Par bobmorane75
Pour son premier long métrage, la jeune et belle réalisatrice Leigh Janiak, nous entraine dans une sombre dramatique d’épouvante et d’horreur qui marque et hante longtemps, sans crie ni fureur, au calme apparent de la désagrégation destructrice dans un fatalisme épouvantablement sensible et puissant.
Pour leur lune de miel, les jeunes mariés Paul et Béa arrivent dans une maison familiale perdue dans une belle forêt au bord d’un lac sauvage. Très amoureux, les souvenirs effleurent sans cesse leur rencontre et demande en mariage originale. Ames-sœurs fusionnels, ils respirent le bonheur, quand une nuit, Bea disparait de la maison, et que Paul la retrouve nue et choquée telle une somnambule qu’elle n’a jamais été. Les jours suivants marquent une dégradation dans leurs relations, tant sexuelles devenues inexistantes que dans les distances et replis sur soit de la jeune femme, perdue et confuse, semblant lutter intérieurement. Paul veut comprendre ce qui s’est passé dans les bois, et guérir sa jeune femme qu’il lui semble se perdre.
Plus que les causes à effets d’un récit classique, c’est surtout la mise en scène d’une réalisatrice talentueuse qui se révèle dans une narration et une ambiance qui marque les esprits. Ainsi, passant progressivement d’une belle histoire d’un jeune couple amoureux à l’avenir radieux grand ouvert, aux sentiments forts et fusionnel, se dégrade inéluctablement sans heurt ni violence gore, une situation qui leur échappe
sans cesser de résister et de se protéger vers une tragédie qui les dépasse, avec l’amour toujours ancré dans leurs cœurs. J’ai été très touché par la relation entre les protagonistes qui tentent tout pour sauver l’autre, tant dans les souvenirs que dans les sentiments. Ainsi, plus que d’horreur, c’est une immense tristesse qui étreint le cœur avec cette terrible histoire qui rappel l’Alzheimer et Les âmes vagabondes.
J’ai été séduit par l’ambiance dont dès le début on sent que quelque chose d’anormal est en train de se passer et ce inexorablement, sans qu’il ne sera rien possible de faire que de se sauver en vain, sans pouvoir combattre avec une fatalité dans la narration. Ainsi, la réalisatrice joue sur les émotions et le ton de la narration, sur la fatalité inexorable, plus que sur des effets spéciaux ou des sonorités musicales stridentes. Tout au contraire, l’atmosphère est champêtre, la douceur de la nature, la beauté des sentiments amoureux respirent le calme et la sérénité qui masque une violence sourde et silencieuse. Rien de gore, pas de visage de l’intrus, pas de hurlement, juste deux amours qui se meurent sans bruits ni terreur, pour mieux nous meurtrir profondément, et nous hanter longtemps.
La belle Rose Leslie (Now is good, la sauvageonne Ygritte de Game of Thrones) est terriblement puissante d’émotion et de conviction, en plus de son charme troublant, de sa voix et de ses sourires et regards marquants. Harry Treadaway (Lone Ranger, naissance d'un héros) est également désespérant d’émotion. Il en est à moindre degré de part leur intervention, les Ben Huber et Hanna Brown, qui vivent pareille cauchemar.

Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog