Par bobmorane75
Encore un Dreamwork que j’avais raté, réalisé par Bibo Bergeron (Un monstre à Paris), Will Finn (La ferme se rebelle), Don Paul, David Silverman (Les Simpson: le film) et Jeffrey Katzenberg sur une sympathique histoire inspirée d’un certain nombre d'éléments du conte philosophique Candide de Voltaire.
L’histoire nous conte les aventures de deux escrocs espagnols Tulio et Miguel, qui gagnent aux dés une carte leur permettant de se rendre à la légendaire cité d'or de l’Eldorado. Ils embarquent pour le nouveau monde, et après des péripéties aventureuses, ayant faussés compagnie à Cortez et sa troupe, se retrouvent dans la magnifique citée d’or. Ils y font connaissance de la jolie Chel tout aussi voleuse que les deux compères, qui les mène auprès du roi. Le début pour une vie de rêve semée d’embûches et de pièges tendus par des rivaux et envieux. L’amitié résistera t-il à la folie de l’or et aux charmes de la belle. Et de l’arrivée des troupes espagnoles.
Si l’animation est belle, avec là aussi une palette de couleurs riche et variée, et de jolies chansons mais en surnombre tentant maladroitement de combler et masquer des vides. Car hélas, il n’y a pas grand-chose à se mettre sous la dent. Un trop grand vide intersidéral plombe considérablement l’ensemble par un manque cruel d’actions et de fantaisie. L’histoire est tristement creuse et l’on fini très vite par s’y ennuyer ferme. Peu de romance et peu de surprise, qu’un manque d’imagination et de hardiesse qui caractérisent les productions de la compagnie, aurait du porter sur un plus grand projet. C’est du niveau de production pilote pour une série avortée. Et dire qu'ils s'y sont mis à cinq pour le réaliser. J’en suis donc resté sur ma faim, et sur des regrets, tant il y avait à faire beaucoup mieux sur un thème aussi légendaire.
Car cette histoire d’une citée d’or qui a tant hanté, qui fut au prix de l’une des plus terribles déconvenues espagnole, trouve son origine dans une légende Chibchas (ou Tchibtchas). Ce peuple précolombien avait une pratique marquante qui incita à leur conquête en 1536 par le conquistador Gonzalo Jiménez de Quesada, dont Cervantes s’inspirera pour modèle de son Don Quichotte, tant son expédition pour trouver la cité fût l’un des plus chers désastres connus. Le mythe Le Radeau d'or, bijou et offrande muisca, est tiré de leur coutume, qui était de recouvrir de poussière d'or leur nouveau roi lors de la cérémonie d'intronisation, qui se devait briller au soleil comme le fils du soleil. Il se baignait ensuite dans le lac sacré de Guatavita, alors que la foule en joie jetait de riches objets dans les flots. Cette cérémonie n’est pas une légende, car de nombreux objets précieux retrouvés figurent au Musée de l'Or de Bogota, dont la balsa de oro (radeau d'or). De quoi réaliser un film de bien meilleure qualité.
Pour avoir choisi la version française, j’ai eu le loisir d’entendre Antoine de Caunes, José Garcia, l’inégalable Victoria Abril, et Tobin Bell.

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