt des suites d’erreurs médicales à 29 ans, dont le procès gagné par Julien, servira par la suite à une meilleure sécurité dans nos hôpitaux.

Guy Casaril avait déjà adapté l’histoire, avec Horst Buchholz, Marlène Jobert et Magali Noël en 1969, ainsi qu’Alberto Cortés en 1986 avec Amor a la vuelta de la esquina par avec Juan Carlos Colombo, Emilio Cortés, Alonso Echánove. Un autre roman d'Albertine Sarazin avait été adapté, La cavale par Michel Mitrani en 1971, avec Jean-Claude Bouillon, Juliet Berto et Catherine Rouvel.

Leïla Bekhti (Maintenant ou jamais), en plus d’être très belle, joue avec beaucoup de talent, de naturel et de sincérité d’une puissante émotion. Reda Kateb (Lost river) est relégué en second plan, et s’il joue bien, est loin d’avoir ces qualités. Esther Garrel (Camille redouble) joue juste, quand son frère Louis Garrel (Saint Laurent) est toujours aussi mauvais, -ils sont les enfants de la réalisatrice-. Jocelyne Desverchere (17 filles) et India Hair (Le beau monde) qui est excellente. Jean-Charles Dumay (Le moine), Jean-Benoît Ugeux (Les rayures du zèbre) et Delphine Chuillot (Michael Kohlhaas) sont dans la mesure.

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 11:28

Etrange et envoutante histoire, qui est plus une chronique romantique qu’un western, plus une dramatique qu’une comédie déjantée, dans une vision naturaliste pleine de symboliques du far west sur le déclin, réalisée par Sam Peckinpah en 1970 quand une révolution était en marche dans le cinéma du genre avec la parole donnée aux amérindiens.

Volé et abandonné dans la chaleur mortelle du désert sans une goute d’eau par ses deux partenaires Taggart et Bowen, Cable Hogue s’accroche avec l’espoir de s’en sortir et de se venger. Près de mourir, il découvre miraculeusement un point d'eau salvateur. Double chance pour Cable, car sa source se situe sur le trajet des diligences. Grâce aux conseils judicieux de Joshua, un prédicateur particulier, il décide de construire un relai où il ferait payer l'eau aux voyageurs assoiffés. Allant en ville acheter l’acte de propriété de son puits et demander un prêt pour construire, il rencontre la jolie prostituée Hildy, dont les sentiments réciproques pourraient déboucher sur une belle histoire d’amour.

J’ai beaucoup aimé ce récit aussi inattendu par son style et son traitement. Ainsi, la poésie qui émane de cette triste romance, diffuse dans une sorte de comédie douce amère, est marquante par son ambiance et le profil des protagonistes. L’ambiance quasi surréaliste qui règne dans un décor aussi chaleureux par ses couleurs que froid par sa solitude, nous étreint insidieusement. Si la comédie est bien présente elle est édulcorée par le drame bien présent. Western sans en être, avec peu de bagarre et de violence. Enfin cette belle romance qui semble impossible entre deux caractères opposés, entre deux mondes inconciliables et ses non dits se fracasse douloureusement quand l’amour est si fort, comme la préfiguration d’une époque qui se termine pour une autre qui commence. Aussi, est terriblement émouvante cette scène sur un humour indélicat qui trouble l’amour comme un crève cœur insoutenable. Enfin, la fin inattendue nous trouble encore plus avec une douce tristesse.

La réalisation est donc à l’image de la magnifique bande originale de Jerry Goldsmith sur les paroles de Richard Gillis, chantée par les interprètes du film, et par Graeme Allwright en français qui résonne longtemps. Sam Peckinpah situe sa trame à la croisée des chemins de l’histoire du far west avec l’arrivée des voitures et motos qui vont remplacer les chevaux et diligences, pour la fin du monde sauvage vers le monde moderne. Une belle mise en scène, dans des décors magiques, pour une réalisation soignée d’un récit qui hante longtemps.

Jason Robards (Johnny s'en va-t-en guerre) est excellentissiment drôle et convaincant, face à la belle et émouvante Stella Stevens (L'Aventure du Poséidon) très marquante, ainsi que David Warner (La malédiction), mais aussi Strother Martin, et Slim Pickens, ainsi que l’excellent L.Q. Jones et la jolie Susan O'Connell.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 10:35

Petite comédie décevante d’Olivier Baroux (On a marché sur Bangkok) sur le thème récurent de l’amitié, cette fois-ci de cinquante ans, et ses liens indéfectibles au fil du temps entre trois amis lors d’une petite croisière de luxe avec leurs consorts, et une jeune maitresse.

Richard, Gilles et Philippe, de bons vieux sexagénaires sont amis depuis près de cinquante ans. Ils embarquent sur un magnifique voilier avec leurs compagnes Astrid, Carole et une nouvelle venue Daphnée, petite trentenaire et maitresse de Richard en lieu et place de sa femme Charlotte. Ils partent pour une croisière vers la Corse. Mais la cohabitation à bord d’un bateau n’est pas toujours facile. D’autant que chaque couple a ses problèmes, et que la météo leur réserve de grosses surprises... Entre rires et confessions, griefs et jalousies vont remonter à la surface. Chacun va devoir faire le point sur sa vie et sur ses relations aux autres. L’amitié résistera-t-elle au gros temps ?

Rien de bien nouveau dans ce récit qui n’apporte pas grand-chose au thème. Mis à part un gag ou deux bien éculés, dont certains font penser ou font références à du déjà vu, cette comédie douce amère perd très vite de son intérêt et s’use de par ses longueurs qui s’éternisent, notamment avec la tempête. Très théâtrale, l’histoire de ces sexagénaire qui se comportent comme des gamins, dont ‘un avec une trentenaire qui rappellera des souvenirs à Jugnot et son ex. je me suis profondément ennuyé à plus d’un titre dans cette histoire sans originalité, qui manque cruellement d’émotion et d’humour, de surprise et d’inattendue. En fait, il ne se passe rien, que des digressions entre vieux cons en manque de reconnaissance. Il faut avoir de sacrés moyens financiers pour se payer une croisière sur un tel yacht. Olivier Baroux déçoit une fois de plus, même si moins pire que son précédent.

De fait, les Daniel Auteuil (Avant l’hiver), Gérard Jugnot (On a marché sur Bangkok) et François Berléand (Max) arrivent à tirer leur épingle du jeu, sans cependant convaincre vraiment. De même Zabou Breitman (Discount), Mélanie Doutey (La French) et Isabelle Gélinas, jouent juste, quand la jolie Justine Bruneau de la Salle, plus en subtilité s’en sort la mieux, quand Jean-Philippe Ricci en fait un peu trop comme le veut son rôle.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:46

Terrible et éprouvante histoire sur un drame social, réalisée par Stanley M. Brooks pour son deuxième long métrage d’après le roman de l'écrivain Bob Mitchel, The class project: how to kill a mother, qui s’était basé sur la véritable affaire du meurtre de Linda Andersen.

Sandra et Beth Andersen, des adolescentes de 16 et 15 ans, sœurs très unies, sont épuisées par la vie que leur fait mener leur mère. Une femme alcoolique au dernier degré, incapable de garder un emploi et d’amant, démangeant sans cesse faute de finance. Le drame survient avec Steve, un avocat alcoolique, qui les maltraites tous, sans réaction d’une mère indigne et complice. Désespérées, ne trouvant plus d’issue ni aide, les jeunes filles délirent sur l’assassinat de leur mère. Elles rêvent aussi protéger leur petit frère Bobby, et d’une vie meilleure. Plus comme un jeu, comme une sorte de fantasme exutoire, elle vont commettre l’irréparable.

La réalisation nous apporte une vision trouble sur cette tragédie, avec le regard des adolescentes, plus comme des victimes que des bourreaux, dans un engrenage inéluctable de leur acte pour le moins étonnant. Sur un terrible drame familial, nombre de questionnement sont soulevés sur la responsabilité des actes de chaque partie en présence. Si indéniablement il y a un meurtre au premier degré des plus condamnables de la part des gamines, dont aujourd’hui elles doivent vivre avec beaucoup de culpabilité, on arrive malgré tout à comprendre leur geste désespéré. Une mère indigne, malade chronique, sans aucun sens des responsabilités, assistant complice passive à la violence perpétrée sur ses enfants et menacées de viols. Elle ne méritait sans doute pas son sort, mais focalisait certainement toutes les haines et les peurs, l’amour et la déception. Pour ma part, j’aurai éliminé l’avocat… Une part vénale semblait être au bout du projet, moins excusable. Les responsabilités divers et variées, sont regrettablement plus souvent évoquées qu’approfondies.

Etonnement, dans une espèce de fantasmagorie de la folie des jeunes filles qui donne une impression doucereuse et irréelle atténuant la portée dramatique, la réalisation est assez troublante. Attachantes, les petites meurtrières ne sont pas moins croquées avec sympathie qui détonne. Là où j’ai été certainement les plus désagréablement agacé, c’est le comportement de la police qui use de la traitrise du cousin. Si je trouve normal qu’ils utilisent de toutes les stratégies en leur pouvoir pour démasquer la vérité et arrêter les coupables, un je ne sais quoi m'a glacé les sangs avec cette méthode dans les circonstances dévoilées. La trame est malaisée dans son traitement, sur une mise en scène maitrisée pour une ambiance embrumée, qui tient surtout par la qualité des actrices.

Le film est donc inspiré d’une histoire vraie qui s’est déroulée le 18 Janvier 2003 à Brampton en Ontario, au canada. Les véritables noms ont été changés de part la protection d’anonymat judiciaire pour les mineures. Sandra a été libérée en 2009, Beth un an plus tard. Elles ont repris leurs études en université.

Abigail Breslin (La stratégie Ender) et Georgie Henley (Le monde de Narnia) jouent avec beaucoup de sincérité et d’émotion, de même Mira Sorvino (Leningrad), et James Russo (Django unchained) terrible. Belle prestation également de Jeffrey Ballard et Zoë Belkin (Carrie, la vengeance), comme de Stephan James (Selma) et Rusty Schwimmer, ainsi que Spencer Breslin (Stuck in love) frère d’Abigail, et Jonathan Malen (La maison au bout de la rue).

2 étoiles

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28 avril 2015 2 28 /04 /avril /2015 09:24

Fast & Furious 7 : PhotoExcellente réalisation de James Wan, sans aucun doute la meilleure de la franchise, pour cet opus particulier avec la disparition tragique d’un des acteurs les plus emblématiques de la série, dont l’hommage qui lui est rendu est tout en tact et émotion.

Fast & Furious 7 : PhotoAprès avoir vaincu le terrible Owen Shaw, qui se retrouve dans le coma, Dominic Toretto et sa bande ayant obtenu l’amnistie, coule des jours tranquilles. Brian O’Conner mène une nouvelle vie moins trépidante en bon père de famille, tandis que Dom continue d’aider Letty à recouvrer la mémoire. Pendant ce temps, le frère aîné d’Owen, Deckard Shaw se jure de le venger. Il réussi à trouver la liste de l’équipe de Dom, et commence alors à mettre à exécution son projet de les éliminer tous. Il s’en prend à Mia, sauvée de justesse, avant de s’attaquer à Dom avec une puissante bombe. La famille est en danger de mort, il est donc temps de la reconstituer pour contrer Deckard avant qu’il ne soit trop tard.

J’ai juste adoré ! La trame est réussi de bout en bout, avec beaucoup d’actions et de cascades, pleine de surprises et de rebondissements, d’humour et d’émotion. Les scénaristes ont fait travailler leurs méninges pour concocter avec autant de trouvailles extraordinaires et beaucoup de culot pour trouver autant d’actions époustouflantes. Les scènes de parachutage des bolides, comme celles dans les tours, sont juste du délire jouissif inégalé. Les dialogues sont chiadés, comme les caisses magnifiques vrombissants jusqu’à l’orgasme. Les courses poursuites et les cascades son fabuleuses. Jamais le rythme ne se perd, ni l’ambiance qui progressivement nous offre un dernier regard avec beaucoup d’intelligence et de sensibilité, sans sombrer dans le mélo larmoyant, même s’il l’on se laisse aller. Car l’émotion est à son comble pour la scène finale avec un magnifique hommage, terriblement émouvant qui rendu à Paul Walker, tout en finesse pour des adieux tristes avec une jolie subtilité, tant dans les images que dans le discours. Il ne part pas vraiment… Un huitième opus est dore et déjà prévu avec un grand retour d’Eva Mendes.

La famille au complet, avec Vin Diesel (Riddick) toujours efficace, le beau Paul Walker (Bricks mansion) émouvant, Jason Statham (Joker) brute, la belle Michelle Rodriguez (Machete kills) attendrissante, comme la jolie Jordana Brewster (Fast & Furious 6), Tyrese Gibson (Transformers 3) et Ludacris (L'interview qui tue !) toujours déjantés comme Dwayne Johnson (Hercule) et Kurt Russell (Swing shift), et la belle Nathalie Emmanuel (Game of Thrones) et Elsa Pataky (Fast and furious 5), mais aussi Djimon Hounsou (Les gardiens de la galaxie) bien méchant, et la petite Eden Estrella, ainsi que le frère Caleb Walker et le cousin Cody Walker, ayant permis le bouclage d’adieu.

4 étoiles

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 14:25

La quinzième édition de l’opération « un dvd pour une critique » par Cinetrafic avec des bonnes idées pour un film, démarre avec Les âmes silencieuses, un film d’horreur démoniaque d’après une expérience réelle, de John Pogue pour son deuxième long métrage.

Le jeune Brian McNeil est invité par le professeur d'université Joseph Coupland à filmer une expérience qu’il mène avec deux autres étudiants, Krissi Dalton et Harry Abrams. Le but de prouver à travers une jeune femme Jane Harper qu'elle n’est pas possédée, mais psychologiquement atteinte, et que le surnaturel n’existe pas. Chassés de la faculté pour des méthodes peu orthodoxes, ils trouvent refuge dans une maison afin de continuer leurs séances, qui révèlent des phénomènes troublants, dont l’apparition d’Evey, une poupée qui semble une résurgence d’un passé d’enfant traumatisé. L’agressivité de plus en plus violente sur Jane devient dangereuse pour elle comme pour son entourage, dont le professeur fou qui perd toute éthique. Bientôt ils subissent tous une marque au corps, et les dossiers commencent à donner des explications sur le passé trouble de la jeune fille et d’Evey, de la maison et du professeur.

Plutôt sympathique qu’effrayant, sur une histoire somme toute de facture classique qui n’apporte pas en soit de révolution particulière, mais joue sur un autre tableau plus novateur. En effet, le parti pris n’est pas d’entrée de jeu de nous plonger directement dans la possession démoniaque classique, mais au travers de la science, de refuser le paranormal avant d’y sombrer complètement. Ce qui rappel beaucoup le superbe téléfilm Le triangle du diable -Satan's triangle- de Sutton Roley avec Kim Novak et Doug McClure, dont son sourire final était juste effrayant et m’avait hanté longtemps. Car si l’on a compris dès le début quelle est la nature du sujet, et que l’on s’attend bien évidemment aux différentes démonstrations surnaturelle, c’est aussi sans grande surprise et je l’avoue avec un peu de déception que j’ai attendu la trop courte manifestation satanique. Reste que la réalisation est soignée, la mise en scène savamment maitrisée pour faire monter la tension et les révélations. C’est aussi et surtout d’une très belle interprétation qui donne un naturel convaincant.

En effet, le réalisateur sous forme de docu-fiction, tente essentiellement par des discours à démontrer que le surnaturel n’existe pas, mais que tout est dans l’esprit fragile de la jeune fille servant de cobaye. C’est progressivement que les arguments sont battus en brèche par des phénomènes inexpliqués, impliquant le passé de la patiente qui se permute avec celui du professeur. Ainsi le récit devient complexe et plus dense de par les problématiques des sujets, en plus des relations personnelles entre les protagonistes qui interfèrent les subjectivités. Le final est des plus classiques mais néanmoins efficace.

C’est inspirée de faits vaguement réels lors de l’expérience parapsychologique Philip en 1972, qui a été tentée à Toronto au Canada. L’opération fut menée par le mathématicien ARG Owen et le psychologue Joel Whitton. L’objectif était de savoir si des sujets pouvaient communiquer avec des fantômes. L'expérience fût fortement critiquée par manque de contrôles, pour des résultats non concluants et des fraudes. Affaire confuse à partir d’un personnage fictif, Philip Aylesford, pour entrer en contact avec des fantômes. Aucun résultat n’en est évidemment sorti à partir de rien vers rien, ressemblant à une escroquerie qui n’a trompé personne.

Le casting est alléchant avec un Jared Harris (Pompéi) convaincant et inquiétant, face à Sam Claflin (Hunger games - La révolte) en candide naïf à souhait. La belle Olivia Cooke est touchante et très marquante, de même la tout aussi magnifique Erin Richards et Rory Fleck-Byrne (Vampire academy) excellents, quand Laurie Calvert (Cendrillon) et le jeune Aldo Maland (Hanna) sont dans l’ambiance.

Les âmes silencieuses de John Pogue, distribué par Metropolitan Filmexport est disponible en blu-ray et dvd depuis le 26 mars 2015. Il est proposé en version audio française et anglaise.

Un très grand merci à Cinetrafic et d'autres bons films ainsi qu’à ses partenaires pour toutes ces belles découvertes et émotions.

2 étoiles

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Published by bobmorane75 - dans Films
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