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American sniper

Pour ce biopic, Clint Eastwood (J. Edgar) s'inspire de la vie réelle et du livre autobiographique de Chris Kyle, redoutable tireur d'élite américain, avec une sobriété aussi peu partisane qu’à son accoutumé, pour nous décrire une vision de la guerre par le petit côté du viseur.

Après des attentats islamistes, le jeune Chris Kyle s’engage dans l’armée et, passées les classes habituelles, s’oriente dans le corps des tireurs d'élites des Navy SEAL. Il est envoyé en Irak, où sa mission, est de protéger ses camarades de poseurs de bombes ou autre snipers ennemis. Rapidement, son sang froid et sa précision sauve de très nombreuses vies, et il devient La légende. Il est alors la cible à abattre, quand lui-même tente d’éliminer un célèbre sniper d’en face qui fait aussi de redoutables cartons. Entre deux missions, il retrouve sa femme et ses enfants, dont il est épris et attentionné, mais la vie civile lui est difficile, quand sur le front ses compagnons continuent le combat.

Si l’on s’en tient au récit de ce tireur d’élite d’exception, la teneur du film reste sobre et neutre. Froidement nous est montré un jeune homme d’une maitrise dans le tir, quelque soit l’ennemi, homme, femme ou enfant prenant le risque de la guerre en s’engageant dans un combat à mort. Je n’ai rien vu dans ce descriptif qui soit particulièrement motif à polémique. Nous connaissons tous Clint et les valeurs qu’il représente, de son patriotisme et sa vision d’une certaine Amérique. Il ne faudrait pas tomber dans l’hypocrisie de la guerre et des soldats. En quoi un tireur d’élite de l’armée serait-il plus assassin qu’un autre ? Le mitrailleur qui massacre des centaines d’assaillants planqué dans à sa tranchée est autant un meurtrier sadique. Le pilote qui largue ses bombes sur une ville pleine de civils est un assassin quelque soit sa nationalité ou l’idéal qu’il sert. Pour le reste, j’ai beaucoup aimé ce regard porté sur une éthique que se forge un homme face à la guerre, face aux institutions et à l’ironie de la vie.

La réalisation est belle, avec une montée en puissance de la folie qui guette, des dangers qui se précisent et de la démesure des hommes. Jamais je n’ai eu le sentiment de glorification de la violence et de la mort, mais d'une description froidement chirurgicale parfois emprunte de docu-fiction. Quelque longueurs trainent, mais passionnément raconté. Je n’ai pas pu ne pas penser au film Stalingrad avec le duel entre deux snipers.

Rentré idem de quatre longues missions, de retour à la vie civile il écrira son autobiographie partiellement contestée et tiendra des propos contreversés, Chris Kyle sera assassiné avec son meilleur ami Chad Littlefield par Eddie Ray Routh, un vétéran qui vient récemment d’être condamné à la prison à vie.

Avec 255 « victoires » confirmées, Chris Kyle surnommé Le diable de Ramadi, détient le record de l’armée américaine, bien qu'on ne lui en retienne « que » 160. Il est cependant loin du finlandais Simo Häyhä « la mort blanche » aux 505 victimes confirmées, ou du canadien Francis Pegahmagabow et ses 378 victimes, et des soviétiques Lyudmila Pavlitchenko avec 309 tués et Vassili Zaïtsev aux 242 morts confirmés, dont le célèbre Erwin König au score de 220, tué à Stalingrad bien qu’historiquement contesté, sans doute une invention soviétique.

Bradley Cooper (Serena) est  extrêmement marquant et convaincant, face à la belle Sienna Miller (Foxcatcher) émouvante. Luke Grimes (Cinquante nuances de Grey) et Jake McDorman, ainsi que Kevin Lacz et Cory Hardrict (Lovelace), Navid Negahban et Keir O'Donnell, Sammy Sheik et les gamins Max Charles (The amazing Spider-man) et Madeleine McGraw, sont excellents. Il en est de même de Ben Reed et des belles Marnette Patterson et Elise Robertson ainsi que les jeunes Cole Konis et Luke Sunshine.

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