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Le dernier loup

Aurions-nous encore un petit peu plus perdu Jean-Jacques Annaud (Or noir) dans la steppe mongolienne, sur une histoire d'après le roman Le totem du loup de Jiang Rong qui nous conte, entre une propagande maoïste et une critique écologique, un récit particulièrement ambigu sans bien comprendre s'il y a fascination ni pour qui ni pour quoi, ou dénonciation pas évidente, de quoi et de qui.

Chen Zhen, est un jeune étudiant de Pékin, qui est envoyé au fin fond de la Mongolie avec la mission d’éduquer -d’acculter ?- des bergers d’une tribu de nomades. Rapidement, il découvre un mode de vie et de pensée dans un environnement magnifique, mais difficile et aride. Il fait face aussi à un animal superbe et flamboyant qu’est le loup. Fasciné, Chen capture un louveteau afin de l’apprivoiser, quand l’ordre du parti communiste chinois est donné d’exterminer tous les loups. Il prend la décision de la garder secrètement.

Depuis quand, la révolution culturelle chinoise a été une sympathique petite partie de campagne pour les jeunes étudiants dans tous les coins reculés du pays ? Quand il s’est agit d’une purge des cadres du parti, des intellectuels et de tout opposant ou réfractaire par les gardes rouges. Dans cette histoire animalière, après les ours, Annaud nous conte un drame long et fastidieux, sur une amitié entre l’homme et l’animal, ou du plus exactement du désir d’un étudiant de domestiquer le noble loup libre en un esclave asservi, de dominant à dominé. J’avoue que je n’ai adhéré à l’ambiance pas plus à la trame qu’au personnage. Les meurtres de louveteaux ne donnent pas une bonne image de ces nomades qui se couvrent de ridicule avec leur hypocrite religion pour s’auto-pardonner de l’innommable traitement qu’ils leur infligent en les assassinant. D’autant que jamais les loups ne les menace, qu’ils les servent même avec le garde manger qu’ils viennent les piller dans les marais gelés. Je n’ai rien vu dans cette histoire qui soit un hymne à la vie nomade, ni à leur philosophie barbare, et moins encore à un peuple au mode de vie et de pensée archaïque. Tout dans ce film nous pousse à les rejeter en bloc. L’esprit qui se veut baba cool des années soixante-dix, ne fait décidément pas rêver. Je veux bien admettre être passé à côté du message, de n'avoir pas compris le film et la conclusion qui pourrait sembler logique, c'est donc que la démonstration n'aura pas été assez claire. Mais un doute demeure.

Les interprètes sont assez convaincants dans l’ensemble, avec Feng Shaofeng et Shawn Dou, la jolie Ankhnyam Ragchaa et Yin Zhusheng, Basen Zhabu et Baoyingexige.

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