Par bobmorane75
Avec ce film de Robert Aldrich (Bronco apache), je me suis rendu compte à quel point je déteste en règle général le cinéma des années soixante-dix, et celui-ci n’échappe pas à la règle. C’était déjà le cas à l’époque de mon adolescence. La vision du monde, des choses, des femmes, de la société en générale avait ce regard sordide, de par sa violence, sa crudité et ses excès qui m’ont répugné au plus haut point, et continue sur moi de produire le même effet.
Un policier vit une étrange relation avec une prostituée, sans être un proxénète pour autant, mais avec une certaine ambigüité. Elle est sa maitresse avec qui il ne veut pas s’engager, tout en étant un peu jaloux qu’elle couche avec ses clients, partagé qu’il est avec une moralité réprouver de l’aimer ou non. Quand à la mort d’une jeune fille, une enquête est très vite classée suicide, mais le père en refuse la clôture et force le policier à continuer les recherches. Après quelques découvertes, il fait le lien de la drogue et la prostitution, entre la défunte et un puissant mafieux qui se trouve être un client de son amie. L’intérêt est relancé par une autre enquête sur le mafieux pour meurtres.
Dès la première image, j’ai senti en moi un rejet qui ne s’est pas démenti de la scène à la morgue, jusqu’à la dernière des plus ridicules qu’on osait souvent faire à cette époque. Il règne une ambiance délétère en permanence, avec cette vision sale dans les gens, dans tous les foyers et dans toutes les pensées. Drogue, sexe et argent ne sont que les seules thèmes qui inspiraient alors. Pas d’humour, pas de romantisme, rien que de la saleté partout qui suinte par tous les pores sans lueur d’espoir, ne serait-ce qu’un instant de naïveté. Une vision que le monde d’Hollywood trainait dans la concupiscence de cocaïne et acides en tous genres qui l’avait à ce point gangréné. L’histoire est d’un simplissime, avec une morale particulière où celui qui tente de revenir vers un peu plus de justice et de moralité le paie très cher. La réalisation est beaucoup moins alerte que ce qu’Aldrich m’a habitué à la diffusion de quelques films que j’ai pu voir récemment. Plus lent, plus sombre, sale et sans pitié.
J’ai souvent beaucoup de mal avec le style de jeu de Burt Reynolds (Boogie Nights) comme c’est le cas ici, surtout face à la très belle Catherine Deneuve (Dans la cour) qui est envoutante et sensuelle, et joue avec plus de conviction. De même pour Ben Johnson (Le solitaire de fort Humboldt) et Paul Winfield (Terminator) qui sont plus marquants, ainsi qu’Eileen Brennan (Cluedo) et Catherine Bach, Eddie Albert (La petite maison de thé) ou Ernest Borgnine (Les inconnus dans la ville), ou encore Jack Carter et Colleen Brennan reine du cinéma porno en son temps.

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