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Les voies du destin - The railway man

Quatrième long métrage de Jonathan Teplitzky, qui adapte le livre autobiographique et historique d’Eric Lomax sur son vécu dans l'horreur des camps de prisonniers de guerre japonais lors de la seconde guerre mondiale, et sur les traitements inhumains de ceux-ci selon le régime nazi nippon et du bushido et des crimes contre l'humanité.

En 1980, Pat et Eric tombent éperdument amoureux lors d’un trajet en train. Une histoire romantique qui se conclut par un beau mariage. Si Pat parle volontiers de sa vie et métier d’infirmière, Eric est très vite fermé sur la guerre. Blocage qui se traduit souvent par des crises de mutisme ou de violences verbales, comme du comportement que l’amour qu’ils se portent n’arrive à solutionner. Pat se tourne alors vers les anciens camarades de guerre qui furent prisonniers avec lui. Elle découvre alors un terrible passé. Lors de la reddition de Singapour en 1942, le jeune lieutenant Lomax, capturé par les Japonais avec ses compagnons d’armes est envoyé dans de terribles conditions à Kanchanaburi, en Thaïlande. L’objectif des japonais est de construire le chemin de fer de la Birmanie sur la célèbre rivière Kwaï. Lomax, pour avoir construit une petite radio, a été arrêté par la Kempeitai - la Gestapo japonaise- et torturé durant des semaines, et découvre que son tortionnaire est toujours vivant. Il va alors affronter son passé et retrouver le coupable, Takashi Nagase.

Intelligemment, le récit se suit avec beaucoup d’intérêt et d’émotion, restituant une période sombre peu abordé au cinéma, quand aux horreurs perpétrées par l’armée japonaise, non seulement sur les populations civiles, mais également sur les prisonniers de guerre. Nous avons bien sûr en mémoire le célèbre film Le pont de la rivière Kwai qui relatait cet épisode dans une fiction, sans en montrer vraiment la pire perfidie sur les soldats. The flowers of war relatait le sac de Nankin, un exemple de génocide sur les civils. L’intérêt est d’autant plus important sur la confrontation entre les deux hommes trente cinq ans après les hostilités, et sur leur réconciliation. L’un et l’autre ont écrit sur leur vécu. Ainsi celui de Lomax a donné ce film, quand Nagase avait écrit sur ses expériences pendant et après la guerre, Crosses and Tigers, afin d’expier ses horribles méfaits. La rencontre entre les deux hommes fut filmée par Mike Finlason dans un documentaire Enemy, my friend? en 1995. Une adaptation télévisée du best seller de Lomax, Prisoners in time, avait déjà été réalisée par Stephen Walker avec John Hurt et Rowena Cooper pour la BBC, ainsi qu’un film, To end all wars, réalisé en 2001 par David L. Cunningham, avec Robert Carlyle, Kiefer Sutherland et Sakae Kimura.

La trame romantique est en fait moins glamour. Lomax s’était marié aussitôt son retour, quand en 1980 il rencontre une canadienne, Patricia Wallace de 17 ans plus jeune, avant de larguer sa femme pour se remarier en 1983. Nos acteurs étant beaucoup moins âgés, détonnent quand Lomax avait déjà 62 ans.

De fait, si Colin Firth (Arthur Newman) maitrise son rôle, de la même manière quasi inexpressive qu’à son habitude, cette fois-ci sert son personnage. Quand à la belle Nicole Kidman (Grace de Monaco), elle est d’une très grande émotion qui étreint. De même Jeremy Irvine (Now is good) est excellent, tout autant qu’Hiroyuki Sanada (Le samouraï du crépuscule), ainsi que Stellan Skarsgård (Nymphomaniac). Sam Reid, Tanroh Ishida (47 ronin) et Tom Stokes, Tom Hobbs et Akos Armont, ou encore Bryan Probets et Marta Dusseldorp.

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