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Les mystères de Paris

L'excellent André Hunebelle avait à son tour remis au gout du jour en 1962, le célèbre roman feuilleton d’Eugène Sue mainte fois adapté, avec son style typique inimitable plein de sensibilité et de gentillesse faussement naïve, avec une subtilité délicate qui le différenciait, tant par son style et sa tonalité que dans son genre très particulier.

Suite à un pari stupide entre  le Baron de Lansignac et Rodolphe de Sambreuil, celui-ci renverse et tue accidentellement l’ouvrier Godin. Désolé, Rodolphe part retrouver la veuve et sa fille Marie. Mais la jeune fille, dupée par une mère maquerelle, est entre de mauvaises mains, dont de Lansignac souhaite en faire sa maitresse. De Sambreuil s’enfonce dans les bas fonds de Paris pour la retrouver, déroutant sa maitresse Irène, qui craint de le perdre et s’allie au baron. Ayant sympathisé avec Le Chourineur, Rodolphe découvre un univers inconnu de braves gens comme des crapules, et doit déjouer pièges et tentatives d’assassinats.

J’ai vraiment adoré ce film, en plus de la morale de ce classique de la littérature française. Avec sa pâte définissable entre toutes, Hunebelle avait réussi le tour de force de restituer une ambiance et un état d’esprit, quand bien même la réalisation a quelque peu vieilli. Patiné avec le temps, les décors et costumes, les dialogues et le jeu des interprètes, il en ressort une atmosphère délétère comme je les aime, on l’on arrive encore à craindre pour nos héros, même si l’on sait que le happy end aura bien lieu, malgré les trahisons et es morts, après le chagrin vient la joie.

Message éminemment politique, de la gauche socialiste qui aura marqué son temps, comme de nombreux exégètes l’ont mainte fois analysés mieux que je ne saurais le faire. Cela décrivait un siècle et une époque, qui si elle a changé aujourd’hui de visage, n’en reste pas moins actuel en bien des points tant la forme de cassures sociales sont toujours bien présentes, mais peut-être moins aussi visible qu’à cette époque. Refaire le film en une forme moderne marcherait avec autant de force de vérité.

La réalisation est donc tout ce qui est véritablement Hunebellien, de part sa narration, sa mise en scène et sa tonalité. Les éclairages comme les travelings, faussement sages et classiques, apportent au contraire des culots et des audaces qui donne cette dynamique constante, tant dans les actions que dans les pauses. Les émotions sont toujours de la partie, avec un regard tendre et émouvant, qui impriment au fond de nous ces petits tressaillements internes, signe que talent du réalisateur fonctionne bien.

Une œuvre aussi dense parue en 90 parties de 1300 pages, et un immense succès, qu’il a été traduit dans de nombreux pays. Cependant, il faudra attendre 2015 pour qu’enfin il apparaisse en version anglaise par Carolyn Betensky et Jonathan Loesberg. De nombreuses adaptations du roman feuilleton ont vues le jour au cinéma, dont la liste est non exhaustive.

Ainsi dès 1909 par Victorin-Hippolyte Jasset avec Camille Bardou, Suzanne Goldstein et Jean-Marie de l'Isle, en 1912 d’Albert Capellani avec Paul Capellani, Henri Étiévant et Jean Kemm, puis en 1922 par Charles Burguet avec Huguette Duflos et Georges Lannes. Mais encore en 1935 par Félix Gandéra avec Lucien Baroux, Madeleine Ozeray et Marcelle Géniat, ou en 1943 par Jacques de Baroncelli avec Marcel Herrand, Yolande Laffon et Alexandre Rignault. Des téléfilms en 1961 par Marcel Cravenne avec Jacques Dacqmine, Clotilde Joano et Marcel Bozzuffi, ou en miniséries télé en 1980 avec Christine Deschaumes, Noëlle Leiris et Jacques Seiler.

Jean Marais incarnait son personnage avec conviction, face à un excellent Raymond Pellegrin et, si Jill Haworth était très jolie, elle jouait aussi extrêmement mal, faisant penser à l’absence de jeu d’une Martine Carole. La belle Dany Robin était excellente, de même un Pierre Mondy fabuleux, ainsi que Georges Chamarat et Noël Roquevert, ainsi qu’un Jean Le Poulain tonitruant. Renée Gardès et le jeune Alain Decock, ou encore Robert Dalban et Paulette Dubost, pour parfaire un magnifique casting.

3 étoiles

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P
Du cinéma à papa comme on n'en fait plus. Mais du très bon cinéma d'aventures quand même. Le duo Jean Marais/ Pierre Mondy fonctionne très bien dans des décors de qualité. L'histoire est prenante et menée sans temps mort. Un régal.
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