Par bobmorane75
Pour sa première réalisation, Thomas Bidegain aborde un terrible et difficile thème d’actualité récurente depuis quelque temps, sur les conséquences des conversions et du radicalisme musulman chez les ados qui virent vers le djihad, et de la recherche tant physique de la personne dispaure, que des raisons à des telles extrêmités de négation de soit.
Comme chaque année, la famille Balland se rend au grand rassemblement de country western. Entre chants et danses, la fête bat son plein à la joie d’Alain entouré de sa fille Kelly, 16 ans, sa femme Nicole et de leur jeune fils Kid. Quand en fin de journée, l’adolescente a disparue. Renseignements pris, les parents découvrent qu’elle un petit ami Ahmed, avec qui elle est parti sans crier gare ni sans adresse. Convertie à l’islam, ayant appris en secret l’arabe, les jeunes semblent partis pour ne plus jamais revenir vers un lointain pays islamique. Inquiet, Alain et son fils partent à sa recherche, sacrifiant leur vie.
Thème hélas récurant depuis quelques années dont l’action commence en 1994, avec les départs pour le djihad, que nous connaissons que trop bien. Faisant le constat du traumatisme des familles touchées par ce phénomène incompréhensible, il révèle également un monde de corruption, de trafics et complicité dans une guerre idéologique aux conséquences dramatiques. Il révèle aussi l’inconscience des familles dans l’éducation des enfants et la coupable inertie des pouvoirs publics face à des idéologies réactionnaires sous le pseudo respect des croyances. Un laxisme qui bouleverse des centaines de familles, jusqu’aux horreurs des attentats meurtriers.
Il est d’autant plus étonnant de la part de jeunes adolescentes françaises de souche, sans aucune attache culturelle ou religieuse musulmane, avec une éducation de libre choix et qui se laissent berner par une secte aux idées rétrogrades pour une condition de vie réduite à l’esclavage et la soumission non à une philosophie mais aux règles archaïques d’hommes phallocrates. L’incompréhension en est d’autant plus grande et nous heurte de profondément, quand tant de générations de femmes se sont battues pour l’égalité des droits. Il ne peut sans aucun doute s’agir de filles fragiles, influençables et manipulables, dont il leur manque forcément un brin de raison.
Si la réalisation est intelligemment menée, sur un récit se déroulant sur plusieurs années, avec des voyages dans des mondes souterrains de trafics et de filières, jusque dans des pays totalitaires aux mœurs douteuses, je regrette une certaine lenteur et vision parfois naïve, avec les réactions un peu débile de la mère avec la photos de l’enfants et ses relations avec la belle famille, plus encore sa réception à la fin, qui donne une explication de la stupidité de sa fille.
François Damiens (La famille Bélier) est excellent, face à Finnegan Oldfield (Geronimo) et Agathe Dronne (Mon âme par toi guérie), comme le jeune Maxim Driesen (Suzanne). Mounir Margoum (Par accident) et Ellora Torchia, Antoine Chappey (Pauline détective) et Jean-Louis Coulloc'h (Maryland), ainsi que Gilles Treton (Marie Heurtin) et Djemel Barek (360), Leïla Saadali et Laure Calamy (A trois on y va), ou encore la belle Antonia Campbell-Hughes et Iliana Zabeth (Saint Laurent), également John C. Reilly (The lobster).

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