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La maison assassinée

Je me souviens qu’à la première diffusion, il y a des siècles de cela, j’avais eu un ressenti mitigé avec ce thriller étrange, et dont mon impression n’a guère changé à sa relecture même avec la qualité magnifique du bluray. Mais plus encore après la lecture du roman de Pierre Magnan dont s’était inspiré Georges Lautner en 1988, déplaçant l'action de l'antiquité égyptienne ptolémaïque au début du vingtième siècle.

Une nuit, un horrible massacre a lieu dans une ferme où toute une famille est égorgée, sauf un nourrisson miraculeusement sauvé. Vingt cinq ans plus tard, au retour de la première guerre mondiale, Séraphin est de retour dans son village qui l’a vu naitre. Il retrouve sa maison familiale abandonnée, celle de ses parents assassinés. Ayant été en orphelinat, il découvre par bribes la tragédie. De colère et de chagrin, il se met à détruire l’immense bâtisse pierre par pierre, sous le regard effrayés des villageois, et les œillades gourmandes des jolies filles. Il découvre dans les débris, des reconnaissances de dettes de trois hommes du village, qui semblent orienter sur la piste des assassins et du mobile du crime. Mais bientôt, les présumés coupables meurent assassinés avant même qu'il ne puisse se venger par lui-même, de même qu’une première jeune fille devenue sa maitresse, quand une autre agonise d’un empoisonnement, et la menace qui pèse sur lui aussi.

En soit, la réalisation se laisse vivre avec un vif intérêt, de part l’ambiance mystérieuse et parfois surréaliste fantastique, et d’autre part sur une mise en scène solide, maitrisée et limpide. Ensuite, il y a le récit qui nous offre les trois filles des trois suspects tombant amoureuses du survivant du massacre, comme une malédiction un peu trop fantasmée, qui ne fait pas très crédible. Pour au temps, la narration est savamment dosée, et les interprétations impeccables. J’ai juste eu du mal à entrer dans l’histoire et dans l’ambiance un peu vieillotte et surannée de par le style de narration et des cadrages aux travelings conventionnels.

Il y a des fois où les bonus desservent plus qu’ils n’inspirent. L’entretien du réalisateur est assez stupéfiante sur une mentalité mercantile plus qu’artistique qui met mal à l’aise. Mais celui de l’interprète principal est encore plus édifiant de par son nombrilisme et un égo surdimensionné qui ne se prend pas pour rien tellement il est prétentieux et imbu de lui-même, qu’il en fume et devient écœurant. En regrettant aussi qu'il n'y ait pas d'autres interprètes pour enrichir les témoignages et contrebalancer le débat.

Beau casting alors, avec Patrick Bruel (Tu veux ou tu veux pas) pas mauvais du tout, face à Anne Brochet (Arrête ou je continue) particulièrement excellente, et Jean-Pierre Sentier, comme les belles Agnès Blanchot (R.I.F. (Recherches dans l'Intérêt des Familles)) et Ingrid Held, qui font preuve d’émotion et de conviction. Mais aussi Yann Collette et Roger Jendly, comme Anik Belaubre et Laurent Gendron, ainsi que Vincent Vittoz et Jean-Claude Bourbault, de Yves Vincent et Jenny Clève (Arrêtez-moi) parmi tant d’autres talents.

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