Par bobmorane75
J’avais beaucoup aimé en salle cette version innovante du grenre vampiresque par les frères jumeaux Michael et Peter Spierig (Predestination), réalisateurs australo-allemands, sur la thèmatique des vampires avec une approche originale et une illustration bien plus subtile qu'il n'y parait, dans leur deuxième réalisation, et dont j'ai retrouvé le même plaisir à le revoir.
En 2019, il ne reste plus que 5% d’humains, traqués par la population devenue en peu de temps victimes des vampires. Ainsi, la rareté de sang humain frais met les vampires eux-mêmes en dangers d’extinction. De fait, une nouvelle race de vampires apparait, de ceux se nourrissant de leur sang vicié et se transforment en monstres agressifs à l’apparence de chauve-souris, perdant en même temps toute humanité. Dans un laboratoire pharmaceutique, Edward Dalton, un chercheur en hématologie qui hait sa condition de vampire, tente de découvrir un sang synthétique de substitution. Lorsqu’il est contacté par Audrey d’un groupe d’humains survivants traqués, pour qu'il rencontre Elvis, un ancien vampire qui a retrouvé sa nature humaine par accident, entre l'eau et le soleil. Reste à reproduire les circonstances de la guérison, quand ils sont pourchassés et menacés de mort.
J’ai toujours aimé les histoires vampiresques, même si en l’occurrence celle-ci tout en apportant des innovations importantes, est différente du genre. En effet, les humains sont surtout victimes d’une pandémie virale zombiesque, bien que de morsure de vampire. La transformation en a donc fait des malades avides de sang, plus que de morts survivants grâce au sang, comme des zombies affamés de chair fraiche. Du coup, à la différence dans Buffy, où Angel et Spike peuvent retrouver leur âme et restent des vampires, quand les frères Spiering nous trouvent un remède
pour revenir la vie humaine normale. Etonnant que George A. Romero n’y ait pas pensé pour ses zombies, irrémédiablement condamnés. Ainsi, j’ai adoré ce récit, simple en apparence et pourtant marquant de par la subtilité et la finesse de la narration, son culot et ses audaces. Ainsi, sa simplicité en fait sa force d’attraction et d’intérêt. On n’en sait pas trop, mais suffisamment pour l’envie d’en voir plus.
De fait, la réalisation, comme la narration est efficace, et oserai-je dire pour une fois, trop rapidement contée. Un peu plus de détail ou de consistance dans les profils des protagonistes et la romance n’aurait pas été inutile, voir même pourquoi pas, une franchise en trilogie, même si tout est dit avec cette fin que j’ai trouvé sublime d’humour et d’ironie. Les références symboliques sont évidentes avec nos sociétés économiques et médicales en clins d’œil et analyses qui n’ont de cesse d’être inquiétantes. Concrètement, les vampires illustrent ici parfaitement ce que sont les dirigeants des multinationales qui nous vampirisent, prolongent les crises économiques comme les pandémies pour plus de pouvoir et de profits financiers.
Ethan Hawke (Boyhood) est excellent, face à Sam Neill (Jurassic Park III) très convaincant, et Willem Dafoe (John Wick) parfait. La belle Claudia Karvan est intéressante, et Vince Colosimo (Gatsby le Magnifique), comme Michael Dorman (Sleeping beauty), et la très belle Isabel Lucas (La promesse d'une vie) sont excellents, ainsi que Jay Laga'aia, quand la petite vampirette Harriet Minto-Day de la première image, est marquante.

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