Par bobmorane75
Premier long métrage romanesque de Russell Crowe avec une vision de la terrible grande guerre de 14-18 dans les Dardanelles qui a du beaucoup plaire aux turques nationalisto-islamistes, inspiré du roman écrit par Andrew Anastasios et Wilson-Anastasios Meaghan, d’après des écrits du lieutenant-colonel Cyril Hughes.
Après la fin de la première guerre mondiale, Joshua Connor et sa femme pleurent toujours la mort de leurs trois fils lors de la bataille de Gallipoli dans les Dardanelles, en Turquie. Dans un acte désespéré, sa femme se suicide, et Joshua part d’Australie pour Istanbul, afin de retrouver les corps de ses gamins. Dans l’inextricable chaos de l’occupation militaire du pays vaincu, Il parvient clandestinement à débarquer aux pieds des falaises de l’ancien champ de boucherie. Malgré un mauvais accueil britannique, et avec le soutien d’un officier turc prisonnier, il réussi dans un espace où gisent des milliers de morts australiens, à retrouver deux de ses fils grâce à son talent de sourcier -water diviner- de son métier. Il apprend par le turc que le troisième a sans doute été fait prisonnier.
Si le premier quart d’heure fait illusion sur l’horreur et la connerie de la guerre, très vite hélas nous nous enfonçons dans un mélodrame romanesque sans fond. Je passe sur les découvertes « heureuses » et plus encore sur la romance entre le vieux Joshua et la jeune Ayshe, j’exclue l’invraisemblance de la relation avec les nationalistes de Kemal, à la teinte révisionniste et négationniste de l’Histoire, impossible à laisser passer une propagande qui ne dit pas son nom. Tout y est orienté dans un sens unique turc, avec par exemple la visite de la mosquée bleue sans aborder la basilique Sainte Sophie. Visiblement
scénaristes et réalisateur ont « oublié » les 100 ans du génocide arménien, et « oublié » que la Turquie occupait et occupe toujours la Thrace et la Ionie, un immense territoire continental grec et sa ville Constantinople/Istanbul au mépris du traité de Paris. Dans un cas, un million et demi de civils ont été exterminés, dans l’autre après une éprouvante guerre, trois millions de civils grecs ont été chassés de chez eux lors d’une purification ethnique. J’ai cru retrouver un sorte de suite à Gallipoli, la bataille des Dardanelles. Russell Crow crache un peu violemment sur les milliers de jeunes soldats australiens,
envoyés à la boucherie, au profil d’une image faussée des turcs qui passent ici pour des victimes. D’autant plus dommage qu’il était une occasion rare d’aborder ce centenaire douloureux avec le recul des événements plus neutre et des victimes et disparus, abordé par Bertrand Tavernier dans l’excellent La vie et rien d’autre, ainsi qu’évoquer les mariages arrangés forcés, bien qu’ici ça ce termine mieux que les milliers d’assassinats de femmes turcs qui refusent.
Un casting à la hauteur des talents, tel Russell Crowe (Noé) impeccable, et la belle Olga Kurylenko (Vampire academy) émouvante. Yilmaz Erdogan (Rhino season) et Cem Yilmaz sont convaincants. Jai Courtney (Divergente 2 : l’insurrection) comme le jeune Dylan Georgiades. Steve Bastoni (Drift), et la très belle Isabel Lucas (L’aube rouge) comme Salih Kalyon et Megan Gale (Mad Max: fury road), ainsi que Ryan Corr, James Fraser (Sleeping beauty) et Ben O'Toole, et encore Jacqueline McKenzie et les jeunes Jack Douglas Patterson, Ben Norris et Aidan Liam Smith.

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